Marwen Trabelsi, l’artiste en mouvement

Il est inclassable… Dans le domaine de l’art, c’est un touche à tout.
Respectivement- et de plus en plus souvent en même temps – peintre, photographe, et désormais cinéaste, metteur en scène («Maman est une étoile», ce court métrage dont il est l’auteur, réalisé avec l’aide d’un caméraman professionnel et d’une équipe de vingt personnes sort le mois prochain), ce jeune artiste tunisien de 28 ans,est encore étudiant et réside près de sa famille à Nabeul, capitale de la poterie, des tailleurs de pierre, également capitale du Cap Bon où la vie est douce et où toutes les formes de l’art s’expriment librement.
Interview vérité. A bâtons rompus…

«Maman est une étoile», est votre dernier né, votre dernière expérience…
Comme toutes les expériences, elle est enrichissante car unique et sacrée.

Votre autre actualité ?
Je viens de participer à 3 expositions de photographies en Libye…

La vie ?
La vie est un théâtre…Chacun d’entre nous joue un rôle… Je suis très attentif et très observateur du quotidien des gens, de leur façon de jouer la vie !

 

Quelle importance a l’imaginaire pour vous ?
Petit je jouais avec des billes et je construisais déjà un monde avec…Tout est possible avec l’imaginaire, ne le refusons pas !

Qu’est ce que la poésie ?
La poésie est partout, même dans l’agressivité…
Un ressenti très fort dans votre histoire …
L’odeur du bois brûlé à la campagne et dans la ville. Cette odeur est pour moi déclencheur de souvenirs…

Vous voyagez ?
Me souvenir de cela précisément est déjà un voyage…

L’amour ?
L’amour, pour moi, c’est voir la vie en couleurs !

L’amitié ?
C’est le début de l’amour, c’est être là quand il faut, sans faire de bruit…

Sucré, salé ?
Sucré, surtout le chocolat.

Votre peintre préféré ?
Dali

L’art ?
C’est une réflexion avant tout, une réflexion sur tout, une remise en question permanente de soi même et de tout…

La liberté ?
C’est sentir sur soi l’air frais de la mer… On a le doit de tout faire, en homme libre, mais sans faire de mal à l’autre, au niveau des actes. Les paroles sont une forme d’art… Mais il faut les utiliser à bon escient car elles peuvent parfois tuer… Un mot peut faire très mal…

Un message dans votre œuvre ?
Que ce soit en peinture, par la photo, ou à travers le cinéma, il faut toujours faire passer la charge émotionnelle, si on veut réussir ce que moi j’appelle le « message »

C’est-à-dire l’interpellation de l’autre ?
Exactement…

La joie ?
Je crois que la joie est en relation directe avec le partage.
La solitude de l’être en général, de l’artiste en particulier ?
Je suis très solitaire, cela a parfois du bon, pour la création… Mais j’aime aussi le contact, les rencontres, c’est ainsi ! La vie est faite de dualités. Pour tout. On est toujours à la recherche et à la découverte de soi même… Jusqu’à la mort, je me poserai des questions…

L’avenir ?
C’est la suite de plusieurs vécus… Je vois l’avenir dans un ensemble de choses qui s’intercalent ! Parfois on est conscient de certaines choses, on les ressent très fort, parfois on est inconscient et ce n’est pas plus mal, cependant on risque de passer à côté de choses essentielles.

L’affection, le plaisir…
Rien n’est à négliger, tout est à considérer, à saisir, à prendre… L’affection de quelqu’un ou pour quelqu’un est indispensable… Quant au plaisir, le plaisir physique est l’expression même de l’être.

Qu’aimeriez vous être, comme cela, pêle-mêle, sans trop réfléchir ?
Un héros mythologique, ou un héros du 16e ou 17e siècle, une rose blanche, un rouge gorge ; on est dans une évolution continuelle, il faut une sorte d’adaptation perpétuelle.

C’est ce qui fait la richesse de l’être ?
Exactement…

La famille, les racines ?
La famille, c’est très important, c’est toujours le point de repère pour chaque personne… Ne l’oublions pas ! Pour ce qui est des racines, si on peut maîtriser le passé, on peut maîtriser le présent et donc l’avenir ! Mais il ne faut pas de nostalgie larmoyante car chaque situation ne se répète jamais vraiment 2 fois de la même façon…

On ne peut donc vivre 2 fois la même chose ? On ne traverse pas 2 fois le même fleuve ?
Non car ce ne sera pas avec la même intensité. C’est pour cela qu’il faut prendre et saisir l’occasion, les choses ne se représentent jamais 2 fois de la même façon…

L’enfant est le père de l’homme…
Oui, et c’est là notre fierté ! L’homme qui a été créé et qui va créer à son tour…

On devient ce que l’on est…
Oui ! La personne la plus vraie, c’est la personne la plus créative !
Si vous étiez doté soudain d’un grand pouvoir magique ?
Alors que tout devienne de l’art… Chaque petite parcelle. L’art, ce n’est pas un savoir faire, ce ne doit pas être seulement un passe temps, c’est un mode de vie ! On peut soigner par l’art, toute forme d’art est thérapeutique, dès lors qu’elle s’exprime librement, l’art n’est pas une souffrance, il peut résulter d’une souffrance et aider à guérir cette souffrance…Il est subjectif, c’est une charge émotionnelle constante, chaque être est spécifique, unique en lui-même…

Votre saison préférée ?
L’été… car tout paraît intense, la lumière, la température, les odeurs… Les nuits sont plus courtes. J’aime vivre les choses rapidement et intensément, même si elles durent peu de temps, il ne faut pas s’accrocher à ce qui disparaît…

Un moment fort de votre vie ?
Quand ma grand-mère, qui a beaucoup compté pour moi, est décédée, une situation dramatique pour moi…

Qu’aimeriez vous encore dire pêle-mêle…
La vie est simple dans sa complexité et complexe dans sa simplicité…

Si je vous dis, qu’après l’obscurité, vient toujours la lumière !
Il faut toujours espérer… Même après la mort…C’est pour cela que j’aurai toujours des projets.
      

Propos recueillis par Tony Cassarino



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