Manifestation ce jeudi Les étudiants en psychomotricité en colère

Ce jeudi 9 février, un rassemblement des étudiants en psychomotricité est prévu Place du Capitole à 12h30. Les membres de l’ANEP (Association Nationale des Etudiants en Psychomotricité) et plus particulièrement de l’ATEP (Association Toulousaine des Etudiants en Psychomotricité) se réunissent pour protester contre le coût des frais de déplacement pour leur stage. Nous avons rencontré l’un d’entre eux, Astrid Lefevre, étudiante en 2ème année de psychomotricité à Toulouse.

Astrid Lefevre, en quoi consiste la profession de psychomotricien ?

La psychomotricité est un domaine où l’on prend en charges des personnes qui ont des difficultés dans leur adaptation aux exigences du quotidien. Ces difficultés sont souvent d’origines neurologiques ou psychiatriques. Ce sont par exemple, des enfants en difficulté d’apprentissage, des personnes qui ont des troubles psychomoteurs, des gens qui ont fait un AVC, ou des personnes âgées en pertes d’autonomie. Mais nous apportons aussi notre soutien à des enfants qui ont des retards de développement, des prématurés. Nous nous adaptons beaucoup à la personne que nous soignons pour qu’elle puisse ne plus souffrir de la vie quotidienne. Nous travaillons à la fois sur le psychologique et sur le corporel et intervenons en hôpital, dans les centres médicalisés, les ITEP, les crèches, les écoles…

Pour quelles raisons organisez-vous un rassemblement ce jeudi ?

Nous voulons que l’Etat prenne en charge nos déplacements pour aller sur nos lieux de stage. Toutes les écoles paramédicales, kiné, infirmière, ergo bénéficient de ce droit. Ce n’est pas le cas pour nous, les psychomotriciens.

A combien cette aide s’élèverait-elle ?

On ne demande pas de somme précise, c’est en fonction des besoins de chacun. Si le lieu de stage est sur la commune, le titre de transport est déjà pris en compte. Mais le problème est que généralement, le lieu de stage se trouve en dehors de Toulouse car nous sommes de plus en plus nombreux dans cette discipline. Nous devons donc nous déplacer dans tout le département, la région voire même dans les régions limitrophes.

 

Depuis le plan Alzheimer…

Pourquoi des étudiants en soins infirmiers ou kinésithérapie touchent-ils cette aide et pas vous ?

Parce qu’ils ont un syndicat très actif. Ils sont aussi plus nombreux que nous, étant donné qu’il y a beaucoup plus d’écoles d’infirmiers ou de kiné. Pour se faire entendre, c’est plus facile. Le métier de psychomotricien est un métier jeune, méconnu. Il y avait peu d’écoles jusqu’à l’année dernière et peu d’étudiants également. Mais depuis le plan «Alzheimer» lancé en 2008 par Mr Sarkozy, de plus en plus d’étudiants sont admis dans ces écoles.

Vous êtes vous-même étudiante en psychomotricité. Quel est par exemple votre quotidien ?

Tous les lundis, je pars faire mon stage à Tarbes et l’aller-retour me coûte 46€. Autre exemple : une étudiante qui fait son stage à Agen, a estimé sur la durée de son stage qu’elle devrait débourser 450€. Ce serait le double si elle n’avait pas la carte 12-25 ans qui donne droit à 50% de réduction. Sachant en plus qu’en deuxième année, nous avons une journée de stage par semaine et les troisièmes années en ont trois. Cela nous revient très cher.

Quelle a été votre action auprès du gouvernement ?

Nous avons adressé une lettre au ministère de la Santé qui est restée sans réponse. Comme nous dépendons à la fois du ministère de la Santé et de celui de la Recherche et de l’Enseignement, les deux se renvoient la balle. Nous avons donc lancé sur Internet une pétition (http://10806.lapetition.be/) et comptons renvoyer une lettre mais aux deux ministères cette fois-ci, car nous estimons que l’on se moque un peu de nous.

Cette pétition a-t-elle rencontré d’ores et déjà du succès ?

Sur sa forme électronique, nous en sommes à plus de 1800 signatures, et pour la forme papier, entre 200 et 300 signatures environ. Si tout va bien, on peut en espérer plus de 2.000. Le jour du rassemblement, les gens pourront la signer s’ils le souhaitent.

Un «freezing» Place du Capitole

Justement, qu’est-il prévu Place du Capitole ce 9 février ?

Comme nous ne sommes pas quand même très nombreux, nous nous sommes dit que faire une manifestation «classique» avec des banderoles, n’aurait pas forcément beaucoup d’impact. Et le but du jeu étant à la fois de se faire connaître et de marquer les esprits, nous avons prévu de faire un «freezing». Le fait de faire une action où les gens restent figés pendant un certain temps, interpelle et attise la curiosité. Nous avons prévu de nous allonger par terre pour montrer que nos finances sont à plat. C’est symbolique.

Ce rassemblement n’est-il prévu qu’à Toulouse ou partout en France ?

Il a été initié à l’échelle nationale, mais malheureusement il n’est pas évident de se coordonner avec toutes les écoles et les associations du pays. Donc, il y aura plusieurs rassemblements, Lyon, Paris, Marseille, mais pas le même jour.

Combien de manifestants attendez-vous à vos côtés ?

Une centaine, si tout va bien. Les deuxièmes années seront là, quelques premières et troisièmes années aussi. D’autres étudiants du sanitaire et social seront également présents pour compléter nos rangs.

 

Propos recueillis par Hervé Junqua



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