Ni policier, ni “grand frère”

Afin de prévenir la violence dans le secondaire, l’académie de Toulouse se dote de l’équipe mobile de sécurité.

 
L’ancien ministre de l’Education Nationale Xavier Darcos, l’avait appelée de ses vœux. L’équipe mobile de sécurité vient d’être mise en place dans l’académie de Toulouse. Quinze anciens policiers, gendarmes, militaires, non armés, mais aussi psychologues, infirmières, assistantes sociales, qui auront pour mission de prévenir la violence au sein des établissements scolaires, d’accompagner, de conseiller chefs d’établissements, personnels enseignant et non enseignant, de sécuriser le site pour éviter toute intrusion ou toute dégradation du climat dans un moment de crise.
«Même si l’académie de Toulouse est calme, elle n’est toutefois plus à l’abri d’un certain type de comportements. Or nous avons l’obligation de garantir la sécurité aux élèves ainsi qu’au personnel de l’Education Nationale, et de transformer nos établissements en sanctuaires afin de les mettre à l’abri de tous les phénomènes de société» explique Olivier Dugrip, Recteur de l’académie de Toulouse, chancelier des universités, en référence aux incidents qui ont secoué Fenouillet l’année dernière et tout récemment Cugnaux.

 


L’académie de Toulouse, ce sont 255 collèges et lycées publics pour 185 000 élèves. Et bien qu’elle soit réputée tranquille, le Rectorat indique que les faits de violence (atteintes aux personnes pour plus de la moitié d’entre eux) y sont en constante augmentation. «Depuis le début de l’année scolaire, les chefs d’établissements nous ont rapporté 110 signalements contre 97 l’année dernière» souligne O. Dugrip. Idem pour les exclusions : un millier de conseils de discipline en ont entraînées 478 contre 341 précédemment.
Dans son fonctionnement, l’équipe mobile de sécurité n’a donc pas de compétences à l’extérieur de l’établissement. «Elle ne se substitue pas aux forces de police et de gendarmerie mais vient en renfort des équipes éducatives» précise celui qui la dirige et qui désire garder l’anonymat, à savoir, le conseiller technique sécurité.
Pour cet ancien chef d’escadron de la gendarmerie nationale, il ne s’agira pas non plus d’être pris pour des “grands frères”. Sollicité par le chef d’établissement, seul le Recteur de l’académie jugera ou pas nécessaire, l’intervention de l’équipe mobile de sécurité.

Claire Manaud


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