Nofir ; La diversité du monde

Sa peinture, souvent réaliste, lui permet d’exprimer certains messages ou réflexions sur sa vision du monde, à la fois optimiste et empreinte de coups de gueule. Nofir peint depuis 1997. Elle livre aujourd’hui une mosaïque de gens, de lieux, de moments, d’événements, qui découlent des pavements en marbre des églises de Rome et des zelliges marocains. Un voyage pictural qui s’attarde sur l’Afrique et ses couleurs à laquelle l’artiste est profondément attachée mais aussi sur Toulouse. Ses œuvres sont exposées à la Galerie G3G. Rencontre.

 
Nofir, d’emblée votre œuvre surprend. L’œil du visiteur est de suite happé par la complexité de votre travail, constitué d’un assemblage d’éléments (j’aimerais dire de particules) telle une mosaïque colorée et dont les thèmes s’inspirent largement de l’Afrique et de l’Amérique du Sud. Comment vous est venue cette inspiration ?
Il y a plusieurs niveaux de réponse à votre question. Tout d’abord, pour ce qui concerne l’Afrique et l’Amérique du Sud dans mon inspiration, ces deux thèmes sont liés à mon histoire personnelle. J’ai de profondes attaches avec le Guatemala d’une part mais surtout avec l’Afrique. Quant à mes mosaïques, elles découlent des pavements en marbre des églises de Rome et des zelliges marocains. Ces deux techniques m’impressionnent beaucoup. De plus, elles me permettent de traiter et de mélanger divers aspects d’un même thème, d’une même idée.

Mais derrière l’apparence ludique de vos oeuvres on peut lire un discours beaucoup plus profond, une réflexion sur notre monde…
En fait, ce qui me motive, c’est vraiment les différentes facettes d’un même sujet, la complexité. Ce n’est pas uniquement les deux faces auxquelles on fait souvent référence mais les multiples faces. J’aime la diversité du monde et j’ai envie d’en parler. Ce qui m’intéresse, ce sont toutes ces différences et leurs interrelations.

Vos œuvres “chocolat blanc” “chocolat noir” et celles dans la même veine semblent porter l’espoir d’un commerce plus équitable. Est-ce là un sujet qui vous préoccupe et que vous aviez envie de traiter à votre manière ?
C’est un sujet très à la mode. Au-delà du commerce équitable, les relations Nord-Sud me concernent beaucoup, tout en évitant de les simplifier, de les caricaturer. C’est vrai que nos relations commerciales, notamment dans le domaine agricole, avec les pays du sud, ne me semblent pas équilibrées. J’ai pu constater ce déséquilibre dans le domaine du cacao, où j’ai vu que les planteurs de Côte d’Ivoire ont du mal à vivre de leur récolte. Plus largement, il en va de même pour moi des relations politiques avec ces pays mais aussi, en France, de la place des producteurs dans différentes filières, agricoles par exemple.

 

Votre dernière pièce sortie d’atelier porte le titre de “Big Bang”. On y retrouve un zèbre, comme bien souvent dans vos œuvres.
Le zèbre, même s’il n’est pas le seul animal qui m’intéresse, est un peu le symbole de ce monde qui me passionne. Il est noir et blanc, c’est ce qui fait son identité. Si ces deux couleurs étaient mélangées, il serait uniformément gris, sans grand intérêt. C’est le dialogue entre le noir et le blanc qui le font exister. Il représente bien l’émulsion, dans laquelle les différents éléments s’assemblent sans perdre leurs identités, très loin du mélange uniforme.

Votre voyage pictural s’attarde aussi sur Toulouse…
J’ai découvert Toulouse et sa région lors de mes études et j’ai tout fait pour revenir m’y installer. J’y suis depuis une vingtaine d’années et je ne me lasse pas. Esthétiquement, les lumières de la ville mais encore plus des coteaux et des Pyrénées m’enchantent tous les jours.

Et par un hommage à notre poète disparu…
Quand j’y réfléchis, j’ai le sentiment qu’il a toujours été présent mais c’est lors de sa disparition que j’ai ressenti et réalisé la place qu’il occupait. Il fait un peu partie de mes totems, en compagnie de Mandela, de Karen Blixen. J’ai mis longtemps à concrétiser cet hommage.

L’art pour vous, un moyen aussi de pousser quelques coups de gueule ?

Oui, c’est de façon plus générale un moyen pour moi de m’exprimer, sur mes émerveillements, mes réflexions et inévitablement sur mes coups de gueule. Je ne suis pas dupe de la portée de ces coups de gueule mais ce sont, j’espère, des petites graines, des moyens de ne pas s’endormir, de rester vigilant. S’ils trouvent leur écho chez certains, j’en suis heureuse.

Nofir, le mot de la fin ?
Je vous remercie de l’intérêt que vous portez à mon travail, j’espère que le public y trouve le même plaisir que j’ai à le réaliser.

Nofir, nous sommes heureux d’accrocher vos oeuvres aux cimaises de notre galerie G3G et de vous compter parmi les artistes que nous avons sélectionnés pour être présentés aux amateurs d’art en général, et plus particulièrement aux membres de notre Club de Collectionneurs et d’Entreprises Mécènes. Nous vous souhaitons bonne route dans votre art.

Marie Marcara

Galerie G3G
9 bd des Minimes,
31200 Toulouse



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.