L’usine Spanghero n’aurait jamais traité de viande de cheval

En février dernier, c’est une déflagration sans précédent qui a touché Castelnaudary. L’emblématique marque « Spanghero » était alors mise en cause médiatiquement, de la viande de cheval ayant été retrouvée dans ses lasagnes de bœuf… L’entreprise qui appartient au groupe basque Lur Berri, est aujourd’hui lâchée par sa maison mère, et les emplois sont clairement en jeu. Le fondateur de l’entreprise, l’emblématique Laurent Spanghero, est prêt à reprendre du service et déclare avoir les moyens de donner de nouvelles ambitions à une société dont l’image a été considérablement ternie dans cette affaire. Une autre offre de reprise a par ailleurs été formulée par deux salariés. L’avocat de Laurent Spanghero, le toulousain Christophe Lèguevaques, nous a accordé un entretien pour présenter cette offre de reprise, dont nous saurons le 24 juin prochain (un report est toutefois possible) si elle est retenue.

Confirmez-vous que la fameuse viande de cheval n’a pas été traitée dans l’usine Spanghero ?

Je l’affirme ! Aucun minerai n’a été traité dans cette usine. La maison mère, Lur Berri, a cependant utilisé l’enseigne Spanghero pour faire du négoce et du transit, mais jamais aucun produit qui sortait de Castelnaudary n’a contenu de la viande de cheval.

Où en est concrètement votre offre de reprise ? 

Notre dossier est plus qu’étoffé puisqu’il a fait l’objet d’une offre de reprise crédible déposée la semaine dernière. Nous y détaillons les objectifs et les moyens mis en œuvre par Laurent Spanghero. Il ne s’agit pas avec ce dossier de faire un coup à la barre du tribunal, mais bel et bien de restructurer une entreprise dont le potentiel est incroyable… Notamment dû à un outil de production tout neuf, et à des équipes qui savent l’utiliser. Il ne faut pas non plus négliger la situation géographique idéale de l’usine pour alimenter tout le Grand Sud de Bordeaux à Montpellier, avec une proximité avec Toulouse et Carcassonne.

Proposez-vous des nouveautés à l’existant dans votre proposition ?

Oui nous avons pour projet de lancer une gamme de produits où les protéines ne seront plus uniquement dans la viande mais dans les végétaux. Laurent Spanghero travaille notamment avec le Gerontopôle sur cette idée… Cela se traduira notamment par des pâtes alimentaires protéinées. Pour reprendre les propos du conseiller général de Castelnaudary (Stéphane Linou, ndlr), nous souhaitons opérer un « New Deal alimentaire » pour cibler notre activité sur les nouvelles attentes de consommation.  Nous allons allier tradition et innovation.

Quelles sont vos promesses en termes d’emploi ?

Dans un premier temps, en consolidant l’existant, nous sauverons une centaine d’emplois. Mais nous avons pour objectif de « grossir » au fur et à mesure le chiffre d’affaires et d’embaucher selon les besoins… Avec une priorité qui sera donnée aux salariés actuels. L’idée de Laurent Spanghero va même plus loin puisqu’il souhaite faire de Castelnaudary un incubateur agro-alimentaire.

Le repreneur idéal est donc Laurent Spanghero ?

Je le crois car il connaît bien le terroir, les produits, les acheteurs et la grande distribution. Son réseau lui permet notamment d’amener dans ses bagages le grand chef narbonnais Gilles Goujon (trois étoiles, ndlr), qui soutient publiquement cette offre de reprise. Il se mouille, il y croit !

Propos recueillis par Thomas Simonian

 

 

 

 



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