Romain Cujives ; Ne comptez pas sur lui pour que Toulouse «ferme tout à 22 heures» !

«Nous devons tous travailler dans l’intérêt de l’étudiant»

Il y a quelques mois, nous en avions fait l’un des espoirs de la politique toulousaine. Le conseiller municipal délégué à la vie étudiante toulousaine s’amuse toujours à lancer de nouveaux projets. Après le «Pass Log» qu’il continue à défendre, il initie à la rentrée une nuit destinée à encourager la venue d’étudiants étrangers dans notre ville. Dialogue, logement, sécurité et animation… Sûr de son action, le jeune élu toulousain nous promet de tenir les engagements programmatiques de Pierre Cohen. Toulouse ville étudiante, c’était connu. Toulouse militante pour la cause étudiante… C’est le défi de Romain Cujives.

Avez-vous un cahier des charges précis concernant la politique étudiante à Toulouse ?

Mon cahier des charges, c’est le programme que nous avons défendu pendant les municipales. Il s’agissait avant tout de refaire de la ville de Toulouse le premier partenaire des étudiants sur la base d’une déclinaison de dispositifs. Ma seule obsession est de m’en tenir à notre programme, et de répondre à certaines questions : Comment permet-on un accès plus facile aux transports ? Comment offre-t-on des services supplémentaires ? Comment donne-t-on la parole aux étudiants ?

Avant d’arriver aux affaires municipales aviez-vous noté un manque de concertation entre le Capitole et le monde étudiant ?

Absolument. A aucun moment auparavant les étudiants n’étaient consultés de manière formelle, et on agissait peu pour eux. Nous avons donc créé un conseil de la vie étudiante, une assemblée ouverte avec l’ensemble des organisations et structures représentatives. Il arrive même que les partis politiques d’opposition à la municipalité viennent et ils y sont entendus comme les autres. Je n’ai pas de volonté d’exclusive. Nous devons tous travailler dans l’intérêt de l’étudiant.

Le logement est la problématique n°1 des étudiants. Pouvez-vous nous présenter votre dispositif du «Pass Log» ?

Au moment de la rentrée, les étudiants «explosent» avec les frais de scolarité, la caution, les meubles à acheter, l’ordi, les livres ou la santé… Ils ne s’en sortent pas ! L’idée du «Pass Log» est de leur donner une «soupape», leur permettre de respirer en leur avançant leur premier mois  de loyer. Ils ne commenceront à rembourser, et ce avec des mensualités choisies sans intérêts et sans frais de dossier, qu’à partir du troisième mois. Cette année, nous apportons trois modifications importantes à ce dispositif : Nous avancerons jusqu’à 500 euros au lieu de 400 car nous tenons compte de la réalité du marché, c’est désormais au PRES (pôle de recherche et d’enseignement supérieur) et non à la mairie que les demandes seront effectuées afin qu’il y ait un guichet unique pour les étudiants. Enfin nous avons décidé de ne pas soutenir uniquement les boursiers et le tout sans distinction de nationalités. Bref, le «Pass Log», ce sont 500 euros au PRES pour tout le monde.

Combien d’étudiants ont-ils été concernés par ce dispositif depuis son lancement ?

Environ 200 par an, ce qui est assez faible.

Une explication ?

Pour un dispositif de la sorte, il faut au moins 3 ans pour qu’il commence à être connu. Donc l’épreuve de vérité, c’est pour cette année. Mais nous devons aussi reconnaître un défaut de communication car beaucoup d’étudiants ne savaient pas que le «Pass Log» existait.

N’est-ce pas difficile de gérer votre délégation, en faisant le pont entre la réalité festive de la vie estudiantine toulousaine et toutes les problématiques liées à la sécurité et aux nuisances sonores ?

Pour moi, ce n’est pas difficile car je suis extrêmement attaché à l’ordre, et je n’ai aucun tabou avec la sécurité et la tranquillité. Les habitants toulousains savent qu’ils sont dans une ville étudiante et festive, mais ils ont aussi le droit de dormir le soir. Nous avons la chance d’avoir un maire qui a une position très claire, et nous avons tous la même dans l’équipe municipale, qui est de ne pas faire de Toulouse une ville qui se meurt, et qui a 22 heures, ferme tout. Donc notre rôle est de trouver le juste équilibre entre la volonté des étudiants de faire la fête et le fait que cela ne soit pas nuisible à autrui. Et chacun doit y mettre du sien !

Romain Cujives aux étudiants étrangers : «N’écoutez pas ce qui vous a été dit !»

Que fait la mairie pour accueillir les nouveaux étudiants ?

Nous aurons au mois d’octobre «La semaine de l’étudiant» avec plus d’une centaine d’activités gratuites. Nous inviterons également les associations étudiantes pour un forum qui aura lieu place du Capitole. Ensuite nous organiserons la «Nuit de la création étudiante», un événement important avec plus de 700 jeunes réunis autour de la culture. Cette année nous aurons en supplément, et en réponse à la circulaire Guéant qui vient d’être abrogée, un partenariat avec les villes de Paris, Montpellier et Lyon pour vivre ensemble une «Nuit des étudiants du monde». Ce sera un message adressé aux étudiants étrangers : «N’écoutez pas ce qui vous a été dit, la France est heureuse de vous accueillir. Vous êtes une chance pour notre ville !»

Thomas Simonian



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