Merkel – Sarkozy ; Ich liebe dich mir weder

«Je t’aime moi non plus»… Serait, loin des apparences diplomatiques et des bisous de façades, en fait le vrai discours à retenir entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy… Car si pour bien faire, l’on prenait tout au premier degré, la France devrait tout faire comme l’Allemagne. «Mais à quel prix ?» serait la question qu’il serait surtout bon de se poser… Et comme le Président de la République n’est pas né de la dernière pluie, on a du mal à croire qu’il a pris volontiers le rôle du suiveur et finalement d’aller contre nature…

 
C’est simple : la France ferait tout de travers. Nos salaires seraient trop élevés. On ne travaillerait pas assez et surtout on partirait trop tôt à la retraite. Sans oublier que pour nos grands stratèges en économie, la première des raisons de notre faiblesse de croissance serait celle d’un chômage qui pourrait atteindre prochainement les 4 millions de demandeurs d’emploi. Le tout associé à une dette galopante qui s’accentuerait en 2012 avec la bagatelle d’une augmentation de 170 milliards d’euros…  
L’Allemagne, elle, n’a pas fait ce choix. En plus, depuis quelques années, il y a, dans le gouvernement de Madame Merkel, des ultralibéraux qui sembleraient vouloir mener la barque à leur guise. Ce sont, paraît-il, des gens plein de bon sens et il conviendrait assurément de les écouter. A fortiori en période de “crise” avec ce leitmotiv en fond sonore : «Es gibt keine Alternative». Entendez par là qu’il n’y a aucune autre alternative…
Sauf que si l’on examine d’un peu plus près la situation allemande, on pourrait se rendre compte bientôt que tout ne marche pas aussi bien que prétendu. Et qu’Angela Merkel, qui en 2012 sera elle aussi à un tournant politique, pourrait aujourd’hui nous jouer la politique du poker menteur.
Certes le PIB allemand avoisine en 2010 et par habitant, les 36 000 dollars contre 34 000 dollars pour la France. Sauf que les Etats-Unis, particulièrement en difficulté, atteignent les 47 000 dollars, le Qatar, la destination “à la mode” du moment, les 86 000 dollars et de son côté, le Luxembourg près de 81 000 dollars. Mais reste à démontrer quand même si l’on est de fait et pour autant plus heureux en Allemagne ou aux Etats-Unis et même près de trois fois plus au Qatar ou au Luxembourg… qu’en France ? En fait, cela ne serait pas aussi sûr, voire même le contraire, pour bon nombre d’entrepreneurs européens interrogés sur le sujet.  

L’Allemagne serait la championne du plein emploi ?

Oui, mais à quel prix ou plutôt à quel taux horaire ? Car à l’inverse de la France, en Allemagne il n’y pas de Smic comme base minimale des salaires. Si les salaires pour le personnel qualifié sont supérieurs à ceux de la France avec des montants d’environ 35 €/l’heure en moyenne contre 33 € pour la France, ces dernières années, sous l’ère Merkel et sous le prétexte fallacieux de la crise, bon nombre d’emplois non qualifiés sont payés, outre-Rhin, à des tarifs éhontés qui parfois ne dépassent pas les 10€ de l’heure ! Qui, pour contester qu’en Allemagne il y a aujourd’hui plus de 20% de travailleurs pauvres…
Et surtout à y regarder d’un peu plus près, on pourrait simplement se rendre à l’évidence que son “taux de chômage” n’est pas inférieur d’un tiers à celui de la France, comme déclaré trop souvent, mais simplement plus bas d’environ 10 %.

Comment justifier notre admiration béate ?

La dette allemande serait inférieure à la nôtre ? Sauf qu’en valeur absolue et d’après des spécialistes avisés et neutres, elle pourrait être même la plus forte de la zone euro. En France, elle avoisinerait les 1 800 milliards, 1 900 milliards en Italie… En Allemagne, ce sont carrément 2000 milliards ! Bien évidemment, on nous dira que comparé au PIB, on passerait légèrement sous celle de la France… Mais si peu qu’il serait injuste de trop vouloir commenter et justifier une quelconque crédibilité de supériorité par rapport à notre pays. Sans oublier qu’avec une démographie parmi les plus basses d’Europe, l’Allemagne aura dans moins de dix ans, de grosses difficultés pour financer ses retraites.
Quant au triple A, ne serait-il pas lui aussi un leurre pour nous cacher d’autres mauvaises surprises à venir comme l’impossibilité de rembourser une dette de toutes les manières indue car étant le fruit de l’incompétence et de l’irresponsabilité de ceux qui ont empêché les banques centra- les de prêter de l’argent aux États et les laissant de fait entre les mains de banquiers heureux de profiter d’une tel- le aubaine ?
Aujourd’hui, avant de penser croissance et d’avoir une chance de la reprendre, redonnons seulement confiance aux Français…
Et 2012 sera enfin l’année du retour du mieux-vivre et de la paix…



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