MPF31 ; Toujours dans la course

Il se fait plutôt discret depuis de nombreux mois. Pourtant, le parti de Philippe de Villiers veut prouver qu’il a une carte à jouer en 2012, dans une France «livrée à tous les maux». En Haute-Garonne, le MPF31 vient de renouveler son bureau. Et pour Marie-Pierre Chaumette qui vient d’en être réélue Présidente, «la résistance aux mythes de la mondialisation, de Schengen et de l’euro» est toujours d’actualité. Interview.

 
Marie-Pierre Chaumette, le MPF 31 vient de renouveler son bureau. Vous avez été réélue à la Présidence. Pourquoi avoir brigué un autre mandat au sein de ce Mouvement ?
En effet, le bureau du “Mouvement Pour la France” de la Haute-Garonne vient d’être renouvelé : il regroupe des adhérents de la première heure (rappelons que le MPF est né le 21 novembre 1994), comme Alain Van Gaver, Maurice Maupeu, Frédéric Froidefond, des RPF qui nous ont rejoints comme Bernard Tesquet, des adhérents plus récents, éloquents comme Pascal Nouguerede, vaillants comme Jean-Guillaume Jamin qui a été deux fois candidat aux cantonales contre Pierre Izard, aidants comme Jacques Raffin, et des nouveaux-venus comme Philippe Doignon, Bruno Corchia en 2009, Clément Savignac, notre responsable des “Jeunes Pour la France”, en 2010, et Amaury de la Taillade cette année. Ils représentent notre société locale, étudiant, facteur, fonctionnaire, ingénieur, médecin, pilote, retraités, sans oublier un Vendéen établi en Haute-Garonne, Alain Demeleunaere, et notre doyen pied-noir Jean Bouvarel. Notre nouveau secrétaire, Jean-Michel Deffes, 45 ans, est emblématique des convictions du MPF : agent du patrimoine, il est aussi porte-drapeau. Quant à moi, j’ai été reconduite Présidente par Philippe de Villiers et Patrick Louis, notre Secrétaire national. Ils me font confiance, et je suis ravie de continuer à servir les idées du MPF, en accompagnant une équipe qui s’entend particulièrement bien.

Quelle politique ce nouveau bureau va-t-il mener ces prochains mois ?

Chacun va relayer les valeurs du MPF par un travail de proximité avec les Haut-Garonnais et sera «porteur de la flamme de la résistance» comme l’a dit Philippe de Villiers, lors du dernier Conseil National, le 9 avril : résistance aux “mythes” de la mondialisation, de Schengen, de l’euro. Nous aimons la France : nos parents, nos grands-parents ont assez souffert pour sa grandeur et sa liberté pour qu’aujourd’hui on ne la réduise pas, on ne l’asservisse pas !

Contre les attaques du Front de Gauche

Vous êtes par ailleurs Conseillère Régionale au sein du groupe “Républicains et Territoires”. Comment considérez-vous ce mandat ?

C’est mon premier mandat, à 57 ans («Durum patientia vinco» : je vaincs les difficultés par la patience) ! Vous vous doutez que cela m’intéresse de découvrir les mécanismes (Commissions, Commission Permanente, Assemblée Plénière) d’une collectivité locale aux compétences importantes. Je siège à des commissions relatives à la fois à mon métier de professeur de lettres classiques : “Education et jeunesse”, à mon attachement à la vitalité et l’essor de Midi-Pyrénées : “Enseignement Supérieur et Recherche”, “Economie touristique et thermalisme”, “Sport, Vie associative”, et à mon intérêt pour l’aide aux plus démunis : “Economie sociale et solidaire”. Mes prises de position sont dictées par une double obligation morale : celle de satisfaire le choix des électeurs de l’opposition locale et celle de défendre les valeurs du MPF dont je suis la seule élue régionale en Midi-Pyrénées. Et mon objectif est d’être vigilante afin que l’argent des contribuables soit utilisé à bon escient, sans gaspillage. Je n’hésite pas à dénoncer le coût démesuré du nouveau lycée Galliéni, à regretter le parrainage de lycéens sans papiers dans les locaux de l’Hôtel de Région, à défendre les établissements privés contre les attaques du Front de Gauche, à demander des précisions sur telle ou telle subvention. D’ailleurs, je viens de rédiger un “Point” qui donne un aperçu de mes interventions lors de mes quinze tout premiers mois de mandat, que j’invite vos lecteurs à lire sur le site du MPF 31 – http://mpf31.voila.net – à la rubrique “communiqués”.

Quelle est la réalité du MPF en Haute-Garonne ?
Le MPF 31 se porte bien, avec une bonne ambiance autour d’un noyau dur de militants patriotes, «toujours prêts» à refaire le monde, et des adhérents et donateurs plus discrets mais toujours là !

 

« Il y a loin des paroles aux actes »

Pour quelles raisons le MPF se fait-il plus discret qu’il y a quelques années ?
Le Président du MPF a subi non pas une succession, mais un «enchaînement d’épreuves» – selon ses propres termes – en particulier les attaques contre l’un de ses fils qui l’ont touché au plus profond de lui-même et un cancer de l’œil qui est aujourd’hui guéri. Cela l’a mis en retrait, mais Philippe de Villiers conserve sa notoriété et le parti a continué à vivre, avec ses parlementaires, ses élus locaux, une visibilité accrue grâce aux conseillers régionaux élus en mars 2010 et une superbe université d’été des “Jeunes Pour la France” en septembre dernier, en Bourgogne. Et lors du Conseil National du 9 avril, tous les présidents départementaux ont retrouvé un Philippe de Villiers en grande forme qui nous a assuré : «Ils vont m’entendre !». A la rentrée, les 2, 3 et 4 septembre prochains, nous serons, toujours en Bourgogne, à l’université d’été des Jeunes et à une journée MPF, les premiers à l’entendre !

En 2007, Philippe de Villiers a rejoint la majorité présidentielle. Le regrettez-vous aujourd’hui ?
En 2007, Nicolas Sarkozy a fait une campagne et tenu des discours qui avaient de quoi séduire, mais il y a loin des paroles aux actes, et pour beaucoup de Français, l’espoir a fait place à la déception ! Comme il est écrit dans la résolution que nous avons élaborée lors du Conseil national du 9 avril : «En 2007, le MPF a rejoint la majorité présidentielle sur la base d’engagements qui n’ont pas été tenus : promesses d’une Europe qui protège, droits compensateurs face au libre-échange aveugle, opposition au laxisme de l’Europe de Schengen, fin du processus d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne.»

Cet engagement n’a-t-il pas en quelque sorte bâillonné votre mouvement ?

La leçon à tirer est plutôt qu’il ne faut pas croire aux belles paroles, mais les messages du MPF n’ont jamais été autant d’actualité !

De même, votre participation aux cantonales aux côtés notamment de l’UMP et du PRV n’a-t-elle pas brouillé les pistes et découragé les électeurs ?
Le MPF, lors des élections locales (municipales, cantonales, régionales) a toujours été un allié des forces d’opposition de droite contre l’idéologie et le sectarisme de la gauche. Ce comportement n’a jamais changé depuis 17 ans. Personnellement, je trouve normal d’avoir aidé le plus jeune UMP, Maxime Boyer, 25 ans, en étant sa suppléante : notre binôme a d’ailleurs fait au 1er tour le 2ème meilleur score des candidats toulousains de l’opposition locale, et au second tour le 3ème meilleur score.

 

« Nous ne fermons aucune porte »

Quel avenir le MPF a-t-il dans la France d’aujourd’hui ?
La France d’aujourd’hui est livrée à tous les maux : désindustrialisation et chômage, crise de l’euro, montée du communautarisme et de l’insécurité. Le discours du MPF a annoncé ces maux depuis longtemps : il est regrettable que les Français, laissant de côté la pensée unique, ne se soient pas davantage regroupés derrière un homme d’envergure comme Philippe de Villiers ! Après avoir servi pendant plus de vingt ans la Vendée, notre Président va se consacrer plus amplement à la politique nationale et le MPF va continuer à défendre ses idées pour être une force de proposition crédible dans le paysage politique.

Comment considérez-vous la montée du FN ?
Comme le fruit d’une exaspération des Français : la précarité, le chômage, l’insécurité, l’immigration non maîtrisée provoquent ce vote de protestation. Mais le FN reste un parti exclusivement contestataire et non un parti de gouvernement.  

En 2012, présenterez-vous un candidat aux Présidentielles ? Y aura-t-il de nouvelles alliances entre le MPF et la droite (majorité présidentielle) ?
Comme nous l’avons écrit et signé dans la résolution élaborée le 9 avril dernier à Paris : «Le MPF a fait partie (en 2010, à l’occasion des Régionales) du Comité de liaison de la majorité présidentielle pour y porter les valeurs d’une droite nationale de convictions et pour en constituer l’aile souverainiste. Si au cours des prochains mois, ces valeurs ne sont pas réaffirmées sans ambiguïté et si la composante souverainiste n’est pas davantage prise en compte, nous ne pourrons plus, dans la perspective des échéances électorales de 2012, apporter notre soutien à Nicolas Sarkozy. Nous en tirerons alors toutes les conséquences. Nous ne fermons aucune porte, nous n’excluons aucune hypothèse. C’est l’élection présidentielle qui déterminera la future majorité présidentielle. Tout reste à définir. Tout reste possible.»

Présenterez-vous des candidats aux législatives ?
Nous enverrons des candidat(e)s dans le maximum de circonscriptions.

Propos recueillis
par Claire Manaud



UN COMMENTAIRE SUR MPF31 ; Toujours dans la course

  1. Luc dit :

    L’équipe du MPF est bien implantée, sympathique et redoutablement compétente.
    Le MPF est a la charnière des deux droites, la droite républicaine et la droite nationale qui ont pour vocation de travailler ensemble sur des thèmes essentiels comme la politique migratoire, la lutte contre l’insécurité, les abus du social, la limitation des subventions a tout va, le respect absolu de la laïcité, la cessation des dérives communautaires pour que la France reste la France.
    Bravo au MPF que l’UMP doit considérer autant que les centristes.

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