Molex; Retour sur les faits

- 23 octobre 2008 : Le groupe Molex, spécialisé dans la fabrication de composants électroniques, envisage de fermer son site de Villemur-sur-Tarn qui emploie 284 salariés pour juin 2009.

- 6 novembre 2008 : Mobilisation générale des 300 salariés, de la population et des élus. Lors d’une journée ville-morte massivement suivie par les commerçants, le maire de Villemur Jean-Claude Boudet appelle Nicolas Sarkozy à se déplacer dans sa commune.

- 23 décembre 2008 :
Craignant une fermeture durant les fêtes de fin d’année, les salariés se mobilisent et campent devant leur usine pendant deux semaines.

 
- 28 janvier 2009 : Marcus Kerriou, co-gérant de Molex Automotive, annonce la volonté du groupe de fermer trois nouveaux sites : les usines d’Ettlingen en Allemagne, d’Esco en Chine et de Kosice en Slovaquie, où devait être délocalisée l’activité de l’unité de Villemur-sur-Tarn. Mi-janvier, Marcus Kerriou avait affirmé que le site de Villemur n’était plus rentable, contrairement aux dires des syndicats.

- 6 février 2009 : Le Tribunal de Grande Instance de Paris déboute la direction de Molex Automotive qui attaquait en justice le conseil d’administration de son usine de Villemur-sur-Tarn afin de le forcer à rendre son avis sur le projet de délocalisation du site.

- 23 février 2009 : Table-ronde à la préfecture de Haute-Garonne présidée par le préfet Dominique Bur. La direction de Molex, représentée entre autres par Marcus Kerriou, confirme sa décision de fermer Villemur, mais elle évoque la possibilité de maintenir 60 à 100 emplois sur le site. Par ailleurs, le préfet crée un groupe de travail chargé d’étudier tous les projets de reprise pour Villemur.

- 20 avril 2009 : Des salariés de Molex séquestrent durant 24 heures deux dirigeants de l’entreprise. Le 21 avril au soir, les délégués syndicaux sortent «déçus» de leur réunion de négociation à la préfecture, en présence des représentants de la direction, du préfet de la Haute-Garonne et du directeur départemental du travail.

- 30 avril 2009 : La fermeture de l’usine est reportée au mois d’octobre.

- 16 mai 2009 : Molex est économiquement viable, estime le cabinet d’expertise comptable Syndex, mandaté par le comité d’entreprise.

- 19 mai 2009 : Le juge des référés du TGI de Toulouse ordonne la suspension du plan de restructuration et des licenciements «tant que le comité d’entreprise n’aura pas été régulièrement informé et consulté».

- 9 juin 2009 : Les salariés défilent dans les rues de Paris avant d’être reçu au ministère de l’Economie.

 

- 18 juin 2009 : La direction de l’usine fait appel de l’ordonnance de suspension du plan de restructuration qui prévoyait 300 licenciements.

- 7 juillet 2009 : Les salariés entament une grève illimitée.

- 24 juillet 2009 : Le parquet annonce la convocation de deux dirigeants de l’équipementier automo- bile devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Le cogérant de Molex, William Brosnan, et le directeur général du site de Villemur-sur-Tarn, Philippe Fort, comparaîtront le 17 novembre à 14 heures pour «avoir entravé le fonctionnement du comité d’entreprise en ne respectant pas les règles relatives à son information et à sa consultation préalable en matière d’organisation, de gestion et de la bonne marche de l’entreprise».

- 31 juillet 2009 : Le gouvernement, par la voix de Christian Estrosi, s’engage à «contacter» les dirigeants de Molex en vue de trouver une solution de reprise.

- 4 août 2009 : Les salariés apprennent l’arrêt des discussions entre la direction et un hypothétique repreneur. Après l’annonce, un dirigeant américain du groupe, Eric Doesburg, est molesté et dépose plainte pour «violences».

- 5 août : La direction décide de fermer l’usine.

- 13 août : Christian Estrosi, à la demande de Nicolas Sarkozy, nomme un médiateur, Francis Latarche, afin de renouer le dialogue entre salariés et dirigeants. Par ailleurs, le Président de la République accepte de rencontrer prochainement les élus locaux sur le dossier Molex : Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées, Pierre Izard, président du conseil général, Gérard Bapt, député de Haute-Garonne et Jean-Claude Boudet, mai-re de Villemur-sur-Tarn.

Sophie Orus


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