Maxime Boyer ; La nouvelle génération en marche

A un mois du scrutin des cantonales, il n’a plus de temps à perdre. Après le désistement de Marie-Hélène Mayeux Bouchard, Maxime Boyer s’est vu propulsé sur le canton IV de Toulouse. A 25 ans, cet étudiant en droit n’hésite pas à bousculer autant ses adversaires que son propre camp. Avec un certain franc-parler, il en appelle à un rajeunissement de la classe politique et à un renouveau pour Toulouse. Soutenu par Marie-Pierre Chaumette, sa suppléante qui est aussi conseillère régionale, il croit à la victoire et à leur duo gagnant au service du canton.

 
Maxime Boyer, qu’est-ce qui a motivé votre décision de vous présenter à ce scrutin ?
Je considère qu’il est important de rajeunir l’échiquier politique, à gauche comme à droite d’ailleurs. Regardez Pierre Izard : il est conseiller général depuis 1967. Plus de 40 ans ! Même s’il s’est beaucoup investi pour ce département, il faut de nouvelles idées, de nouvelles ambitions, une nouvelle vision de l’avenir. Un peu de bleu dans tout ce rose ! Face à la grisaille politique ambiante qui ne donne pas forcément envie d’aller voter, nous avons besoin de cette bouffée d’oxygène, nécessaire à notre démocratie. Les gens ne se sentent pas représentés. Or il faut les intéresser à ces élections, sinon, on se retrouve avec des élus à 40 %, 50 % de taux de participation. Ce n’est pas sain, d’où mon engagement.

Malgré tout, vous n’avez que 25 ans. Ce n’est pas un peu jeune pour un mandat toulousain ?
Effectivement, certains pourront dire que c’est un âge assez atypique pour se présenter sur un canton purement urbain. Il est vrai qu’en général, les cantons toulousains ne sont pas trop à la disposition des jeunes de 25 ans qui veulent, essayer en tout cas, de s’investir en politique.
On peut aussi me critiquer sur mon inexpérience, c’est une réalité. Mais je veux apprendre, et avoir Marie-Pierre Chaumette comme suppléante, permet une complémentarité des expériences et des idées politiques. Marie-Pierre étant conseillère régionale, si je suis moi-même élu conseiller général, je suis sûr que cela ne peut qu’accroître les possibilités de développement du canton.

Pourquoi le canton IV ?
Parce que c’est le quartier dans lequel j’ai toujours vécu. J’y ai fait toute ma scolarité : d’abord à l’école maternelle du Béarnais, au collège Claude Nougaro ensuite, puis au lycée Toulouse Lautrec. Aujourd’hui je suis étudiant en Master de droit et d’économie à Toulouse 1 Capitole, donc je crois pouvoir dire que je connais les problématiques de ce canton au quotidien. Et puis je n’oublie pas que c’est ici que Dominique Baudis a commencé sa carrière politique.

Etre efficace et pragmatique

Vous avez dû remplacer au pied levé Marie-Hélène Mayeux Bouchard. Cela a-t-il été un handicap pour vous dans cette campagne ?
Oui. En fait, j’ai été candidat en juin dernier. Pendant un an et demi j’ai travaillé mon canton, j’ai fait du porte à porte. Et puis au dernier moment, alors que tout le monde me soutenait, Marie Hélène Mayeux Bouchard a souhaité être candidate. Elle a gagné en investiture au sein du comité départemental mais s’est finalement retirée pour des raisons que je ne commenterai pas. C’est bien dommage parce que j’ai perdu six mois précieux de campagne. Mais je ferai tout pour obtenir le meilleur des scores pour que ce canton revienne à droite ; d’autant que l’actuelle municipalité déplaît énormément. L’objectif est d’être efficace et pragmatique sur le très court terme mais il y a 35 590 habitants sur ce canton, 19 000 électeurs, et je vous avoue qu’en un mois et demi, ce n’est pas simple.

C’est le métier qui rentre ?
Oui. Je pensais gagner, mais elle (Marie Hélène Mayeux Bouchard, ndlr) a été meilleure. Elle connaissait des rouages politiques que je ne maîtrisais pas suffisamment. Aujourd’hui j’ai compris un certain nombre de choses. Il faut des échecs pour avancer. Cela fait du bien aussi.

Aujourd’hui, vous avez aussi de nombreux soutiens…
Oui. Tous les partis associés à la majorité présidentielle (UMP, MPF, Gauche Moderne, Parti Radical Valoisien et Nouveau Centre), des personnalités politiques comme Marie Pierre Chaumette, Dominique Baudis, Jean-Luc Moudenc, Christian Raynal, mon Directeur de campagne, François Chollet, ancien maire de quartier, et Alain Chatillon, notre sénateur, me soutiennent en effet. Je suis content parce que j’arrive à tous les rassembler derrière moi.

La division, ça suffit

Quel bilan faites-vous du conseiller général sortant Jean-Michel Fabre ?
Vous avez là un conseiller général qui est à la fois conseiller communautaire – certes il n’est pas élu mais cela reste quand même une mission ainsi qu’une indemnité… adjoint au maire, président de l’office des HLM… Personne n’a le don d’ubiquité et lorsque l’on cumule un certain nombre de mandats, on est moins disponible sur le terrain. Or il faut être à la disposition des citoyens. Je ne vois pas non plus de nouveaux grands projets pour Toulouse.
Tout ce qui est mis en œuvre aujourd’hui, ce sont des projets que l’ancienne municipalité avait dans les cartons. Voilà pourquoi c’est à nous d’inventer, pour que notre jeunesse ait envie et les moyens de rester à Toulouse.

L’après cantonales, vous y pensez le matin en vous rasant ?
J’y pense, oui ! (Rires) Si je perds, je compte continuer à m’investir sur ce canton en vue des territoriales. On n’a pas forcément besoin d’être élu pour servir les gens. Qui plus est, je n’aime pas voir des candidats arriver, perdre et disparaître. Et puis la droite toulousaine a besoin de créativité. La division, ça suffit. Il faut s’unir et ceux qui ne le veulent pas, n’ont qu’à prendre la porte. Tout simplement.

Propos recueillis
par Claire Manaud

Toulouse IV : Amidonniers, Minimes,
Compans Cafarelli, Béarnais,
Sept Deniers, Ponts Jumeaux, Héraclès.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.