MJT ; Les jeunes en marche

Le Mouvement des Jeunes pour Toulouse est une association loi 1901 créée pour défendre une «alternative audacieuse» à la politique du maire de Toulouse, Pierre Cohen, et rassembler tous les jeunes Toulousains avec en ligne d’horizon, 2014.

 
Toulouse, jeunesse, dynamisme. Ce triptyque résume les motivations du Mouvement des Jeunes pour Toulouse. Cette association loi 1901 a été créée par un groupe d’amis étudiants en février dernier. Une idée «un peu folle» explique son tout jeune Président de 21 ans, Etienne Cardeilhac-Pugens : «Nous avons voulu créer un groupe qui fasse entendre la voix de la jeunesse toulousaine sur des questions essentielles, comme les transports, le logement, la sécurité dans notre ville». Une formation en réaction à l’actuelle politique municipale qui pour ces jeunes, «manque d’ambition», «gaspille», à l’image de l’inauguration ratée du tramway, a finalement augmenté les impôts locaux… En clair, les a fortement déçus : «Pendant la campagne électorale, le candidat Cohen nous a promis beaucoup de choses, notamment les transports gratuits pour les moins de 26 ans. Ce qui s’est transformé en abonnement à dix euros. Ce n’était ni plus ni moins qu’une promesse électoraliste mais peut-être que cela sera mis en place quelques mois avant les prochaines municipales pour “grappiller” quelques voix !», ironise Etienne Cardeilhac-Pugens. Exemple similaire avec le tarif spectacle supprimé par la gauche au Capitole : «Nous apprécions beaucoup cette mesure qui permettait de garer sa voiture entre 20h et 8h du matin pour 4 euros dans un lieu sécurisé. La municipalité actuelle a prétexté que cela coûtait trop cher». Même constat amer sur les transports en commun, en non adéquation avec la vie étudiante : «Le métro s’arrête à minuit en semaine et à une heure du matin les vendredis et samedis. Quant au VéloToulouse, Monsieur le Maire nous a dit qu’il étendrait ce service 24h/24h, sauf que ce n’est toujours pas fait» déplore le président du MJT. Autre motif d’insatisfaction sur le logement : «La municipalité a retardé les Zac de Niel et des Ponts Jumeaux, soit 6 000 logements. Quand on retarde des projets immobiliers, le marché devient tendu, les prix augmentent et ce sont les jeunes qui n’ont pas beaucoup d’argent, qui trinquent.»

 

« Le Capitole est devenu une véritable machine politique »

L’insécurité est également dans le collimateur de l’association qui en appelle à la responsabilité du maire : «Les jeunes se sentent de moins en moins en sécurité : à la sortie du métro, des boîtes, dans les rues de plus en plus sombres. Ils subissent l’insécurité tous les jours : cela va des insultes aux bousculades, aux vols de portables, d’Ipod, d’argent, et aux viols, ou aux meurtres pour un simple paquet de cigarettes. C’est scandaleux ! Pendant ce temps, la municipalité supprime les patrouilles de nuit de la police municipale, pensant peut-être que les agresseurs vont gentiment au dodo de minuit à cinq heures du matin, tout comme le recrutement des 70 policiers municipaux que l’ancienne municipalité avait prévu. Le maire a la compétence, et j’ai envie de dire, le devoir d’assurer la sécurité de ces concitoyens» ajoute Etienne Cardeilhac-Pugens qui se réjouit toutefois de la décision bien que tardive, d’installer deux caméras de vidéoprotection en centre-ville : «C’est un début mais je trouve dommage d’avoir attendu si longtemps. On a bien compris que le Capitole est devenu une véritable machine politique mais Toulouse mérite autre chose qu’un parti politique. La position de la mairie est partisane et idéologique. Or nous, tout ce que nous voulons, c’est pouvoir nous promener dans Toulouse en toute sécurité. On se fiche de savoir si c’est la droite ou la gauche».

 

« Pas un “Jeune Pop” bis »

Un inventaire de doléances qui n’est cependant pas sans rappeler celui régulièrement exprimé par un certain Jean-Luc Moudenc. Le MJT soutient d’ailleurs l’action de l’ancien maire de Toulouse mais avec quelques bémols : «Jean-Luc Moudenc fait un réel travail d’opposition constructive notamment avec l’association Toulouse Avenir mais je précise que le MJT est une association indépendante qui n’est affiliée à aucun parti politique. Le MJT n’est pas un “Jeune Pop” bis (Jeunes Populaires UMP, ndlr)» se défend Etienne Cardeilhac-Pugens, qui lui, se positionne au centre-droit. Ce mouvement veut ratisser large. «Nous voulons rassembler tous les jeunes Toulousains qui veulent une alternative audacieuse à la municipalité actuelle et construire un projet d’avenir pour la jeunesse.»

Cap sur 2014

Deux mois après sa création, le MJT comprendrait plus de 150 sympathisants, entre 17 et 25 ans. Son objectif à moyen terme : les prochaines municipales. «Nous avons créé trois commissions : “Vivre à Toulouse, Loisirs, Vie lycéenne et étudiante” et en 2014, nous proposerons un projet jeunesse au candidat de l’opposition.» confie le Président du MJT.
Dans l’immédiat cependant, il va falloir se faire connaître. L’association qui vit de dons, préparerait un événement «de grande envergure» pour juin ou la rentrée de septembre sans vouloir pour l’instant en dire davantage. Quoiqu’il en soit Etienne Cardeilhac-Pugens l’assure : «Nous allons faire parler de nous et sommes motivés pour que ça marche».

Claire Manaud


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.