Midi-Pyrénées; L’envolée du chômage

Les chiffres du mois de février ne sont pas bons pour Midi-Pyrénées même si la région ne fait pas partie des plus mal classées depuis le début de la crise.

 
A, B, C, D, E viennent de remplacer les catégories 1 à 8 de demandeurs d’emploi. Une nouvelle nomenclature basée sur une simplification de la classification. Ainsi, on ne classe plus les demandeurs d’emploi selon leurs recherches mais selon leur disponibilité. Mais qu’ils se rangent dans une case statistique chiffrée ou lettrée, ils sont dans tous les cas de plus en plus nombreux. En février, Pôle Emploi a compté 79 900 demandeurs d’emploi en plus, soit une augmentation de 3,5 % sur un mois et de 19 % sur un an, selon les chiffres publiés le 25 mars par le ministère de l’économie.
En Midi-Pyrénées, «la région crée encore de l’emploi et est moins touchée par les licenciements», constate le directeur régional du Pôle Emploi Yves Dubrunfaut. Mais malgré la bonne santé relative de notre territoire, le chômage n’épargne personne. Les demandeurs d’emploi de catégorie A (en recherche active et sans emploi) sont aujourd’hui 1,05 million, soit 3,4 % de plus qu’en janvier et 16,8 % de plus qu’il y a un an. Le département de la Haute-Garonne enregistre quant à lui une hausse de 3,5 % en un mois. «En février, le Pôle Emploi a enregistré 3 500 demandes de plus. L’évolution est très importante chez les hommes qui sont 27,1 % de plus qu’en février 2007. La population masculine est aussi importante que celle des femmes, ce qui est une première dans la région», explique Yves Dubrunfaut.

 

Une enquête sur les intentions d’embauche

Les jeunes paient aussi les pots cassés de la crise puis-qu’ils sont 29,8 % de plus à pointer aux guichets depuis l’année dernière. Et, une fois encore, les jeunes hommes sont désormais plus présents que les jeunes filles de moins de 25 ans dans les statistiques du chômage de la région. L’emploi en intérim est quant à lui en très forte perte de vitesse, -18,5 %, même si cette baisse n’est que la deuxième en France, juste derrière la Bretagne. L’ancienneté d’inscription des demandeurs d’emploi est en moyenne de moins d’un an et leur entrée au Pôle Emploi est souvent due à la fin d’un CDD ou d’une mission d’intérim, ou à un licenciement économique (+31,4 % en un an).
Et si les chiffres du chômage explosent, ceux des créations de postes ou de proposition d’offres déclinent rapidement depuis plusieurs mois. «L’emploi net créé est seulement porté par deux départements dans notre région : la Haute-Garonne et le Tarn», confie Yves Dubrunfaut. Mais cette prédominance est loin d’être satisfaisante : +1,8 % pour l’un et +0,2 % pour l’autre. «Le recueil d’offres a baissé de 26,9 % en un an et les CDI et CDD sont les plus touchés.» Face à cette situation, le Pôle Emploi de Midi-Pyrénées a décidé de créer des plateformes de prospection car il ne recueille en moyenne que 25 % des offres totales émises, les entreprises privilégiant souvent les annonces dans les journaux ou sur Internet. «Nous avons mené une enquête auprès des entreprises en 2008 pour connaître leurs intentions d’embauche en 2009. On peut déjà dire que le BTP, l’industrie et les services offrent une bonne résistance. Tous les résultats seront communiqués dans les prochaines semaines», annonce Yves Dubrunfaut. Et le temps presse pour les demandeurs d’emploi…

Sophie Orus


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