Moudenc épingle la gestion de Pierre Cohen

L’opposition municipale attendait depuis plusieurs semaines que la Chambre régionale des comptes et le maire de Toulouse rendent public le rapport sur la gestion de la ville de 2006 à 2010 afin de s’exprimer : «En tant qu’ancien maire j’ai été auditionné à ma demande» a précisé Jean-Luc Moudenc, leader du groupe «Toulouse pour tous», qui se félicite de pouvoir enfin comparer la gestion de la fin de sa mandature (2006-2008) avec celle de Pierre Cohen et de son équipe. L’ancien premier magistrat a donc profité de cette occasion pour présenter à la presse ces critiques : «J’avais déjà alerté sur la dégradation des comptes municipaux, avec une chute de l’autofinancement et de l’investissement.» Il est vrai que sous les ères Baudis père et fils, puis sous la mandature Douste-Blazy et Moudenc, Toulouse a vécu sous le dogme de l’endettement zéro aujourd’hui remis en cause par la majorité en place : «Toulouse n’avait pas fait d’emprunt depuis un quart de siècle. C’est donc la fin d’un choix.»

Le management des agents municipaux en question

Jean-Luc Moudenc met clairement le débat du management des équipes municipales sur la table, en l’illustrant par la lecture du rapport de la Chambre régionale des comptes : «Il révèle notamment les effets du nouveau régime indemnitaire.» Il s’agit ici d’une offensive du leader de l’opposition sur les primes qui s’ajoutent à la rémunération des agents : «La notion de présence effective n’est plus un critère pour attribuer une prime. C’est un comble !» Pour Danièle Damin, autre élue de l’opposition, il faut avant tout «mettre en avant la reconnaissance du mérite et favoriser la promotion interne.» Un jugement largement partagé par Jean-Luc Moudenc dont le réquisitoire est cinglant, et qui annonce que ce débat sera présent dans la campagne des municipales à venir : «Sur quarante directeurs de service nommés par Pierre Cohen, trente-huit viennent d’ailleurs.» Une allusion à peine déguisée à du favoritisme voire du clientélisme : «La carte politique est devenue un critère.» Par ailleurs, le groupe «Toulouse pour tous» déclare que les critiques proviennent désormais des Toulousains eux-mêmes : «Dans les réunions de quartiers, le ton a changé et la population est plus agressive. Cela tourne parfois à l’émeute» constate Danièle Damin.

Thomas Simonian



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.