Manu Larrouy; Un Toulousain à la cool

Son nom ne vous dit peut-être pas grand-chose mais vous connaissez à coup sûr son premier single, “Mec à la cool”, qui inonde les ondes de radio et de télévision. Et vous l’avez certainement aperçu déambulant dans les rues de la Ville rose sur une scène itinérante fixée à un camion. Trentenaire toulousain, Manu Larrouy débarque enfin avec sa guitare et des tubes qui vous feront voyager.

 
Manu, comment se sont passés vos concerts sur un char dans la Ville rose il y a quelques jours ?
C’était top ! Heureusement, le temps était de la partie alors que ce n’était pas gagné le matin. Quand on est monté sur le char, tout s’est calmé. On a construit une scène sur un 38 tonnes en démontant l’arrière du camion. On a pu déambuler dans la ville, des Minimes au Virgin puis place du Capitole, place de la Daurade avec un concert de 40 minutes. Enfin, on a fini place Saint-Pierre avec des invités avant de retourner aux Minimes.

Pourquoi une telle démarche ?
Cette initiative a l’avantage d’être originale. Je crois que c’est la première fois qu’un concert se joue sur une scène itinérante, à part les prestations de DJ’s. De plus, il était difficile dans Toulouse de passer à côté de ma musique ce jour-là donc c’est un très bon moyen de se faire connaître. On voyait les visages étonnés, comme si nous étions sur un OVNI mais après les gens ont bien participé…

Vous êtes originaire de Toulouse. Quel fut votre parcours avant d’enregistrer votre premier album “Mec à la coule” ?
Je suis parti de Toulouse après le Conservatoire pour enregistrer une démo, “Intérieur bouts d’ficelle”, sur Paris en 2003. J’ai rencontré Mathieu Chedid et d’autres qui m’ont permis de signer mon premier contrat chez Warner avant d’être élu révélation des Francofolies de La Rochelle. J’ai été repéré notamment par Diam’s suite à la diffusion d’un super reportage de 52 minutes sur les Francofolies, “Bêtes de scène”, réalisé par François Pécheux. On y voit un portrait croisé entre Diam’s, Cali… et moi ! Mélanie (Diam’s, ndlr) m’a découvert à ce moment-là et a décidé de suivre mon travail pendant deux ans. Après le single “Mec à la coule”, elle m’a signé en major et permis de sortir mon album.

 

« Un monde de plus en plus aseptisé »

Comment s’est passée l’écriture de ce premier disque ?
Je suis auteur-compositeur-interprète donc je prépare tout chez moi avant de rentrer en studio pour enregistrer avec d’autres musiciens. C’est ce que j’ai fait sur ce disque, à Londres.

Vous avez lancé une campagne de promotion pour votre single sur Internet mais elle a été censurée. Pourquoi ?
Je pense qu’aujourd’hui, avec la crise, il y a une certaine forme de censure qui s’installe pour éviter certaines erreurs. Dans mon cas, il s’agit d’un détail, d’une anecdote mais on vit dans un monde de plus en plus policé et aseptisé. C’est dommage car les dérives peuvent être dangereuses. Heureusement, mon album est sorti normalement !
Il est vrai que le titre éponyme de votre album, “Mec à la cool”, est plutôt engagé, surtout dans le refrain : «Moi qui suis ni pd, ni juif, ni vendeur de spliffs, ni fils de, ni franc-mac, ni rebeu, ni black, ni blond aux yeux bleus, ni roi de la banlieue, mais un autre genre de moule, juste un mec à la cool»…
C’est l’idée de la chanson : enlevons toutes ces étiquettes qui nous collent à la peau et que reste-t-il ? Notre libre-arbitre et, pour moi, un mec à la cool ! On a tendance aujourd’hui à nous mettre dans des cases dans lesquelles je ne me reconnais pas, ça nous divise plus que ça nous rassemble. C’est la même chose dans les magasins de musique : on est classés dans les bacs selon telle ou telle catégorie.

 

« Nostalgique de Toulouse »

Justement, on sent dans votre musique des influences reggae à la Tryo mais on retrouve également de jolies mélodies comme sur le titre “Les ponts”…
Je pense que l’humain est fabriqué comme ça. On est riche de plein de choses même si chacun conserve sa propre personnalité. On peut à la fois écouter et faire du reggae, du rock, de la pop… C’est comme dans la vie : un jour on est heureux, un jour on est en colère ou un autre on est amoureux… Nous sommes faits de pleins d’émotions et de cultures et la musique, c’est retranscrire tous ces mélanges, toutes les facettes du personnage.

Vous avez aussi écrit votre propre chanson sur Toulouse, qui est très différente de celle de Nougaro…

C’est la première chanson que j’ai écrite en arrivant à Paris car j’étais très nostalgique, même si j’ai quitté Toulouse dans une période sombre, après l’affaire Baudis et AZF. Mais finalement, le manque de Toulouse l’a emporté sur la noirceur des années 2000. J’ai voulu écrire ma propre chanson avec des codes plus modernes, avec mes mots.

Que représente Toulouse pour vous aujourd’hui ?

J’ai la chance de pouvoir y revenir souvent. Aujourd’hui, les travaux sont terminés et la ville a enfin pris forme. A chaque fois, je suis bien accueilli et ça reste chez moi.

Quels sont vos projets ?

On va faire avec mon équipe tous les festivals cet été puis en tournée à l’hiver prochain. Je continue à écrire tous les jours sans penser forcément à un nouveau disque.

Propos recueillis
par Sophie Orus




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