Nous sommes des violents

Thomas SimonianLes maux de notre société sont tels qu’une explosion de violence s’est faite (à supprimer) jour à tous les étages … La crise dans laquelle nous sommes englués se présentait jusqu’à présent sous différentes formes : financière, économique, sociale, morale et politique. Elle revêt désormais un nouvel habit, celui de la violence. La question du barrage de Sivens a non seulement amené le décès de Rémi Fraisse, mais a également entraîné des échauffourées urbaines, et en particulier dans notre ville rose. Mercredi dernier, comme en réponse, les agriculteurs ont sévi en ciblant en particulier le local toulousain d’EELV … Comme le symbole de la naissance d’une nouvelle guerre qui opposerait agriculteurs et écologistes. Triste constat, non ? La preuve que tous les corps qui constituent notre société ne savent plus se parler, y compris à Toulouse, cette terre d’accueil et de mixité culturelle. Vraiment, triste constat. Tout le monde est contre tout le monde.

« Plus personne ne respecte qui que ce soit »

Cette violence s’illustre aussi depuis de longs mois dans l’arène politique. Copé-Fillon, n’était-ce pas les prémices d’une classe politique en plein désarroi, prête à s’écharper y compris quand on appartient à la même obédience ? La réponse est amenée aujourd’hui par un PS en plein doute idéologique. Entre Montebourg et Valls, le fossé est réel. Mais surtout les mots sont durs, cruels … violents. « Je vais envoyer une cuvée du redressement au président », ça ne vous rappelle rien ? Ou quand un ministre parle à son président. Tout devient violent, je vous dis ! Autre exemple quand Ségolène Royal tente de calmer le jeu sur le dossier Sivens … La réponse du berger à la bergère est signée par un autre socialiste, le député et conseiller général tarnais Jacques Valax : « Cet abandon serait une erreur politique, une nouvelle reculade du gouvernement (…), un mauvais signe donné à la démocratie et ce serait faire preuve d’une certaine légèreté ». Plus personne ne respecte qui que ce soit. Il n’y a plus de président ou de ministre … Il n’y a plus de contestation possible … À Toulouse comme ailleurs. Mais il ne faut cependant pas tomber dans la peur engendrée par des médias usant du voyeurisme de l’instant. Il suffisait de se brancher samedi dernier sur BFM ou Itélé pour croire que Toulouse était en état de siège, et attendait les casques bleus. Il n’ y a donc sans doute pas encore la guérilla sur le palier, mais notre miroir dit juste … Nous sommes devenus des violents.



2 COMMENTAIRES SUR Nous sommes des violents

  1. pronzato dit :

    Le problème que nous avons c’est que nous avons oublié que nous pouvons nous parler.
    Chacun de nous détient une infime partie de vérité. Au lieu d’essayer de rassembler ces infimes parties nous voulons faire croire que c’est notre solition qui est la meilleure et qu’il faut l’adopter sans tenir compte des autres possibilités ; donc sans écouter ni partager. Comme cela nous arrivons à une société binaire. Les bons et les mauvais. C’est le début d’un avenir sans horizon, sans partage.

  2. BL dit :

    Éditorial très juste

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.