Municipales: découvrez les candidats!

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Le « Top Départ » n’a pas encore été totalement donné, mais les prétendants sont d’ores et déjà dans les starting-blocks. La pré-campagne municipale toulousaine est en effet agitée, et promet des tensions qui devraient être bien supérieures à celles vécues en 2008… La faute sans doute à un climat politique national particulier qui rend difficile toute analyse digne de ce nom. A gauche, les divisions se font jour avec la multiplicité des listes avancées, car hormis la liste du maire sortant Pierre Cohen, les écologistes partiront seuls avec le tandem Antoine Maurice/Michèle Bleuse en figures de proue et le Parti de Gauche emmené par le rebelle du budget Jean-Christophe Sellin (il est en effet le seul élu de la majorité municipale à ne pas avoir voté l’intégralité du dernier budget) souhaite clairement jouer les trouble-fête. Dernier arrivé en date dans cette liste, le sénateur PRG Jean-Pierre Plancade. Très critique envers le maire en place, cette candidature sème un peu de panique au centre de l’échiquier où une certaine Christine de Veyrac, investie par l’UDI de Jean-Louis Borloo, était déjà en place malgré les pressions exercées à son encontre par Jean-Luc Moudenc : « L’UDI est souveraine de ses décisions, mais je ne l’attendrai plus ! » Une offensive qui démontre sans doute aussi que le regard de l’ancien maire est désormais tourné vers sa droite. Le danger de son premier tour ne sera pas au centre mais sur son extrême-droite. Le Front National dont la tête de liste locale sera Serge Laroze, espère récolter les fruits du désarroi actuel… et ainsi être au second tour. Une question est posée : Sociologiquement et historiquement à gauche ou « radicale », Toulouse résistera-t-elle mieux qu’ailleurs à la montée du « Rassemblement Bleu Marine » ? Et si les candidats n’avaient pas leur sort entre les mains ?

 

 Thomas Simonian

Retrouvez notre sondage: Capitole : Choisissez votre futur maire ! 

Les enjeux par les éditorialistes

« Va-t-on renouveler la confiance au maire sortant ou va-t-on choisir un rentrant pour mener une autre politique ? Il s’agit pour les électeurs de porter un regard puis un avis sur le bilan de Pierre Cohen, sans oublier pour autant qu’une élection ne se fait jamais réellement sur un bilan mais plutôt sur les projets à venir. Quelle originalité et quels coûts pour ces projets ? 80% du corps électoral toulousain va voter en fonction d’enjeux locaux, 20% en fonction du contexte national. Or, dans toute l’histoire de la 5e république, les premières élections qui suivent l’élection présidentielle ont toujours été en réaction de rejet vis-à-vis de l’exécutif. Les sortants de gauche pâtiront donc de l’impopularité croissante de François Hollande… Mais ce contexte-là suffira-t-il  à Jean-Luc Moudenc pour battre Pierre Cohen ? Pas sûr. Un tsunami d’inaugurations arrive et le FN et le Front de Gauche joueront le rôle d’arbitre. »

Stéphane Baumont, le politologue du JT

« La question de ce scrutin est : Quels projets vont-ils être proposés par l’équipe sortante ? Aujourd’hui je lis et découvre les propositions de l’opposition notamment en termes de transports et de sécurité, mais encore rien du côté de la mairie. On nous parle de réhabilitation urbaine certes, mais quelle vision sur les sujets où la gauche a des choses à dire… Quelles sont les valeurs pour notre ville demain ? Je n’ai donc pas encore « la » raison qui me donne envie d’aller voter en mars prochain. »

Nicolas Lafforgue, blogueur -  petitjournaldunmecdegauche.over-blog.com

Pierre Cohen

Une méthode, un caractère et des réalisations qui arrivent

Il est arrivé en toute discrétion en 2008. Depuis les Toulousains ont découvert l’homme. Un maire aux antipodes du « bling-bling » aujourd’hui de bon aloi dans la classe politique… Un maire qui veut repartir pour un tour, mais pas plus. C’est un engagement.

L’homme est un roc, et a la spécificité de n’avoir jamais connu la défaite électorale. Engagé depuis 1974 au sein du Parti Socialiste, il a été tour à tour conseiller municipal et maire de Ramonville, mais aussi conseiller régional et député. Le grand tournant de sa carrière politique est … 2008. Investi par les siens pour partir à l’assaut du Capitole, sa campagne est une réussite et son élection une surprise (victoire de quelques centaines de voix – 50,42%) face au sortant Jean-Luc Moudenc. Après de longs mois de tâtonnements et de concertations en tous genres finalement assumés aujourd’hui, Pierre Cohen montre depuis son vrai visage. Combatif sans être méchant, pétri de certitudes sans jamais être arrogant, simple et abordable mais pudique et avare d’informations sur sa vie privée, l’édile est ainsi. Une vraie force de caractère se cache derrière cet homme qui défend aujourd’hui bec et ongles ses projets en cours. On pense ici notamment à sa vision en termes de transports en commun ou de réhabilitation du centre-ville : « Quel est le sens de la ville de demain ? On peut ne pas être d’accord avec nos actions et ce sera tout l’enjeu de la campagne électorale, mais nous avons su donner une vision… », avait d’ailleurs déclaré le maire lors d’une interview sur notre web tv.

Un maire qui croit en son action, même et surtout dans l’adversité

Le courage et la fermeté dont il fait souvent preuve, y compris en public comme lorsqu’au Zénith en mars dernier il fit face sans broncher, à la fronde anti-BHNS (bus à haut niveau de service), lui vaut aussi parfois des difficultés. Les écologistes ont ainsi voulu s’émanciper du PS au premier tour des municipales en avançant : « Si j’apprécie souvent le côté franc et vrai de Pierre Cohen, il reste dur sur la forme, et ce n’est pas ma façon de faire de la politique. Le débat est parfois trop brutal entre nous»  avait lâché récemment dans nos colonnes Antoine Maurice, tête de liste EELV aux municipales. Les diverses réussites électorales de Pierre Cohen sont aussi le signe d’un homme qui sait maîtriser son appareil. Si Pierre Cohen n’est plus député depuis 2012, il est toutefois le président de la puissante Fédération nationale des élus socialistes et républicains, un maillon essentiel de Soférino (siège national du PS, ndlr). On constate également qu’à l’échelon toulousain, la fédération du PS est en ordre de marche comme elle ne l’a jamais d’ailleurs été à Toulouse… Son fidèle adjoint François Briançon est à la manœuvre et organise la liaison avec la rue Lancefoc (siège local du parti à la rose), et Romain Cujives, autre élu à la mairie, chapeaute le travail militant et en particulier le porte-à-porte. L’opération marketing « Toulouse avance » est d’ailleurs une preuve parfaite de la cohérence actuelle entre l’action municipale et la vie du PS local. Mais en vue de la bataille toulousaine Pierre Cohen va avant tout s’appuyer sur ses réalisations : la rue Alsace-Lorraine, le square de Gaulle, le centre version Busquets et bien entendu le tramway emmené par le Père Noël. La communication municipale pour vaincre le contexte politique national sera l’un des atouts majeurs du maire sortant. Il pourra aussi compter sur… Pierre Cohen. Son image de probité et de simplicité ne pourra que le servir face au doute qu’ont les électeurs vis-à-vis de la classe politique.

Thomas Simonian

L’oeil de notre politologue Stéphane Baumont

Le maire a un bilan. On attend d’ailleurs le tsunami d’inaugurations déjà annoncées… Dont la plus importante est bien entendu celle du tramway. Elle servira de vitrine à Pierre Cohen qui pourra ainsi décliner tous ses projets en matière de transports en commun. Il va devoir être intelligent dans cette campagne, et ainsi esquiver tout ce qui pourrait le ramener au national et à la politique gouvernementale. Son courage va lui être utile pour résister à sa gauche.

 

 

Jean-Pierre Plancade

Un homme de « consensus déterminé »

 

Jean-Pierre Plancade, sénateur et conseiller général, est sans conteste un homme d’expérience. Une expérience à la fois de la politique, du combat, et du consensus. Retour sur un parcours dense.

« Le combat contre l’injustice sociale », voilà ce qui motive l’engagement de Jean-Pierre Plancade. Il fait d’abord ses armes en tant que syndicaliste, au sein du Front ouvrier : « L’engagement syndical est très important, mais je me suis vite rendu compte que l’action politique était supérieure. C’est elle qui permet d’organiser la vie publique », explique-t-il. En 1967, il entre au Parti socialiste et devient le responsable du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes). Ce sont ses premières responsabilités politiques avant d’être élu conseiller général en 1982. Cette fonction, qu’il exerce toujours depuis, lui a permis de se forger un caractère, une force, une volonté politique à toute épreuve. Tour à tour, vice-président du Conseil général en charge des affaires sociales, rapporteur général du budget, c’est en tant que président fondateur de Tisséo, qu’il a appris le plus : « Cette expérience a été une grande école pour moi, gérer les affaires entre Dominique Baudis d’un côté et Pierre Izard de l’autre, m’a valu quelques nuits blanches… C’est à ce moment que j’ai acquis le sens du consensus déterminé », raconte-t-il. A ce poste, Jean-Pierre Plancade s’est illustré par de grandes avancées concrètes, telles « la première navette électrique, le transport à la demande pour les personnes handicapées, le prolongement de la ligne A livré six mois avant la date prévue », détaille-t-il.

Toujours libre…

 

En 1998, vient la consécration : il est élu sénateur au premier tour avec 58% des voix. « Les socialistes auraient dû s’en rappeler… » Une petite phrase qui fait allusion aux sénatoriales de 2008, où le PS lui refuse l’investiture : « C’était une véritable injustice et je n’ai jamais supporté l’injustice. » Une bataille perdue mais pas la guerre, il décide de partir seul, « contre l’avis général, contre l’avis de tous les experts qui me donnaient perdant », et remporte un second mandat. Le nom de sa liste est à elle seule, lourde de sens : « Libre, démocrate et toujours de gauche. » Au Sénat, il intègre le groupe RDSE (Rassemblement Démocratique et Social Européen), dominé par le PRG. Les valeurs de ce parti lui correspondent parfaitement : « Quand j’étais au PS, Jean-Michel Baylet disait de moi que j’étais le plus radical des socialistes », se souvient-il. La laïcité, l’humanisme, la tolérance « ont été mon moteur toute ma vie. » Au Sénat, l’élu a exercé de nombreuses responsabilités et il est actuellement vice-président de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication. Grand passionné d’art contemporain, il est l’auteur d’un rapport, intitulé : « Agissons pour l’art d’aujourd’hui, expression vivante de notre société. » Le prochain combat de Jean-Pierre Plancade : les élections municipales. « J’arrive à un moment de ma vie où je veux transmettre ce que j’ai acquis aux Toulousains », explique-t-il. Comme en 2008, il se présente en son nom, toujours libre, démocrate et de gauche.

Coralie Bombail

L’oeil de notre politologue Stéphane Baumont

Voilà un candidat à la fois enthousiaste et expérimenté. Il est doté d’un charisme qui fait souvent défaut dans la classe politique toulousaine… Il est un vrai « radical », tel que le Parti Radical et la SFIO savaient en inventer il y a une cinquantaine d’années, qui sait attirer la sympathie. C’est un homme qui a une vraie culture politique… Un sénateur candidat dans une ville, c’est sans doute synonyme de voies qui sont à glaner parmi les électeurs qui se tourneront vers un vote plus national que local.

 

 

Jean-Luc Moudenc

Le Capitole comme un tatouage sur le corps

Sa défaite de 2008 l’a façonné. Son élection en tant que député en 2012 l’a requinqué. 2014 est une ligne d’arrivée qu’il regarde avec envie… Celui qui connaît tous les recoins du Capitole est en campagne permanente.

L’homme connaît tout de la vie politique toulousaine et de ses arcanes. Elu très jeune au Conseil municipal de Toulouse (sous Dominique Baudis) en tant que benjamin sous l’étiquette CDS, il fut également professionnellement directeur de la communication au Conseil Régional, et directeur de cabinet de Philippe Douste-Blazy : « J’ai toujours eu un agenda explosif » reconnaît-il avec le sourire. Car la qualité que chacun reconnaît à Jean-Luc Moudenc, est bien celle du travailleur avec une maîtrise parfaite des dossiers : « Il m’impressionne à chaque fois » reconnaît volontiers en off un maire de l’agglomération. En 2004, Philippe Douste-Blazy fait le choix de devenir ministre et de laisser les clés du Capitole à Jean-Luc Moudenc. Cette nomination ne s’est pas faite sans coups bas car le trio baudisien De Veyrinas/Diebold/Didier avait sans doute trop cru que son heure avait sonné : « Je crois qu’il y a alors eu un choix de génération. Le fait d’avoir été un collaborateur de chacun des deux prédécesseurs a été un élément qui a beaucoup compté chez beaucoup de mes collègues de l’époque, car nous étions alors prisonniers de fortes divisions internes. Ma volonté était de réconcilier cette majorité municipale » nous confie l’ancien maire, revenant pour l’une des premières fois sur cette épisode de l’histoire politique de la ville. En 2008, il échoue de peu dans sa reconduction face à la surprise Pierre Cohen.

« J’ai trop composé, j’en ai tiré les conséquences »

 

Un marqueur dans la vie de Jean-Luc Moudenc : « Cette défaite est pour moi fondatrice chez lui. Il a tout remis à plat. Il a essayé de comprendre les raisons de cet échec… Etre arrivé à remonter une pente aussi raide n’est pas donné à tout le monde. Je suis admiratif de son parcours » a salué récemment sur notre web tv l’ami de toujours, le centriste Jean-Michel Lattes (qui est aujourd’hui son porte-parole). « Je n’ai alors pas pu imprimer ma marque comme j’aurais dû le faire ; j’ai trop composé, j’en ai tiré les conséquences. Le paradoxe d’aujourd’hui c’est qu’avec ce vécu, je suis bien plus fort politiquement alors que je ne suis pas maire » confesse l’intéressé. La résurrection (après avoir ravi la présidence de l’UMP à Christine de Veyrac dans des conditions pour le moins troubles) est donc survenue en 2012. Il devient député, profitant d’une division de la gauche sur la 3ème circonscription entre François Simon et Alain Fillola, et redevient l’incontournable à droite pour les municipales. Un coup de force mené stratégiquement : « A l’annonce de la candidature du maire de Balma, je savais qu’il fallait que je m’engouffre dans la brèche. Je savais que c’était possible. » 2014 résonne aujourd’hui dans la tête de l’ancien maire, mais le rétroviseur signale un véhicule aux couleurs bleu, blanc, rouge. Au volant, un certain Serge Laroze. Car à ceux qui lui parlent à tout-va d’UDI ou de centre, lui sait contre qui le premier tour doit se jouer.

Thomas Simonian

L’oeil de notre politologue Stéphane Baumont

Du terrain, du terrain et encore du terrain… Avec cette tentation d’avoir toutes les forces de la droite et du centre autour de lui. Il n’est pas véritablement charismatique, mais devrait pouvoir profiter d’un fort renouvellement de sa liste avec la fin de l’ère Baudis/Douste-Blazy. La clé pour lui est de savoir si son projet, qui a déjà fait l’objet d’un ouvrage, saura convaincre et comment il pourra personnifier l’UMP qui pourrait recueillir les déçus du Hollandisme, sauf si ces derniers préfèrent rejoindre la maison « Bleu Marine ».

 

Christine de Veyrac

«Loin des politiciens»…

 

Engagée en politique depuis trente ans, Christine de Veyrac brigue aujourd’hui son premier mandat municipal. Mais pour la candidate UDI, pas question de parler de « pouvoir » ou « d’ambition personnelle ». Son objectif pour 2014 : faire de la politique « autrement.»

 

C’est une date qu’elle apparente à un véritable «séisme». Au début des années 80, Christine de Veyrac est étudiante en droit public international à l’Université des Sciences Sociales de Toulouse. L’économie mais aussi la politique tant locale que nationale ou européenne la passionnent. Mais ce soir du 10 mai 1981 qui voit l’élection à la présidence de la République de François Mitterrand, provoque chez elle un déclic. Elle décide alors de s’engager et adhère au Parti Républicain : «Je me suis dit qu’il fallait se bouger pour le pays», se souvient-elle encore avec force.

Très vite à bonne école, Christine de Veyrac intègre le Club Perspectives et Réalités. Sans parler de «mentor», elle y fait quelques rencontres «marquantes» : «J’ai eu la chance de voir des intelligences en action», raconte-t-elle. Plus précisément, des personnalités de renommée nationale comme le fondateur du club lui-même, et ex-président de la République, Valéry Giscard d’Estaing dont elle sera l’attachée parlementaire, Alain Juppé, Jacques Toubon… Mais aussi internationale : Lech Walesa, le général Jaruzelski, ou encore Boris Eltsine, « quelques jours avant qu’il ne devienne le premier président de la Russie élu au suffrage universel. » Autres temps forts de sa carrière: en 1999, elle est élue eurodéputée. En charge de la commission Transports, elle est rapporteur en 2005, d’un texte de loi qui vise à établir une liste noire des compagnies aériennes.

« La vraie société civile »

 

Mais malgré ses trois mandats successifs au parlement européen (le dernier court jusqu’en juin 2014), Christine de Veyrac garde un pied-à-terre à Toulouse. Elle devient maire-adjoint de Philippe Douste-Blazy de 2001 à 2008 ; année où elle gagne la présidence de l’UMP 31 jusqu’à sa défaite en 2010.

Aujourd’hui à 54 ans, Christine de Veyrac veut à nouveau servir la ville qui l’a vue naître et grandir. Et les dernières cantonales ne sont pas étrangères à sa décision de «partir». Candidate sur le canton 1 de Toulouse, elle écoute en 2011 les voix qui s’élèvent : «Je n’arrêtais pas d’entendre les Toulousains dire qu’ils voulaient quelque chose de différent.» Ainsi le 21 octobre 2012, elle tourne définitivement le dos à l’UMP, «qui au fil du temps n’est plus devenue pour moi que l’ancien RPR», analyse-t-elle, et déclare sa flamme à l’UDI. Ce mouvement tout juste naissant lui rappelle ses «origines» : «Je n’ai pas eu l’impression de changer de parti mais de retrouver l’UDF», confie-t-elle. Son credo : «Loin des politiciens et près des Toulousains.» Il y a un an, Christine de Veyrac crée l’association Rive Droite Rive Gauche, avec pour objectif de rassembler des citoyens de tous horizons, issus de la «vraie société civile, pas celle qui se présente à toutes les élections depuis des années», ironise-t-elle. Au cœur de cette campagne de mars 2014, la candidate encartée affiche ses priorités : «Je veux me battre pour les Toulousains et non par ambition personnelle. J’ai cette envie de faire bouger les choses à Toulouse, de faire de la politique autrement. Et comme ce n’est pas le goût du pouvoir qui me guide, cela me laisse une liberté extraordinaire.»

Interrogée cependant sur son «déficit» de notoriété, Christine de Veyrac assure que celui-ci «diminue» et a même tendance à en tirer profit : «Est-ce vraiment un désavantage ? Vu le contexte actuel, je me pose la question.»

Quant à l’issue de ce prochain scrutin, la candidate se dit «sereine». D’autant que «je pourrais faire autre chose» assure-t-elle, «ouvrir une librairie serait le grand bonheur de ma vie, faire du bénévolat ou me consacrer à l’intergénérationnel, essayer d’aider les uns, les autres à se sentir moins seuls…» Oui, mais… «je ne peux pas le faire» rebondit immédiatement Christine de Veyrac : «La politique est extrêmement chronophage.»

 

 

Claire Manaud

L’oeil de notre politologue Stéphane Baumont

A force d’être dedans tout en voulant être ailleurs, elle pourrait finir par jouer le rôle de Michel Jaubert (homme politique des années 70 et 80 qui était situé en dehors du clivage droite/gauche. Il avait soutenu Jacques Chaban-Delmas puis François Mitterrand) dans le paysage politique toulousain…  C’est une femme déterminée mais l’interrogation demeure : Fait-elle ça pour Toulouse ou pour obtenir un autre mandat ? Elle maintient son cap avec caractère et avec une campagne qui sort des sentiers battus.

 

 

Jean-Christophe Sellin

Candidat de « la radicalité concrète »  

Depuis l’âge de 16 ans, Jean-Christophe Sellin est engagé en politique. Ce proche de Jean-Luc Mélenchon a participé à la création du Parti de Gauche, puis du Front de Gauche. Aujourd’hui, il se lance pour la première fois dans la course aux municipales en tant que tête de liste. Une forte tête, pour un Front quelque peu désuni…

Jean-Christophe Sellin n’est pas homme de concession. Quand il a quelque chose à dire, il le dit. Cela lui a coûté sa délégation d’adjoint, lorsqu’il a refusé de voter le budget de la municipalité actuelle. C’est également ce qui l’a motivé à quitter le Parti socialiste en 2008, pour créer avec Jean-Luc Mélenchon le Parti de Gauche. Après douze ans passés au sein du PS, il est arrivé au constat que ce parti « était converti à la ligne de l’adaptabilité du capitalisme au niveau français et européen. » A partir de là, il n’était plus possible selon lui, « de l’aiguiller vers la gauche. » La fracture commence en 2005, avec la bataille du « non au Traité européen » qu’il mène avec le groupe (interne au PS) « Pour la République sociale ». « Ce petit groupe était en quelque sorte un cahier de brouillon de Parti de Gauche », explique-t-il. L’étape d’après était de « donner une réponse politique unifiée » avec le Front de Gauche. Mais à l’approche des élections municipales, cette unité semble mise en danger. Dans plusieurs villes de France, dont Toulouse, les communistes affichent leur volonté de s’allier avec les majorités socialistes. « C’est un désastre pour la lisibilité du Front de Gauche », estime Jean-Christophe Sellin, qui appelle les militants communistes à voter pour le choix d’une liste autonome (lors des élections internes du PCF 31 prévues le 15 et 16 novembre).

« Une vision globale de l’humanité »

Sa liste « Place au peuple », se proclame « anti-austérité », à contrario selon lui de « celle menée par Pierre Cohen qui sera pro-gouvernementale. » La contestation est donc générale : contre la politique nationale et contre la politique locale. Jean-Christophe Sellin est animé par « une vision globale de l’humanité », qui peut se résumer en la conjugaison de deux points, « la redistribution des richesses et la transition écologique. » Des principes que le candidat veut traduire « en radicalités concrètes », avec des propositions claires et chiffrées dans son programme. Elles concerneront en priorité : « les transports gratuits, la régie publique de l’eau, de l’assainissement et des déchets, le logement social et très social, l’insertion et la stabilité économique dans les quartiers populaires par l’économie solidaire et sociale, des services publics de proximité et l’accessibilité de la culture au plus grand nombre. » Ce dernier point est particulièrement important pour cet instituteur de métier. Depuis 15 ans, il est le président fondateur de l’association Classisco, qui démocratise la musique classique dans les écoles. « On a organisé en tout 255 concerts pour près de 100 000 élèves », se félicite-t-il. Il prépare lui-même les projets pédagogiques pour les professeurs et anime les concerts. Une manière de continuer son travail d’enseignant, sa « vocation » première. Rentré à l’école normale à 18 ans, il a exercé ce métier pendant trente ans. Bien sûr, « la classe » lui manque, mais il a aujourd’hui trouvé le moyen de s’adresser à des milliers d’enfants. Par la culture, vecteur « d’émancipation et de liberté ». Comme quoi, les combats diffèrent mais les valeurs restent les mêmes.

 

Coralie Bombail

L’oeil de notre politologue Stéphane Baumont

Il est un peu à l’image de son leader national Jean-Luc Mélenchon. Ou trop ou trop peu. Mais à Toulouse, où la gauche alternative est toujours haute et où Mélenchon avait été très bien accueilli durant la présidentielle, Jean-Christophe Sellin a sans doute l’occasion de réussir un vrai pari. Le rêve est là… Il pourrait faire plus de 10% et être décisif avec son mouvement pour faire gagner la gauche au second tour. Son poids serait alors assuré dans une majorité recomposée.

 

 

Serge Laroze 

 « J’ai un homme dans ma vie : Jean-Marie Le Pen »

Vingt-huit. En comptant les prochaines élections municipales, c’est le nombre de candidatures au compteur de Serge Laroze. Militant frontiste de la première heure, il a suivi, observé, parfois subi l’évolution du Front national dans le temps. Du parti à la réputation sulfureuse au parti devenu fréquentable. Aujourd’hui, il sent le vent tourner, avec une certaine ironie…

Serge Laroze, 73 ans, a sa page Facebook. Engagé au FN depuis 1981, il a su s’adapter aux différentes ères du mouvement. « Au début, on se moquait de nous, mais quand on a commencé à s’implanter, la presse, le showbiz et les politiques nous ont diabolisés. L’affaire Carpentras a été particulièrement horrible. Avec l’arrivée de Marine Le Pen, les Français ont ouvert les yeux, il y a un basculement de l’opinion vers nous », explique Serge Laroze. Il rencontre pour la première fois Jean-Marie Le Pen en 1980 lors d’une réunion publique à l’hôtel Mercure, place Saint-Georges : « J’ai eu un coup de foudre, on peut dire que j’ai un homme dans ma vie : Jean-Marie Le Pen », plaisante-t-il. Serge Laroze nourrit depuis sa jeunesse « des idées patriotes », comme il les nomme. « J’étais très motivé par l’histoire, par tout ce qui était français en général et j’ai même fait l’école des officiers de réserve », alors quand il a entendu le leader du Front national, « j’ai eu l’impression qu’il m’avait volé toutes mes idées ! », s’exclame le candidat. Rapidement, il prend des responsabilités dans le parti, en devenant membre du comité central et du comité scientifique. Jusqu’à cette année, il exerçait les fonctions de secrétaire départemental du FN 31. Il a été remplacé par le jeune Julien Léonardéli, « à ma demande » précise Serge Laroze, car « il y a beaucoup de nouveaux adhérents et cela fait trop de choses à gérer. » Qu’on n’y voit pas pour autant une volonté de retrait : « Il y a quatre élections qui arrivent et je m’y prépare », annonce-t-il, car « ce n’est pas au moment où ça marche que je vais m’en aller. » En effet, si aujourd’hui le Front national est un parti montant, grâce notamment à la stratégie de « dédiabolisation » entamée par Marine Le Pen, il n’a pas toujours été facile d’être militant FN. « J’ai eu la totale : des menaces de mort, ma maison saccagée, mes enfants qui rentrent en pleurant du lycée car ils se sont fait traiter de fachos », raconte le candidat. « Mais je suis têtu, je savais que j’avais raison et ce n’est pas facile d’avoir raison trente ans avant les autres. » Depuis le début, le candidat peut compter sur le soutien de son épouse, très discrète mais toujours présente en cas de besoin. Deux de ses enfants- « la troisième ne s’intéressant pas à la politique »- partagent les mêmes idées et la famille au complet ne compte pas moins de sept cartes FN.

De Jean-Marie à Marine : « ce qui a changé, c’est le look »

Aujourd’hui Serge Laroze constate un revirement dans l’image de son parti « car les gens n’ont plus peur ni honte de dire qu’ils adhèrent aux idées du Front national », mais il assure que « sur le fond le FN n’a pas changé. Ce qui a changé avec Marine Le Pen, c’est le look.»  Dans sa campagne, le candidat compte donc aborder tous les sujets « sans tabou »: l’immigration et la sécurité en premier lieu. Celui-ci se dit particulièrement inquiet de « la natalité musulmane croissante à Toulouse », estimant « l’Islam incompatible avec la culture chrétienne. » Sur le sujet très polémique en ce moment du droit du sol, il estime que « pour être Français, il faut l’hériter ou le mériter, c’est-à-dire aimer un peu la France. » Une question chère aux yeux du candidat même si elle n’est pas du ressort de la municipalité. Sur la sécurité, il y aura davantage de marge de manœuvre, via « la vidéoprotection et la police municipale » notamment, même si pour lui le principal problème reste le « laxisme » de la politique pénale gouvernementale. Avec un François Hollande au plus bas dans l’opinion française, Serge Laroze a conscient que le contexte national pèsera fortement sur les élections municipales. Aujourd’hui, il n’a qu’un message : «Essayez-nous ».

Coralie Bombail

L’oeil de notre politologue Stéphane Baumont

Attention l’homme n’est pas à sous-estimer par ses adversaires. Il a un certain charisme, passe bien et reste toujours calme. Il est expérimenté dans les combats électoraux et a failli provoquer une grosse surprise lors des dernières cantonales. Il est entendu et bien aidé par le vent en poupe dont bénéficie sa patronne, Marine Le Pen. Il pourrait recueillir la plupart des contestations et rejets. Sa présence au second tour pourrait devenir un non-événement au vu du contexte national.

Antoine Maurice

« La politique doit être ma thérapie, mais ce monde va à l’encontre de ce que je suis »

Ce Toulousain de 32 ans soutient les Verts depuis son plus jeune âge et grandit en même temps que le parti… Et si la politique est pour lui une évidence, elle est pourtant souvent contraire à l’homme qu’il est. Rencontre.

A 12 ans, il se régale devant les questions gouvernementales et se nourrit rapidement de l’histoire de tous les partis. « Pourtant je suis le premier engagé politique de ma famille, j’ai été élevé avec des valeurs mais il n’y a aucune logique familiale à mon engagement. » Né à L’Isle Jourdain en 1981, il fouille parmi ses souvenirs et analyse comment une enfance à la campagne « et une institutrice écolo en primaire » ont forgé ses convictions : « J’ai beaucoup lu, mais je crois que ma tante décédée d’un cancer m’a laissé en héritage de réfléchir sur le pourquoi de la maladie… je ne crois pas à la fatalité. L’écologie a été une évidence pour moi.» Ensuite tout s’enchaîne. En 1999, il a tout juste 18 ans lorsqu’il vote aux européennes, soutenant Cohn-Bendit, puis adhère aux Verts dans le Gers. « Je ne savais pas trop ce que je voulais faire, mais la politique m’a toujours intéressé, c’est un virus qu’on doit attraper ! » C’est dans ce contexte difficile qu’il fait ses classes, dans un parti qui a peu de militants, « dans un département où l’écologie n’est pas vraiment implantée, où l’agriculture est tout ce qu’il y a de plus conventionnel et où le chasseur règne en maître ! » Peu à peu, il se tourne vers Toulouse, pour se présenter pour la première fois sur la liste Alternative de Midi-Pyrénées aux régionales de 2004 : « nous construisions à ce moment-là les prémices d’Europe Ecologie… » Aux européennes, il est alors candidat sur la liste menée par Gérard Onesta en tant que jeune écolo, « que j’ai cofondée à Toulouse en 2002 avec d’autres pour faire vivre l’écologie dans le milieu étudiant. »

« Réhabiliter la politique »

Armé d’une maîtrise de droit social et d’un Dess gestion du personnel, Antoine Maurice est de la génération qui connaît l’emploi comme une denrée rare. Quelques expériences ajoutées à son CV, il est à nouveau demandeur d’emploi et en campagne pour les municipales sur la liste de la gauche rassemblée… « Elu en mars, je me trouvais dans une situation que j’ai toujours refusée car un mandat n’est pas un vrai emploi ! » Il prend alors le parti de s’impliquer à 100% dans son rôle politique : « Ma crainte était de me déconnecter de la vraie vie, mais j’ai un entourage bien ancré dans les réalités… J’ose espérer que je ne me laisserai pas entraîner par la machine politique comme je le vois malheureusement trop souvent. » L’homme, engagé et fort du souci perpétuel de rassembler, avoue avoir quelques manques de confiance en lui. « Ce monde, qui manque d’humanité va parfois à l’encontre de ce que je suis. Pourquoi ne pas réhabiliter la politique ? » Il s’anime lorsqu’il évoque ses projets pour la ville : « pour un mieux-vivre, car Toulouse c’est avant tout la « Convivencia », il faut lui redonner sa sérénité. » Et de citer le quartier des Chalets, le plus dense de la ville « mais aussi le plus calme », pour traduire ses ambitions pour la ville. Les clefs ? « Rassembler les initiatives, les énergies et volontés que nous rencontrons sur le terrain. » Visant les « 10% + x », il partage son analyse quant à la situation actuelle : « on ne peut plus se résigner à une forme de bipartisme qui a montré ses limites, il faut de nouvelles propositions. » Effrayé par l’accueil réservé au FN, il compte sur les valeurs toulousaines pour continuer à « échapper à un score important… » Une exigence surtout, qui représente une réelle supplique aux yeux d’Antoine Maurice : « Faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux… »

Aurélie Renne

L’oeil de notre politologue Stéphane Baumont

C’est un élu qui était plutôt discret au début de la mandature mais qui s’est affirmé avec le temps. Il est impliqué dans les dossiers sans être trop intégriste ; défaut parfois observé chez les écologistes. Il a montré en tant que président de groupe à la communauté urbaine qu’il savait tenir une équipe. Il se teste seul avant d’engager un rapport de force au second tour … Son intelligence politique devrait alors lui servir.



2 COMMENTAIRES SUR Municipales: découvrez les candidats!

  1. Theron dit :

    Vous oubliez pas mal de gens dans votre liste, on vous les rappellera…

  2. AllisterToulouse dit :

    Enfin on peut lire et parcourir les parcours et portraits de ceux qui vont se présenter en mars prochain. Calmement, sans invective politicienne ou de raccourcis inutiles.
    Cela fait du bien. Et l’éclairage journalistique ne présente pas de parti pris.

    Qui plus est dans un journal qui n’est pas celui d’un parti, si vous voyez ce que veux dire….

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