Olivia Ruiz ; Du météore à l’étoile

La femme chocolat a déjà fait fondre des millions de Français et revient cette année avec un nouvel album et une tournée à la clé. Après avoir embrasé le Bikini, l’interprète féminine des Victoires 2007 se produira au Zénith en décembre, et prépare un hommage à Nougaro pour le mois de juin. Rencontre avec une artiste qui ne restera pas un météore de la variété française.

 
Elle traîne des pieds dans la cour du Bikini, alors que le maître des lieux Hervé Sansonetto s’active aux fourneaux pour lui concocter un bon petit plat “bien de chez nous”, avant un concert très attendu dans sa région. Olivia Ruiz le sait et ne cache pas son angoisse. Comme le titre du premier single de “Miss Météores”, “elle panique” en attendant l’heure H : «C’est mon premier vrai concert sur cette tournée et ça fout particulièrement les j’tons ! On a envie de bien faire parce qu’on est chez nous mais le rodage ne s’improvise pas. Le Bikini, c’est toujours plus de pression pour moi car c’est la salle mythique de mon adolescence. J’ai beaucoup d’affection pour Hervé, c’est un vrai petit papa.»
Pourtant, Olivia a déjà un papa, et un artiste qui plus est ! Didier Blanc faisait partie de l’orchestre de René Col et a très tôt initié sa fille à la musique, dans leur petit village de Marseillette et le café de ses grands-parents à Carcassonne, qu’elle évoque dans son deuxième album. C’est donc en famille qu’elle fait ses premiers pas sur scène avant de passer par la case télé-réalité dans la première saison de Star Academy : «A l’époque, j’étais une ado qui n’avait rien à faire ! Ceci dit, cette expérience m’a ouvert plus facilement les portes des maisons de disques.» Quelques années et trois albums plus tard, Olivia est propulsée en haut de l’affiche : les plus grands ont écrit pour la chanteuse à l’accent du sud, elle reste l’artiste qui a vendu le plus d’albums en 2005 avec “La femme chocolat” et a glané deux Victoires de la musique dont celle de l’artiste féminine.

 

L’ombre de Juliette Gréco

A 29 ans, Olivia Ruiz revient toujours aussi naturelle mais plus apaisée, «l’expérience de scène, de confrontation aux médias, de vie» en plus. Elle signe d’ailleurs la quasi-totalité des textes, preuve de son évolution et de sa maturité : «J’ai pris confiance en moi et je compte beaucoup sur l’âge. Toutes les nanas disent qu’elles ne se sont jamais senties aussi bien qu’à 40 ans. Super, il me reste 11 ans avant d’être pleinement bien dans ma peau !» Et la rencontre avec Juliette Gréco fut également déterminante : «Son éditeur a fait appel à moi pour deux textes sur son nouvel album. Je suis allée chez elle et, alors qu’on s’attend à un personnage très figé, une icône, une madone à la française, elle est en réalité à fond abordable, hyper spontanée et encore remplie du monde de l’enfance. Elle est fascinante.»
Avec “Miss Météores”, Olivia conserve son énergie rock et ses sonorités hispanisantes mais se livre un peu plus. Dans “Elle panique”, la lolita s’interroge sur l’avenir : «Elle ne veut pas finir seule et moche… elle flippe qu’on ne l’aime plus». C’est peut-être pour cela qu’elle s’est entourée une nouvelle fois d’une présence rassurante sur différents titres de l’album : son complice Mathias Malzieu, leader de Dionysos, et sa famille. «J’avais besoin d’une voix très grave, touchée par le sujet de la chanson “Quedate”. J’aurais pu appeler des amis comme Youri Buenaventura mais j’ai préféré mon père pour ce qu’il est comme chanteur. D’autre part, j’ai fait participer mon frère Toan pour rapper.»

 

Une artiste engagée

Un petit frère psychologue interculturel avec lequel elle œuvre dans l’humanitaire. Olivia Ruiz prépare actuellement un album regroupant de jeunes talents burkinabais, rappeurs, conteurs et slameurs. «Mon frère est parti au Burkina avec une cagnotte que je lui avais constituée pour son association Lutt’Opie. C’est un pays très délais-sé et qui représente un vivier du hip-hop. Je ne veux pas faire de l’assistanat, du genre les blancs sauvent votre vie en faisant des dons. En produisant cet album, je souhaite mettre en lumière les talents existants et, avec l’argent récolté, construire une école là-bas.»
En attendant, Olivia poursuit sa route après un concert fracassant au Bikini. Que les retardataires qui n’ont pu admirer la belle juchée sur une balançoire ou entourée pour la première fois d’un décor fantastique se rassurent : elle revient à Toulouse le 4 décembre prochain. Mais avant cela, elle sera sur la scène d’Odyssud en les 2 et 3 juin et au mois de septembre pour un hommage «au dernier des poètes» Claude Nougaro. Si Olivia a connu une ascension fulgurante, telle un météore, elle reste une étoile brillante dans le ciel de la chanson française.

Sophie Orus



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