Médias; Les télés locales décrochent

Le paysage audiovisuel toulousain se dégage de façon inquiétante avec la suppression du “Six Minutes” sur M6 et l’annonce d’un plan social drastique à Télé Toulouse. L’information de proximité a du plomb dans l’aile.

 
De la neige à la place du traditionnel “Six Minutes” de M6 ? Non, ce n’est pas l’approche des vacances hivernales et des sessions de ski qui ont conduit les journalistes de la “petite chaîne qui monte” à proposer un écran de flocons à 20h45 la semaine dernière, mais bien l’annonce de la suppression de l’antenne locale de M6. En effet, la chaîne, qui prévoit de mettre en place un grand journal national de 20h pour concurrencer TF1 et France 2, a décidé de fermer ses bureaux des Allées Jean Jaurès, mettant en stand-by pas moins de neuf reporters. Les raisons invoquées par la rédaction n’ont pas satisfait les salariés : la concurrence des autres médias locaux, le coût des décrochages et la fin de la publicité sur le service public après 20h qui va pousser les chaînes à débuter leurs programmes dès 20h35… pile à l’heure du “Six Minutes”. Alors que ce rendez-vous quotidien marquait sa différence par un format court, un tout-images et un ton dynamique et frais, M6 joue la carte du conformisme en s’alignant sur ses confrères. Les journalistes toulousains ne savent pas encore s’ils seront reclassés à Paris ou deviendront simples correspondants pour le futur journal national.

 

Télé low cost

Avec une audience de 20 000 spectateurs quotidiens, le “Six Minutes” enregistraient pourtant de bons scores tout comme TLT qui compte pas moins de 500 000 fidèles par semaine. Mais les temps sont durs pour la chaîne locale qui vient de fêter ses 20 ans. Le nouveau directeur général Franck Demay, également directeur des études de l’Ecole de Journalisme de Toulouse, vient d’annoncer un plan social drastique qui prévoit la suppression de 33 des 53 postes actuels d’ici la fin de l’année. «L’ensemble des salariés est consterné devant l’ampleur du plan social à venir et devant le souhait du conseil d’administration de faire de TLT une télévision low cost à 20 personnes», ont précisé les représentants des salariés de TLT. «Si la chaîne locale toulousaine souhaite continuer à répondre aux recommandations du CSA, 20 personnes devront fournir 12 heures de programmes frais chaque semaine.»
Les reporters de TLT paient donc le prix fort d’une conjoncture défavorable à la presse audiovisuelle puisque la chaîne enregistre un déficit de 1,3 million d’euros pour 2007, essentiellement dû au manque de recettes publicitaires. Mais le rôle du journaliste ne se résume pas aux simples comptes d’apothicaire comme le rappellent les salariés : «Toulouse sera toujours inondée d’informations nationales et internationales mais avec de moins en moins d’informations de proximité.» Ironie du sort, ce guillotinage des télés locales à Toulouse intervient à l’heure où le gouvernement envisage de créer sa propre émission sur le service public. La publicité ne devait-elle pas être supprimée des antennes ?

Sophie Orus


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