L’interview décalée de Pascal Dessaint

Tout juste récompensé par l’Académie d’Occitanie, l’écrivain toulousain Pascal Dessaint vient de publier son dernier ouvrage « Maintenant le Mal est fait ». Auteur de romans noirs, il captive ses lecteurs au fil d’enquêtes haletantes… tout comme, ou presque, le Journal Toulousain avec ses questions… décalées.

 

La pire soirée que vous ayez vécue ?

Il y en a trois, chaque fois un mercredi, quand on m’a annoncé la mort de deux de mes frères et de ma sœur. Hors la sphère privée, il y a ce fameux soir où on a appris que le Front National serait au second tour des présidentielles.

 

Un souvenir de ce que vous avez acheté après avoir touché votre premier salaire ?

Je suis né dans un milieu modeste. Dès l’âge de 16 ans, j’ai travaillé pendant les vacances scolaires. Mes parents m’ont autorisé l’achat d’une paire de jumelles, pour observer les oiseaux.

 

La situation la plus délicate que vous ayez connue ?

2005, je suis à l’Institut Français d’Amman pour une rencontre autour de mes livres. Deux heures plus tard, des attentats suicides touchent trois hôtels internationaux dont le Grand Hyatt, à quelques encablures de la maison où je séjourne. Ce sera une drôle de nuit…

 

Une recette de cuisine à nous conseiller ?

Le lapin à la moutarde préparé par mes soins. Demandez à mon ami écrivain Jean-Hugues Oppel ce qu’il en pense !

 

Votre destination de vacances préférée ?

Le Nord, que je redécouvre depuis plusieurs années. Je ne cesse d’être ému par sa beauté. Mais il y a aussi l’Ariège et la Brenne.

 

Votre endroit préféré à Toulouse…

Le dernier étage du parking des Carmes. C’est le seul endroit qui donne à voir la ville à 360°. Si on me le permettait, je créerais un événement là-haut, voire même un lieu culturel.

 

Ce que vous ne supportez pas chez les autres ? 

Parfois le manque d’envie d’apprendre, de se cultiver, qui se traduit inévitablement par de l’intolérance, entre autres.

 

L’animal qui vous fait peur ?

Aucun animal ne m’effraie dans l’absolu, mais je n’aimerais pas nager dans un lagon où rôde un grand requin… Autant éviter le danger !

 

La carrière que vous n’auriez jamais pu embrasser ? 

La politique, du moins à un très haut niveau, car j’aurais dû faire avec trop de gens dont l’ambition est par trop personnelle.

 

Un concert qui a marqué votre vie ?

Léo Ferré à Lille en 1984. Il commençait alors par « Il n’y a plus rien ». J’avais 20 ans. Ce soir-là, j’ai fini de comprendre ce que j’étais profondément.

 

Une remarque désobligeante que l’on vous a faite récemment ?

Une personne m’a dit que je ne pouvais pas comprendre certaines choses car je vivais de mon écriture. Elle ne sait sans doute pas tous les efforts que cela suppose.

 

Vous souvenez-vous d’un (gros) mensonge d’adolescence ?

Mon père n’était pas commode. C’était toujours le même mensonge. Il me croyait là et j’étais ailleurs…

 

Votre film référence ?

« Le Mouton enragé » de Michel Deville. J’aime le cynisme qu’il exprime. C’est un film que je revois une ou deux fois par an.

 

Si la fin du monde approchait, que vous empresseriez-vous de faire?

Je dirais à mon fils qu’il a été la plus belle chose qui me soit arrivée dans la vie. Autrement, si j’étais alors avec une femme qui m’aime encore, je voudrais qu’on en profite jusqu’au bout…

 

Propos recueillis par Séverine Sarrat



UN COMMENTAIRE SUR L’interview décalée de Pascal Dessaint

  1. louise dit :

    Toujours agréable de découvrir cet auteur que j’affectionne !

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