Médailles olympiques, médailles militaires

C’est avec un goût particulier que la période des Jeux Olympiques s’est déroulée. Dans un premier temps, l’atmosphère qui régnait pour ces jeux était assez désagréable. Beaucoup s’insurgeaient contre des Jeux en chine, pays dans lequel la liberté d’expression n’existe pas, pays dans lequel les exécutions capitales sont nombreuses, pays encore dans lequel les emprisonnements pour délit d’opinion sont courants. Bien sûr à ce moment-là le Tibet occupait le dessus du panier, les défenseurs des droits de l’homme montaient au créneau et se manifestaient. Les interdictions de parler de ce sujet se multipliaient en Chine mais aussi dans la pays occidentaux, y compris la France.Malgré cela, les Jeux ont eu lieu, sans véritable opposition au totalitarisme chinois. Les journalistes présents sur le site n’ont jamais abordé un sujet qui fâche. Mais le fait le plus singulier de ces Olympiades, le plus oppressant aussi, c’est qu’ils se sont déroulés sur fond de guerre. Le jour de la cérémonie d’ouverture, les Russes entraient en Géorgie, avec sa cohorte de morts et d’atrocités. Pas un mot ou presque n’est venu ternir cette cérémonie d’ouverture, les gros titres des journaux et des médias étaient réservés au sport. Bien sûr en Chine rien ne pouvait venir ternir “leurs Jeux” et c’est avec le silence total que cette guerre a été traitée.

 

Ironie planétaire

Malheureusement, ce conflit s’est développé et continue toujours aujourd’hui. Je pense même qu’il n’est pas prêt de se terminer. La diplomatie en particulier de Nicolas Sarkozy a été un succès sur le plan du cessez-le-feu, mais rien n’indique que les Russes obéiront à la demande de retrait. Il faut craindre certainement un état de guerre durable dans cette région du monde. Cette guerre n’est pas anodine car elle concerne directement l’Europe, les Etats-Unis et l’OTAN. Georges Bush a été très ferme et très direct, alors qu’il était encore en Chine, pour dire son refus de voir un pays autonome envahi par un autre, même s’il s’agit de la Russie. Pendant le même temps, la Pologne acceptait au mépris de l’Europe de mettre des boucliers anti-missiles sur son territoire. Tout ceci ne présage rien de bon, même l’ambassade de France en Géorgie a été “occupée” par les Russes un moment. La réplique de la France fut très molle face à un fait aussi grave. La période de ces Jeux a aussi été celle de nos militaires tués en Afghanistan. Triste information, qui rappelle que là aussi la guerre fait rage et que le sport n’y changera rien. J’ai même vu, le jour où cette information est tombée, un athlète Afghan remporter une médaille. Quelle ironie planétaire !

 

Idéal olympique ?

Là encore, même si les médias français ont laissé tomber les Jeux pour faire leurs gros titres de la guerre en Afghanistan, la revue de presse chinoise (et même de pays plus proches) n’a pas montré beaucoup d’empressement à parler de ces faits. Il s’agit pourtant de choses beaucoup plus importante que de savoir si la Chine a fait plus de médailles d’or que tout le monde, ou bien de savoir si les Français vont faire mieux qu’à Athènes. Pour l’instant, les Français ont montré leur courage au champ d’honneur, et rien n’est plus important.Cette période de la fin du mois d’août nous laisse donc un goût amer, un peu comme une gueule de bois. Rien ni personne ne ramènera nos jeunes militaire tués dans ce combat lointain pour la liberté du monde. Rien ne justifiera que des jeunes soit blessés et handicapés pour le restant de leurs jours. Alors le nombre de médailles olympiques importa peu. La seule chose à retenir, c’est le paradoxe de cette jeunesse, d’un côté se battant pour défendre des valeurs de liberté, et d’autres, du même âge, se battant pour un idéal olympique bien mis à mal cette année.Pendant ce temps-là, le Dalaï Lama se promenait en France, un peu comme pour narguer ce monde si fou. Prêchant la non-violence et recevant qui le voulait bien sur le sol français pendant presque toute la durée de Jeux. Dans le même temps, des Américains, des Anglais et autres étaient expulsés de Chine ou emprisonnés car ils défendaient le «Tibet libre».Quel pied de nez à tout ce qui se passe.

 

Patrick Crasnier
www.jazzpote.net


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