MoDem : «Le rassemblement est en marche»

De passage à Toulouse en éclaireur, Robert Rochefort, vice-président du MoDem et député européen a présenté les grandes lignes de la campagne de François Bayrou aux présidentielles de 2012.

 
François Bayrou persiste et signe. Pour la troisième fois, le leader du MoDem vient de se porter candidat à la présidentielle de 2012. Deux jours avant le rassemblement de Pau, l’un de ses lieutenants, vice-président du parti en charge de l’Economie et député européen, Robert Rochefort, a fait un point à Toulouse sur la campagne qui s’annonce. S’empressant de faire taire la rumeur, Robert Rochefort assure que cette candidature, pour paraphraser François Bayrou, n’est «pas sans fondement» : «Contrairement à ce que l’on a entendu dans la presse, François Bayrou n’est pas seul. Beaucoup de gens nous ont rejoints depuis septembre et nous voulons dire que ce rassemblement est en marche et qu’il va se poursuivre» Jean Arthuis, Anne-Marie Idrac, Bernard Bosson, Dominique Versini, Jean Peyrelevade, Jean-Marie Cavada ou encore Jean-François Kahn ont réaffirmé leur soutien au MoDem. Et selon le vice-président du mouvement qui n’a toutefois pas voulu dévoiler de nom, d’autres écologistes et syndicalistes de renom seraient également sur les rangs.

En finir avec la stratégie du bouc-émissaire

Une campagne présidentielle avec en filigrane, la crise qui joue les trouble-fête. Dans ce contexte délicat d’instabilité économique et d’injustice sociale, le parti centriste pense bien récupérer sa part du gâteau, après des Européennes et des Régionales aux résultats plus que décevants : «Cette compétition, nous la livrons pour la gagner. Nous ne jouons pas placés, nous jouons gagnants» martèle Robert Rochefort, d’autant, dit-il, «qu’en 2012, les Français vont continuer à subir les conséquences de la crise avec un chômage toujours à la hausse, et que les deux candidats automatiques qui organisent le jeu de la bipolarisation en France, ne nous semblent ni porteurs de propositions, ni de solutions.» Dans l’œil du cyclone MoDem, bien que se défendant de “toute polémique”, Nicolas Sarkozy d’abord. «Cette stratégie qui consiste à penser que l’on peut régler les choses en tête à tête avec Madame Merkel tout en cachant ses désaccords, est vouée à l’échec» A l’instar de la majorité présidentielle, Robert Rochefort, se prononce pour «une intégration européenne plus forte», comme pour «une convergence budgétaire et économique» mais il qualifie de «surréaliste» l’annonce d’un nouveau traité européen. Même genre de tacles en direction de François Hollande, du PS et de ses propositions elles aussi “décalées”, en référence à «cette solution socialiste traditionnelle de mécanique des dépenses publiques». Le MoDem veut par ailleurs en finir avec «la stratégie du bouc-émissaire» : «Ce n’est pas uniquement à cause du capitalisme financier qu’on en est arrivé là, ni à cause d’un dysfonctionnement de la gouvernance européenne. Ce n’est pas la faute des autres mais de l’ensemble de la société française qui s’est enfoncée dans un excès d’endettement, une insuffisante mobilisation de tous envers les créateurs de valeurs – chefs d’entreprises, associations – en tous genres.»

Produire et instruire…

… Les deux mots clé de cette campagne pour le MoDem. «Nous voulons remettre en place un système d’éducation, d’instruction qui ne laisse personne sur le carreau» explique Robert Rochefort. Et le parti centriste de s’enorgueillir quelque part de “faire le buzz” avec cette autre proposition «innovante sans être protectionniste» : le «Produire en France» et le «Acheter français» en vue de réduire le déficit du commerce extérieur et de relancer par là-même l’activité économique du pays. Pensant pouvoir être au second tour, le MoDem table qu’en juin 2012, en l’absence de leader attendu par le peuple, les marges de manœuvre du locataire de l’Elysée nouvellement élu, seront faibles : «A cause de la crise, le futur président n’aura pas la possibilité de tracer un sillon dans une optique idéologique très à gauche ou très à droite. Il sera à la recherche d’un élargissement de son champ pour obtenir le minimum de consensus par rapport à la politique qu’il devra suivre.» Le MoDem jouera de fait la carte de la coalition, sachant que les législatives, elles, feront office de troisième tour.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.