Martin Malvy ; « Mes adversaires ont du mal à contester ma politique »

Fort de deux mandats nationalement reconnus, le Président du Conseil Régional sortant, Martin Malvy, a pris la campagne à bras-le-corps. A 74 ans, il s’enorgueillit d’avoir l’expérience et les compétences pour poursuivre les politiques déjà mises en place par son équipe. Politiques qui permettent à Midi-Pyrénées de se placer au cinquième rang des régions les mieux gérées de France. Bilan et perspectives, à quinze jours du premier tour.

 
Martin Malvy, vous vous présentez aujourd’hui pour un troisième mandat. Qu’est-ce qui vous motive encore ?
La poursuite. La poursuite de ces bons résultats. Dans un moment particulièrement difficile, parce que nous sommes dans une période de crise, j’ai estimé qu’il ne serait pas bon pour la région, de rompre un bilan. Un élan a été donné et, aujourd’hui, si je m’arrête, si je ne peux pas poursuivre ma politique, cela voudra dire que quelqu’un d’autre devra tout recommencer à zéro et essayer de dominer l’institution que j’ai déjà apprivoisée. On perdrait du temps ! Et puis quand je les ai interrogés, mes amis m’ont dit : «Il faut repartir». Les quatre ans qui viennent vont être des années dures, il faut y être. Donc j’y vais.  

Vous êtes confiant ?
Confiant oui. Et bien déterminé à gagner. Mes adversaires ont du mal à contester la politique régionale qui a été mise en place. Cela prouve, un, qu’ils reconnaissent que j’ai construit une politique régionale. Et deux, qu’ils reconnaissent, compte tenu des moyens qui sont ceux de la Région et de ses compétences, qu’il s’agit d’une politique de l’efficacité. Un, deux, trois mandats, cela ne compte que pour mes adversaires. Ils n’ont, dans cette campagne, que de mièvres arguments. Un troisième mandat, et alors ? Ce n’est pas interdit ! Ils parlent des dépenses de communication. Ah oui ? Il y en a, en pourcentage du budget, deux fois moins que lorsque je suis arrivé à la Région. Autrement dit, cette contestation de la politique régionale est insignifiante.

 

Une politique de progrès, de solidarité

Vous parlez beaucoup de continuité, est-ce votre mot d’ordre ?
Quand beaucoup m’ont demandé d’être candidat aux dernières municipales à Toulouse, il y a 2 ans, j’avoue que cela m’aurait intéressé. Mais je n’y suis pas allé car, précisément, cela n’aurait été que pour faire un mandat et en un mandat, on ne réalise pas. Il en faut au moins deux pour véritablement mettre en place une politique. Il faut du temps pour que des projets portent leurs fruits et qu’ils puissent être concrétisés.

La région toulousaine est gérée par les socialistes à 100 %, que ce soit à la mairie de Toulouse, au département ou à la Région. Pensez-vous que les électeurs pourraient vous le faire payer puisque les régionales sont les élections qui suivent directement cet état de fait ?
Non, je ne pense pas. Les électeurs ont envie que ça marche. Ils en ont ras-le-bol des politiques paillettes, de ceux qui leur font des annonces sans tenir leurs engagements… Moi, j’ai tenu toutes mes promesses. Je suis même allé au-delà des engagements. Je crois qu’il faut donner à la politique une image de sérieux et le fait que la mairie de Toulouse, le Grand Toulouse, le Conseil Général et la Région, ainsi que sept autres départements, partagent la même philosophie politique, me facilite grandement le travail. J’entends dire, ici ou là, qu’il existe des problèmes entre Région et Départements et je tiens à dire que ce n’est pas le cas.

Christian Picquet (candidat du Front de Gauche, ndlr) vous accuse d’être trop attentiste, de ne plus faire partie de la gauche de combat ?
Nous n’élisons pas le Président de la République, ni l’Assemblée Nationale. Il faut que Mr Picquet comprenne que nous n’allons pas abattre le capitalisme international à partir du Conseil Régional de Midi-Pyrénées. Je pense que j’ai pratiqué une politique de gauche, de progrès, de solidarité. D’ailleurs, j’ai fait deux mandats avec des élus communistes qui ont partagé intégralement le programme qui était le mien. C’est l’une de mes fiertés. Pendant ces deux mandats, et je veillerai à ce que cela dure, il n’y a pas eu de dissociation au sein de la majorité régionale. Vous n’avez jamais entendu, à l’extérieur, de querelles. Il y a parfois eu des discussions sur des projets mais nous nous sommes toujours accordés. Nous allons élire une équipe qui sera là pour porter Midi-Pyrénées un peu plus loin. C’est une région qui dispose d’atouts formidables, il faut donc aller de l’avant, poursuivre les politiques que nous avons mises en place et qui ne sont pas contestées.

 

Rassembler la gauche au second tour

Avec la même équipe ou, s’il y a deuxième tour pour le PS, allez-vous élargir votre majorité ?
Je pense qu’il y en aura un… Je serais surpris qu’il n’y ait pas de deuxième tour pour nous… J’ai clairement dit, dès le début de la campagne, il y a quatre ou cinq mois, que je souhaitais rassembler l’ensemble de la gauche sur une liste unique. Cela n’a pas été possible, chacun a choisi sa liste. Au second tour, mon objectif sera encore de rassembler la gauche.

Considérez-vous le MoDem proche de vous ?  
Pour l’instant, je ne les connais pas. Je ne les ai pas vus, je ne sais pas où ils sont. Je ne sais pas ce qu’ils feront comme résultats.

D’après les sondages, les Midi-Pyrénéens ne semblent pas se passionner pour les régionales. Pensez-vous qu’ils ne mesurent pas l’importance des compétences du Conseil Régional ?

Je suis un peu sceptique quand on dit que les électeurs ne sont pas intéressés. Avant chaque élection, il est dit la même chose. Je ne me souviens pas que l’on ait dit qu’une élection passionnait les foules. Évidemment, quand on interroge les gens à un mois des élections, ils ont d’autres préoccupations, surtout aujourd’hui. Moi je suis surpris, dans cette campagne précisément, de l’affluence dans nos réunions. Nous étions à Luchon, il y a peu, et près de 500 personnes étaient là, il en a été de même à Balma… Sur l’ensemble, ce sont des réunions où beaucoup de monde se rend. Je pense donc que les gens s’y intéressent plus qu’on ne l’imagine. En tout cas ceux qui sont sensibilisés à la vie politique.

 


A Montauban, ça « douille »

La plupart de vos adversaires ont pensé à vous souhaiter un bon anniversaire (le 24 février, ndlr) par communiqués interposés mais cette attention visait surtout à rappeler que vous fêtez vos 74 ans et que, même en politique, il faut penser à la retraite. Que leur répondez-vous ?
Je pense que mentalement, je suis plus jeune que beaucoup d’entre eux. Ils sont vraiment vieux-jeu. Ils n’ont vraiment rien à dire et cela m’inquiète parce que, lorsqu’ils auront mon âge, ils seront vraiment catastrophiques (rire)… Aucun de nos concitoyens ne m’a parlé de mon âge pendant la campagne électorale. Au contraire, on me dit : «Vous en faites trois fois plus que les autres».

Gérard Onesta, lors d’une conférence de presse, vous a même préparé un cadeau par média interposé. Il s’agit d’une liste de propositions que lui ont faites les électeurs lors de rencontres sur le terrain qu’il vous reproche de ne pas fréquenter assez.
Les autres candidats, on ne les voit pas. On voit de temps en temps Gérard Onesta, Mme Barèges… Moi je suis sur le terrain depuis le début du mandat et pas seulement depuis le lancement de la campagne. Je les trouve très faibles dans leurs contestations. Je ne peux quand même pas leur demander de me décerner une médaille d’honneur avec trois étoiles. Des gens, des concitoyens, j’en rencontre et même, ils m’arrêtent et me disent que ce que je fais est bien.

Comment avez-vous reçu le classement du magazine L’Expansion qui vous classe 5e des régions les mieux gérées de France, même s’il est mentionné une fiscalité un peu lourde ?
Je n’ai pas vu ce classement. Quant à la fiscalité régionale, elle représente 2 % de la fiscalité nationale. Ainsi, lorsqu’elle augmente de 5 %, cela équivaut à 0,000 quelque chose… La fiscalité de notre Région, comme celle de toutes les collectivités, est plus élevée que la moyenne nationale. Tout simplement parce que nous avons des bases plus faibles. Que ce soit les départements ou les grandes villes. Allez donc voir la fiscalité de ma concurrente UMP, Mme Barèges à Montauban, depuis 6 ans. Elle est supérieure à celle de la Région et je peux vous dire que ça “douille”. La région c’est 7 % de fiscalité ; ce qui doit représenter 3 € par habitant à peu près. A Montauban, elle représente 120 ou 130 € par habitant en moyenne.

 

Aller plus loin

L’agenda 21 est également reconnu outre Midi-Pyrénées en matière d’environnement. Est-ce que c’est LA fierté de vos précédents mandats ?
Comme toujours, il y a ceux qui découvrent, comme une poule qui découvre un œuf, les politiques environnementales qui ont été engagées avec l’Agenda 21. Moi je les vois tous les jours sur le terrain. Hier encore, j’étais en Aveyron, chez des agriculteurs, où j’observais une technologie de l’ensilage à partir d’équipements solaires, ça c’est du concret ! Nous pratiquons cette politique et la soutenons depuis maintenant 4 ou 5 ans. Quant à la méthanisation en agriculture et la transformation en électricité des effluents de la ferme, nous avons maintenant 6 à 7 équipements dans la Région. Tous ces exemples sont des plans régionaux que nous avons déjà mis en œuvre et qui ont porté leurs fruits. C’est cela, l’Agenda 21.
Mais je n’éprouve pas particulièrement de la fierté car il fallait le faire. Nous sommes rentrés depuis maintenant 4 ans dans les nouveaux matériaux avec l’association recherche et laboratoire, et l’on entre maintenant dans l’espace, les éco-industries, l’alimentation/santé et, de la même manière, nous avons anticipé sur le développement durable dès 2002. Cela ne date pas d’hier. Aujourd’hui, nous avons des résultats concrets des politiques que nous avons mises en place. Le bâtiment économe par exemple, est une preuve concrète de ce que j’avance. Je peux amener quiconque voir les opérations que l’on a lancées sur le bâtiment à énergie positive, les contrats de rivière, les réseaux collectifs chaleur/bois…

Qu’est-ce que vous n’avez pas eu le temps d’accomplir et que vous souhaiteriez réaliser lors d’un troisième mandat ?
Question très difficile parce que la politique régionale est large, elle s’applique à beaucoup de domaines. En matière de formation et d’éducation, je voudrais que l’on achève la modernisation, l’adaptation des lycées et le passage au numérique, ce qui est aujourd’hui très engagé. En matière d’économie, je souhaite que l’on met-te véritablement en place la recherche appliquée et le lien entreprise/ recherche sur les métiers de demain. Nous avons déjà lancé les procédures. Nous avons 5 à 6 secteurs comme la technologie de l’espace appliquée en matière de service et d’industrie, l’éco-industrie, les relations alimentation/santé, les nouveaux matériaux… pour lesquels nous avons d’ores et déjà lancé des appels à projet, inscrit des crédits à hauteur de 12 millions d’euros sur 2 ans. En matière de transport, il nous faut poursuivre le plan rail et enfin, obliger la SNCF à remplir les objectifs que nous lui avons assignés. C’est la raison pour laquelle j’ai confirmé à Mr Pépy que nous maintenons notre recours auprès du tribunal administratif pour savoir si elle met effectivement les moyens pour répondre à la convention qu’elle a signée avec nous. Je sais bien que quand 5 % des trains arrivent en retard, ce n’est pas beaucoup par rapport aux 100 000 qui circulent par an, mais pour celui qui le prend…

Vos précédents mandats restent un atout dont ne disposent pas vos adversaires…
Mon objectif est de poursuivre cette politique menée jusqu’à aujourd’hui et même d’aller plus loin. Et je ne voudrais pas que pour des raisons ou pour d’autres, on en dévie car ce n’est pas un problème de nombre de mandats, c’est un problème de poursuite d’une politique… surtout dans une collectivité territoriale. Ces politiques sont longues à élaborer, il faut élaborer des concertations comme celles que nous avons eues. Sur les schémas d’aménagement du territoire et de développement économique, nous avons organisé plus de 450 rencontres, ce qui représente plus de 16 000 personnes, et il faut absolument, pour la Région, que l’on continue. Et dans 4 ans, nous aurons ancré ces politiques dans la vie régionale.

Propos recueillis
par Séverine Sarrat

Retrouvez tout le programme
de “Pour vous une région forte”
sur : www.martinmalvy.com


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