Logement social; Ambitions et réalité

L’ouverture du Salon de l’Immobilier à Toulouse a été l’occasion pour la municipalité de faire un point sur son engagement en matière de logement social.
 


Le constat dressé par la nouvelle municipalité de Toulouse est amer : 1 416 logements sociaux démolis pour 682 reconstruits, 18,03 % d’habitations pour les plus démunis soit en dessous des 20 % requis par la loi et une explosion du parc privé qui ne permet pas de construire à bas prix. «L’ancienne équipe municipale a mené une politique foncière qui a favorisé les promoteurs privés», constate Martine Croquette, adjointe au logement à Toulouse. «Aujourd’hui il n’y a plus de flux car les gens restent en HLM. Ils ne peuvent plus accéder à la propriété. Le cycle est bloqué pour les primo-demandeurs. Nous comptons 26 000 demandes pour une offre qui ne dépasse pas 6 000.» Au 1er janvier 2007, le stock de logements neufs trouvait preneur en 6 mois, aujourd’hui il en faut 14. Les ventes du bâti neuf ont chuté de 40 % et, sur le territoire du Grand Toulouse, en moyenne 800 logements sociaux sont livrés par an soit 15 % de la production de 5 250 logements neufs. Par ailleurs, «20 000 logements sont vacants à Toulouse dont 2 000 pourraient être récupérés pour le social.»

 

Le gouvernement contre le logement social

Pour faire face à cette situation, la Ville prévoit la construction de 2 500 logements sociaux par an hors secteur GPV avec une part à 30 % sur les opérations publiques et 25 % minimum dans les autres programmes. De plus, un dispositif en faveur de la mixité sociale sera adapté, avec par exemple le renforcement du prêt à taux zéro mis en place par l’ancienne équipe municipale. Mais ce projet ambitieux ne pourra se faire sans le concours des diverses collectivités à commencer par le Grand Toulouse. Pour connaître les véritables actions de la municipalité, il faudra attendre le prochain budget voté en fin d’année et, surtout, les décisions gouvernementales, rappelle Martine Croquette : «Mme Boutin présente au Parlement son projet de loi de mobilisation pour le logement. Il serait plus juste et plus honnête de l’appeler loi de mobilisation contre le logement. Car loin de répondre aux enjeux de cette crise, ce projet autoritaire, qui s’accompagne d’une intense campagne idéologique opposant les mal logés aux logés, constitue une attaque frontale contre le logement social.» Mais la crise financière et immobilière actuelle constitue un autre facteur que l’équipe PS de la Ville rose devra également prendre en considération.

Sophie Orus


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