L’UFC-Que choisir défend le gaz 13% moins cher

Côté défense du consommateur, l’UFC-Que choisir met les gaz et c’est peu dire : suite à de multiples contentieux avec les opérateurs de gaz, l’association de consommateur a lancé une campagne « gaz moins cher ensemble ». Le but ? L’enchère inversée selon un cahier des charges draconien. A ce jour, plusieurs centaines de Toulousains se donnent la main pour payer moins cher. Enquête.

« Les prix du gaz ont explosé », explique Nathalie Debar, de l’UFC-Que choisir Toulouse, « le tarif règlementé a augmenté de 80% depuis 2005 et une nouvelle hausse est attendue pour fin novembre. » En 2001, une grande consultation régionale de l’association a d’ailleurs soulevé que les tarifs de l’énergie sont la première préoccupation des Midi-Pyrénéens.  « La précarité énergétique grandit, les litiges se multiplient, et pendant ce temps, la concurrence sur le marché du gaz reste atone », déplore Nathalie Debar précisant que cette situation défavorable à la concurrence est particulièrement franco-française : « c’est très difficile de créer la concurrence dans ce pays. » Pour preuve : seul un opérateur a accepté de se lancer dans la grande aventure…

Près de 2000 Haut-Garonnais inscrits

Pour dynamiser cette concurrence sclérosée, l’UFC-Que choisir avait en effet envoyé un appel d’offres auprès de tous les fournisseurs nationaux de gaz en leur adressant un épais cahier des charges (42 pages ndlr), articulé autour de trois volets : des conditions contractuelles plus exigeantes que la loi (responsabilité unique du fournisseur, facturation bimestrielle sur la base de l’auto relève), un traitement des réclamations associant l’UF-Que choisir et une offre attractive financièrement sur la base d’une enchère inversée. Au terme de l’appel d’offres, un seul fournisseur a fait le pari de la concurrence en acceptant toutes les conditions de l’UFC. « Il a fait une offre initiale attractive à hauteur de 13% minimum d’économies par rapport au tarif réglementé du kWh d’octobre. Mais elle n’est qu’un point de départ, une réduction supplémentaire est prévue en fonction du nombre d’inscrits » termine Nathalie Debar. Chez Lampiris -le courageux fournisseur qui s’est jeté dans l’arène des consommateurs- on clame pourtant que c’est « tout bénef » : « On multiplie notre parc clients par 5 ou 10, c’est un avantage commercial indéniable d’accepter cette proposition de l’UFC que choisir », explique Julien Tchernia directeur du développement France.

« On veut être le Free du gaz naturel ! »

Lampiris est une société belge qui commence tout juste à se développer dans l’Hexagone. Elle s’est notamment implantée à Toulouse le 1er septembre de cette année. « L’image Belge de Lampiris, celle que nous voulons importer en France, est celle de l’opérateur qui veut prendre à contrepied les opérateurs historiques, qui ont l’habitude de faire la pluie et le beau temps sur le secteur puisque par le passé ils avaient le monopôle. » Lampiris est un peu aux fournisseurs de gaz naturel ce qu’est free aux opérateurs mobiles… à la différence près qu’il s’engage sévèrement auprès de l’UFC et donc des consommateurs : « On risque d’avoir moins de disfonctionnements que chez Free car on va être surveillé de très, très près par l’association », plaisante-t-il. En accord complet avec ce que proposent les associations de consommateurs, il fait écho aux paroles de Nathalie Debar : « on veut créer un véritable pouvoir de marché des consommateurs. » Lampiris utilise ces campagnes grand public pour gagner du terrain sans faire aucune publicité depuis sa création en Belgique ne 2003 : « On a joué le jeu en Belgique auprès de l’UFC belge l’année dernière, c’est notre truc ! Cela met en avant les valeurs de la boîte : accepter des conditions générales de vente plus dures que celles de la loi. C’est la meilleure publicité qui soit pour nous.»

« Toulouse a soif de bonnes affaires ! »

Mais si le challenge est si avantageux, comment expliquer qu’aucun autre opérateur n’ait répondu favorablement ? Julien Tchernia a sa petit explication : « En octobre 2012, l’UFC avait mis en demeure tous les fournisseurs d’énergie -dont Lampiris à l’époque- pour clauses abusives dans les conditions générales de vente : nous avions discuté avec eux et fait évoluer nos conditions générales, en février ils ont alors attaqué tous les fournisseurs sauf nous ! Aujourd’hui la plupart sont donc déjà en contentieux avec l’UFC et s’engager sur ce cahier des charges impliquerait de perdre la bataille juridique ! » Il dit comprendre la difficulté qu’aurait GDF de jouer le jeu du consommateur, quant aux autres petits, difficile pour eux de se lancer dans l’aventure : « Lampiris est une société qui fait un milliard de chiffre d’affaires en Belgique, nous avons les moyens d’investir pour nous payer cette croissance-là… on a les reins solides. » A ce jour, 113 000 personnes se sont inscrites dans toute la France, près de 2000 dans le département. Lampiris estime : « environ 8% des signataires devraient être Toulousains, c’est une ville très réactive, peu liée au monopole et qui a soif de bonnes affaires ! » Les Toulousains ont jusqu’au 25 novembre pour s’inscrire pour une offre finale dévoilée le 26 novembre. Une proposition tarifaire adaptée à leur profil sera alors proposée début décembre, qu’ils seront libres d’accepter ou non d’ici le 31 janvier 2014. Un accord gagnant-gagnant qui devrait mettre de l’eau dans le gaz chez les fournisseurs historiques.

www.gazmoinscherensemble.fr

Le chiffre

13% d’économie par rapport au tarif réglementé du kWh d’octobre, soit une économie de 124 euros pour un Toulousain qui consomme  17000 kWh par an.


Aurélie Renne

 



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