MoDem ; « L’Europe doit être notre voie »

Mardi François Bayrou était à Toulouse pour dédicacer son livre-brûlot “Abus de pouvoir”. A dix jours des européennes, le Président du MoDem en appelle à voter utile.

 
Une élection qu’il veut placer au-dessus des partis, tout au moins au-dessus du sien. Sur le scrutin du 7 juin prochain, François Bayrou a été clair ce mardi à Toulouse, aux côtés de la tête de liste Sud-Ouest Robert Rochefort et la n°2 Anne Laperrouze : «Ce qui est en jeu, c’est beaucoup plus important que des intérêts de partis. L’enjeu porte sur le choix de modèle de société dans lequel nous allons vivre. Je n’en fais pas une lecture partisane». Pour son déplacement dans la ville rose, le Président du MoDem n’est pas venu seul. Sa nouvelle arme, “Abus de pouvoir”, il l’a dégainée il y a trois semaines : un livre-brûlot sur Nicolas Sarkozy qui est, semble-t-il, sinon un best-seller, un véritable succès dont il se félicite : «On a dépassé les 100 000 exemplaires facturés et on en sort plus de 3 000 par jour. Ca fait des années qu’un livre politique n’a pas été en tête des ventes.» François Bayrou y voit là un signe : «C’est pour moi la preuve que les Français attendent une parole nette, qui n’a pas peur, qui leur donne des raisons, si ce n’est d’espérer, de réfléchir. Une force de renouvellement de la vie politique française». Un renouvellement nécessaire selon lui, face à des «dérives» gouvernementales qu’il juge inacceptables.

 

Une démarche préoccupante

Pour illustrer ses propos, F. Bayrou s’appuie sur l’actualité et particulièrement sur l’ouverture annoncée mardi d’une base militaire française à Abu Dhabi (500 hommes et un nouvel accord de défense qui engage la France à se porter au secours des Emirats Arabes Unis en cas d’agression) : «C’est la poursuite de la décision française d’entrer dans le commandement intégré de l’OTAN. Même pour des considérations commerciales, la France ne doit pas courir le risque de se trouver prise sans le vouloir dans un conflit régional gravissime. Or encore une fois, le président de la République a pris cette décision sans aucun débat stratégique, sans aucune concertation préalable.»
De même, interrogé sur l’a-mendement Lefebvre sur le télétravail pendant l’arrêt maladie, F. Bayrou répond : «On a l’impression que le gouvernement, en tout cas certains membres de la majorité, n’ont qu’une idée : faire chaque jour davantage régresser les protections dont bénéficient les Français. C’est une démarche préoccupante. On pourrait au moins imaginer que les gens en congé maladie soient à l’abri du “Travailler plus pour gagner plus”».  
Enfin sur la colère des producteurs laitiers, profession qu’il connaît, dit-il, pour l’avoir pratiquée dans sa jeunesse, il se déclare «pour le maintien à l’échelon européen des quotas laitiers et à l’échelon national, pour la reprise du travail sérieux qui depuis des décennies, permettait de définir des prix de référence : un atout pour les industriels et les producteurs. Ca a sauvé le métier de producteur laitier, les exploitations, ça a permis leur modernisation, l’installation de jeunes et que la France soit préservée des usines à lait que d’autres pays comme la Grande Bretagne connaissent».

« Donnez-moi un point d’appui et je soulèverai le monde »

Aux «candidatures témoignages», comprendre, les “petits” partis pour lesquels les instituts de sondage prédisent 1 % d’intention de vote, il oppose le vote utile pour changer le jeu politique : «des hommes et des femmes dont la voix porte, qui ont une grande expérience, capables d’apporter quelque chose au débat européen». Et de citer «le grand physicien grec» Archimède : «Donnez-moi un point d’appui et je soulèverai le monde». Les Français ont avec le MoDem, ce point d’appui stable, qui ne change pas de cap.
En clair, un François Bayrou serein, sûr de lui, pour qui les jeux sont faits. C’est sûr, le MoDem, crédité de 12 % des intentions de vote, arrivera au moins en troisième position aux élections européennes : «Tout va bien» rassure le leader centriste. Quant à la stratégie du parti au lendemain du 7 juin, pas de précipitation, encore moins de révélations fracassantes : «Nous avançons un pas devant l’autre, calmement».

Claire Manaud


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.