Nicole Badouard ; «Ecrire le mot fin est difficile»

Passionnée de nature, de grands espaces et d’animaux, plus particulièrement de chevaux, Nicole Badouard a réussi à réunir ses trois passions en un seul roman : “Toppur l’Islandais”. Faisant suite au premier tome “Macaroline d’Islande”, cet opus mêle harmonieusement l’amitié entre êtres humains et envers les animaux. Pour cet auteur, l’une et l’autre peuvent s’avérer aussi fortes.

 
Après votre premier roman “Macaroline d’Islande”, vous éditez le second, “Toppur l’Islandais”. Pourquoi avoir imaginé une suite ?
Après la sortie du premier roman “Macaroline d’Islande”, j’ai eu très vite l’envie d’écrire un deuxième opus. Imaginer une histoire c’est aussi vivre avec ses personnages. Ils vous accompagnent presque à votre insu, chaque jour. Ils deviennent les compagnons de votre vie et écrire le mot fin devient alors difficile. Une fois que le livre est là, qu’il est édité, ces compagnons de vie vous manquent. Qu’ils renaissent et le miracle s’accomplit. Je n’ai pas eu de mal à me décider à publier une suite. D’ailleurs, beaucoup de lecteurs me l’ont demandée. Ils souhaitaient retrouver le petit Simon et son cheval sauvage. C’est ce que je voulais moi aussi. La suite est alors devenue une évidence.

Toppur, le cheval héros de votre roman a réellement existé. Quelle a été sa véritable histoire?

Effectivement, Toppur a été le premier poney que nous avons offert à notre fils Nicolas, le petit avait alors 8 ans. Il venait d’Islande. «Ne gardez pas ça, en parlant du poney», nous dit le moniteur du club équestre, il ne vaut rien, regardez ces allures défectueuses !» Pour finalement nous dire : «Partez d’ici, je ne vous veux pas avec cet horrible poney». Nous avons demandé asile dans le club équestre voisin, “le Rallye du Drac”, qui nous a ouvert les bras et offert un box. Plus tard, le poney a été vendu car, s’il était à nos yeux le plus beau des poneys, il était également imprévisible et parce qu’il avait subi maltraitance et coups de fourches, toutes ces mains brutales avaient, à tout jamais, brisé sa confiance en l’homme. Difficile dans ces conditions de le laisser à un enfant de 8 ans. Toppur est donc parti pour la frontière allemande où il a fait des concours de Tölt, vous savez cette allure très particulière que le moniteur du club avait pris pour «allures défectueuses !». Toppur a été champion et s’est classé 2ème d’Allemagne dès sa première année de concours ! «Elle est pas belle la vie!» comme dit la publicité ! Même si cette vie est parfois terriblement douloureuse, il y a toujours de l’espoir ! La volonté de ne jamais baisser les bras ! Et ainsi, j’avais trouvé le sujet de mon livre. Je parlerais de Toppur, et à travers lui de son pays, l’Islande !

Inspiré de faits réels

Après lecture de vos deux romans, on ressent chez vous une réelle fascination pour l’Islande. Pourquoi avoir choisi ce pays si méconnu pour planter votre décor ?
Quel étrange pays ! C’est ce que j’ai découvert à la vue des paysages qui s’étalaient devant moi sur papier glacé, sur le seul et unique livre que j’ai trouvé à l’époque traitant de l’Islande. Comment cette ignorance et ce désintérêt qui semblaient entourer l’île étaient-ils possibles ? Il ne m’a pas fallu très longtemps pour imaginer que “Macaroline” (cheval héros du premier opus, ndlr) pourrait y vivre. Grâce au poney de mon fils, j’ai découvert ce pays si fabuleux ainsi que les chevaux sauvages qui l’habitent. Cette sauvagerie, Toppur la possédait dans ses gênes. Elle était son sang, l’héritage de ses ancêtres de race pure.

Vous avez confié, lors de la sortie du premier tome “Macaroline d’Islande”, que le jeune Simon était la représentation de votre fils. Est-il votre principale source d’inspiration ?
Honnêtement, je ne me suis pas posé la question. Peut-être, inconsciemment, ai-je la nostalgie d’un temps passé, révolu, où il était encore un enfant. Mon fils a, à présent, 28 ans et va être papa. Je vais donc être grand-mère d’un petit Louis. Ce sera merveilleux de revivre à travers lui la belle histoire d’un petit garçon qui grandit et découvre la vie. S’il aime les chevaux, je serai comblée !

Pour l’amour d’un animal

Dans votre roman, Simon, le protagoniste principal, nous dévoile une force de caractère épatante pour son âge dans le but d’aider son cheval. Pensez-vous qu’il est possible de se transcender pour l’amour d’un animal ?

Pour l’amour d’un animal, oh oui ! Qui n’a pas connu le regard fascinant de son chien quand il vous regarde avec ses yeux remplis d’amour ! C’est une pépite d’or pur ! Quant au cheval, celui qui a la chance de le connaître, mieux, de vivre à ses côtés, sait qu’il se damnerait pour lui. Il est vraiment le compagnon de vie, on peut même dire un quart de sa propre vie. Ce n’est pas rien !

Le personnage de Hans reste assez intriguant. Qui est véritablement Hans et qui représente-t-il en réalité ?

Hans représente la sagesse, le grand-père que chacun rêverait d’avoir. Il était plein d’empathie de son vivant. Il devient la référence, l’aide, le soutien sublimé par le mystère de l’au-delà, après sa mort.

Selon l’adage, «Jamais 2 sans 3». Pensez-vous écrire un troisième roman ?

Bien sûr, comment rester sans écrire ! Je foisonne d’idées et c’est sûr, il y aura des chevaux et encore des chevaux. J’ai cependant d’autres centres d’intérêt comme par exemple les médecines parallèles mais je n’exclus pas une suite de Macaroline et Toppur. On verra !

Propos recueillis par Séverine Sarrat


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