Mobilisation pour le Canal du Midi

Dans le cadre des conférences initiées par le « Club Forums », présidé par l’élue municipale et régionale Marie Déqué, le sénateur-maire de Revel Alain Chatillon et le géographe Robert Marconis, avaient donné rendez-vous lundi dernier pour échanger sur le devenir du Canal du Midi. Alain Chatillon est l’auteur d’un rapport parlementaire sur le sujet, de son côté, le professeur du Mirail vient de publier un ouvrage*. Pour le sénateur de la Haute-Garonne, la principale problématique posée est celle qui fait des « Voies navigables de France » l’actuel garant des intérêts de ce vestige du Midi, inscrit au patrimoine de l’Humanité de l’UNESCO : « Qu’on s’occupe du régalien à Paris, et qu’on nous laisse faire le reste ici… VNF n’a pas capacité à tout faire. » Derrière ces mots, un brin provocateurs, Alain Chatillon cache un vrai projet pour « son » Canal, tourné vers le Tourisme : « Profitons de l’image internationale du Canal pour promouvoir nos produits du terroir type foie gras, cassoulet et même roquefort. Je propose la création d’une marque à l’international. Il y a la possibilité d’intéresser des milliers de touristes à travers le monde. » Afin de mener à terme une telle idée, il faut pour les deux conférenciers d’un soir, travailler sur la gouvernance du Canal : « VNF n’a pas vocation à faire du Tourisme » précise d’ailleurs le professeur Marconis. Des propos relayés par Alain Chatillon, qui propose une gestion déléguée avec la présence d’un certain nombre d’acteurs dans le futur exécutif : VNF, les régions et les communes concernées ainsi que les agences de l’eau. Sur le papier, le schéma paraît pertinent, mais la réalité est plus complexe, et Alain Chatillon se heurte depuis de longs mois à des résistances : « Je ne suis pas encore arrivé à mettre tout le monde autour de la table. » Le sénateur a même déclaré avoir rencontré la ministre Delphine Batho pour lui exposer son projet.

Elle lui alors promis une réponse rapide, « j’attends toujours de ses nouvelles » a-t-il déclaré en ironisant. Dans le public, certains élus dont le président du Stade Toulousain René Bouscatel étaient présents. Ce dernier a tenu à mettre un bémol sur le projet touristique en argumentant qu’il ne suffirait pas au financement nécessaire à l’avenir du site : « S’il n’y a pas de solutions rapides en termes de financement, nous allons clairement vers des problèmes lourds. Il faut interpeller l’Europe et les régions… C’est ce combat qu’il faut entamer et gagner. » Martin Malvy semble avoir reçu une partie du message puisque la région Midi-Pyrénées vient d’octroyer 6 millions d’euros pour un plan de sauvetage : « Je m’en réjouis mais le défi c’est pas 6 millions d’euros »  s’inquiète Alain Chatillon. De nouveaux financements, la création d’une marque commerciale, une gouvernance renouvelée… Que d’enjeux pour notre Canal du Midi.

Thomas Simonian

 



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