L’interrogatoire

Plus que jamais l’opinion publique est ballottée de tous côtés, la dimension unique du fait divers (les fui-tes du bac S dans un examen mythique «inscrit dans l’ADN de la France» ; le drame de Florensac, un adolescent tue l’une de ses condisciples, la découverte du corps carbonisé d’une joggeuse, d’autant plus commentée qu’elle fait la une et entretient le débat sur l’insécurité – à nouveau au cœur de la précampagne présidentielle) ; la dimension européenne – de l’Allemagne à Bordeaux – de la bactérie E. Coli, entraînent des suspicions sur la sécurité sanitaire au moment même – étonnante concordance des temps ! – où l’on parle de suppression de médicament et de profondes modifications concernant les visiteurs médicaux ; la dimension existentielle et pathétique non seulement du roman posthume du romancier suisse Jacques Chessex (“L’interrogatoire” où l’auteur dialogue avec lui-même sans concession et pour la dernière fois) mais aussi, l’émouvante confession de David Servan-Schreiber dont le cancer s’est à nouveau déclaré après une rémission de 19 ans et qui livre ici dans “On peut se dire au revoir plusieurs fois” les raisons qu’il a encore de lutter avec l’espoir minime mais subliminal qu’il y a encore une lueur d’espérance comme aux tréfonds de la caverne de Platon.

 
Mais les feux de la rampe, avant que l’été nous dévoile les protagonistes des Présidentielles sur leur lieu de vacances, éclairent la prochaine candidature de Martine Aubry, de Philippe Poutou pour le NPA, de Jean Louis Borloo pour une Confédération des Centres (sans Bayrou, ni Christine Boutin, déclarée la semaine dernière avec une poignée de sympathisants et un enthousiasme pas encore contagieux). Comme d’habitude, les sondages permettent à une opinion publique observatrice de constater :
- qu’on continue à confondre candidats à la candidature et candidat officiel (avec les 500 signatures) ;
- que les sondages ne seront significatifs et exploitables qu’une fois la campagne dûment lancée ;
- que Sarkozy n’a bénéficié d’aucun “effet DSK” et qu’il semble sérieusement encalminé avec une partie de la droite qui fait un rejet brutal semblant définitif ;
- que la crise grecque et “l’effet domino” sur l’Europe pourraient donner raison à Marine Le Pen et aux protagonistes de la fin de l’euro, de la démondialisation et du retour au protectionnisme ;
- que le dernier remaniement du gouvernement pourrait voir Jouano partir et Pecresse arriver au Budget ou à l’économie ;
- que chacun attend avec intérêt la conférence de presse du Président (le 27 juin : Bilan du grand emprunt), une manière de précéder Martine Aubry dans sa déclaration de candidature du 28 juin !

Stéphane Baumont



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