Marasme économique… ; Peut-on s’en sortir ?

Pour Claude Lévi-Strauss «Le savant n’est pas l’homme qui fournit les vraies réponses, mais celui qui pose les vraies questions.» Et dans cette campagne des Présidentielles, force est d’accepter que l’on a à faire à plus de postures de savants, capables de répondre à tout…

 
Qu’à des interlocuteurs dont le rôle devrait être pourtant de poser les bonnes questions, afin d’avoir un espoir de trouver les bonnes solutions. Probablement que nos candidats à cette présidentielles ne s’imposent pas cet-te logique de peur de se voir exposés à répondre avec justesse au problème qu’ils auront soulevé, pour ne pas dire plus ? Sauf que si eux-mêmes ne cherchent pas à soulever les bonnes questions, cela veut simplement dire que bon nombre de conseillers, de Ministres etcetera, sont dans la même situation. D’où ce constat amer que l’on semble aller droit dans le mur, sans que personne n’ait le courage ou la volonté de dire “Stop”. De faire la pause nécessaire et salutaire qui imposera de fait le constat, la réflexion et dégagera les vraies questions. Dans la majorité présidentielle on saura vous parler du verre à moitié plein. Alors que dans le même temps dans l’opposition, on philosophera sur le verre à moitié vide. Chaque camp pensera avoir satisfait ses supporters mais dans la réalité, on aura fait du surplace, pour ne pas dire, reculé. Et quelque soit le domaine abordé, les mêmes maux sont à relever sans qu’aucun de nos leaders politiques ne semble avoir envie ou être capable de poser les bonnes questions.

L’économie, nerf de la Guerre…

Et sur le plan de l’économie, les carences sont encore plus pernicieuses qu’il n’y paraitraît au premier profane venu. On le sait, dans un premier temps, la reprise économique mondiale, n’a été permise que par l’injection colossale de dépenses publiques dans un circuit économique pourtant toujours plus fragilisé. Les USA comme la Chine n’ont pas fait exception à la règle et ont même été des précurseurs en la matière. Un seul continent, l’Europe, semblait vouloir rester en retrait, comme si trouver le chemin de la croissance n’était plus sa priorité politique. Le voilà même qui, pour se donner bonne conscience et calmer une opinion publique toujours plus agacée de voir qu’elle est seule à subir les effets de la crise, décidait de donner “sa réponse” à l’inquiétude générale. Désormais il s’attaquerait officiellement, la France et l’Allemagne en tête, aux déficits publics. Sauf qu’oubliant de se poser les bonnes questions, les dirigeants européens permettaient dans le même temps, aux marchés financiers de spéculer sur les dettes souveraines de leurs pays respectifs. Et alors, on dé- couvrait que l’Europe était de fait prise dans son propre piège institutionnel. A savoir que les États doivent emprunter auprès d’institutions financières privées qui elles, obtiennent des liquidités à bas prix… de la part de la Banque Centrale Européenne. Un comble, une ineptie qui va favoriser à notre détriment les marchés et leurs fameuses agences de notations. On a donné à ces derniers la clé du financement des États et ils sauront profiter d’un man-que chronique de solidarité européenne pour susciter la spéculation.

Les retraites…

Les réponses des Etats, dont la France seront d’allonger le nombre d’annuité avant de pouvoir bénéficier de sa retraite, revoir même le temps de travail hebdomadaire. Sauf que la vraie question est de savoir pourquoi l’on ne fabrique quasi plus aucun produit de première nécessité comme de confort en Europe. Pourquoi tout notre savoir faire industriel, notre intelligentsia servent-elles aujourd’hui à d’autres pays, pour en retour nous envahir de leurs productions ? Qui pour m’expliquer comment un pays comme la Corée du Sud, avec 50 millions d’habitants, qui ont des salaires et un pouvoir d’achat équivalents aux nôtres, se retrouve être aujourd’hui le premier constructeur naval au monde, devant la Chine ? Voilà peu c’était pourtant une spécialité française, non ? Sans oublier que la Corée est aussi le premier fabricant mondial pour tout ce qui concerne l’électronique, la construction automobile, la sidérurgie, la fabrication de dalles pour écrans à cristaux liquides, de téléphones mobiles etc… Alors qui pour se poser la bonne question ?

Un chômage inéluctable

Oui, la réponse économique la plus logique serait d’accepter que le chômage et donc la précarité de l’emploi se développeront nécessairement dans les années à venir. Et ce ne sont pas des mesures restrictives sur des catégories de personnels comme à titre d’exemple les fonctionnaires voire même les restaurateurs qui apporteront une bouffée d’oxygène à d’autres professions et encore moins aux ménages européens. Les spécialistes vous diront que c’est même le contraire qui va se passer. Ces mesures sont irresponsables d’un point de vue politique, social et même au strict plan économique. Plus, cette politique de la réponse à tout, attisera à terme les tensions en Europe et menacera de ce fait la construction européenne elle-même, qui, rappelons-nous est bien plus qu’un projet économique. En effet, à sa construction, l’économie était censée être au service de la construction d’un continent démocratique, pacifié, uni, exemplaire, une locomotive en tous domaines.  
Sauf que les arguments avancés depuis trente ans pour orienter les choix des politiques économiques européennes sont mis en défaut et taillés en brèches par les faits eux-mêmes. La crise a mis à nu le caractère dogmatique et infondé de la plupart des prétendues évidences répétées à satiété par les décideurs et leurs conseillers. Qu’il s’agisse de l’efficience et de la rationalité des marchés financiers, de la nécessité de couper dans les dé- penses pour réduire la dette publique, ou de renforcer le “pacte de stabilité”. Il faut interroger ces fausses évidences et montrer la pluralité des choix possibles en matière de politique économique. D’autres choix sont possibles et souhaitables, à condition d’abord de desserrer l’étau imposé par l’industrie financière aux politiques publiques. Sinon, on prend le risque d’enclencher une dynamique de repli sur soi, généralisé. Il ne faut plus tarder pour se donner les moyens d’avancer vers un véritable gouvernement économique et une solidarité européenne. Il faut oser mettre en débat plusieurs mesures en commençant par développer une vraie fiscalité européenne par exemple sur la taxe carbone, sur les bénéfices des personnes comme des entreprises… Créer un véritable budget européen pour aider à la convergence des économies et tendre dans les divers États membres vers une égalisation des conditions d’accès aux services publics et sociaux, ceci sur la base de meilleures pratiques. Lancer un vaste plan européen, financé par souscription auprès du public à taux d’intérêt faible mais garanti, pour engager la reconversion écologique de l’économie européenne.
Mais peut-être que la seule question qui vaille d’être posée aujourd’hui serait de savoir si le salut ne passerait pas par une refonte totale de l’Union Européenne. Ceci afin de rompre les pouvoirs technocratiques qui depuis trois décennies n’ont fait que nuire à son épanouissement.
La question est posée…



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