« L’INCIDENT IRLANDAIS »

C’est dans ces termes que le Secrétaire d’Etat aux affaires Européennes socialistes, Jean-Pierre Jouyet qualifiait samedi dernier le NON au référendum en Irlande. Bien sûr en même temps que ces paroles très peu respectueuses d’une décision souveraine, il ne cesse de proclamer que les Irlandais retourneront aux urnes avant la fin de l’année. Il ajoute sans broncher que ce nouveau vote permettra aux Irlandais de voter conformément aux désirs des technocrates Européens. C’est comme cela que le traité de Nice est passé en Irlande, un premier vote négatif suivi d’un autre vote cette fois-ci positif. Le traité de Nice ayant entre temps été “aménagé” sans que personne ne soit dupe de ce qui s’était passé.
La première réaction de notre Président de la République, qui va très bientôt prendre la présidence de l’Europe, fut à peu près la même. Dans un discours dont il a le secret, il a avoué que la présidence française serait bien plus difficile, mais que c’était «passionnant». Voulant rassurer les Français et autres Européens, il a convenu que l’Europe qui était proposée n’était pas celle que voulaient les peuples, reprenant à son compte des propos entendus ici où là après le NON Irlandais. François Bayrou ayant été le premier à affirmer que la construction de cette Europe refusée par les peuples devait prendre un autre chemin, mais lequel ?

Dans son discours se voulant rassurant, Nicolas Sarkozy a développé des thèmes plus proches des préoccupations des Français comme le prix de l’énergie, de la poussée des prix et de l’immigration. Ces thèmes se voulant fédérateurs, bien que personne ne soit prêt à croire que les tenants de l’Europe actuelle développent ces thèmes. Ce n’est pas en évoquant ces grands sujets de société, réglés théoriquement pendant la présidence française qu’il fera passer la pilule de cette Europe.

 

 De plus le thème de l’immigration, s’il est un sujet permettant de gagner des élections en France, n’est certainement pas le thème majeur pour les autres pays, sauf éventuellement l’Italie et l’Espagne, peut-être aussi la Grèce. Par contre quand notre président annonce formellement le plafonnement de la TVA sur les carburants, il est immédiatement repris par ceux qui dirigent effectivement l’Europe.

Quoi qu’il en soit, même en faisant une communication bien positive sur ce que sera l’Europe sous la présidence Française, je crains que cela ne suffise pas. Les Irlandais ont dit NON car ils ont eu la possibilité de le faire, les négliger c’est négliger l’avis d’un peuple. L’argument qui consiste à dire qu’ils ne sont que trois millions est un argument malhonnête. Si les 450 Millions d’Européens avaient été consultés de la même manière, le NON l’aurait certainement emporté, tant ce soi-disant “mini traité” est compliqué et semblable à la constitution une première fois refusée.

 

Cette semaine, Nicolas Sarkozy va essayer de convaincre les Tchèques à Prague que rien n’est perdu, ils seront les suivants à la présidence de l’Europe. Mais le président tchèque Vaclav Klaus, qui fut l’un des chefs d’Etat les plus réticents au projet de traité dit “simplifié” de Lisbonne, a considéré comme «terminé» le processus de ratification du texte, toujours en cours en République tchèque.

Monsieur Sarkozy va essayer de prouver au gouvernement tchèque, hors de la présence de leur président, que le processus de ratification doit continuer. Il a souligné que Paris comptait sur «un accord politique» au Conseil européen cette semaine, pour donner à la présidence française «tous les moyens de mettre en œuvre des politiques indispensables à l’Europe» ; jugeant que l’Europe ne pouvait pas rester sans réponse concrète, au risque d’aller de «mal en pis». Mais tous ceux qui ne veulent pas de cette Europe qui est imposée aux peuples sans leur consentement considèrent que c’est un changement radical de méthode devenu nécessaire.
Comme nous le constatons, les pressions de toutes parts, venant des Européistes cherchant à passer en force, sont importantes. Je crains que seule l’Irlande n’arrive pas à faire changer les choses, mais il ne faut pas désespérer, d’autres peuples Européens se sentent concernés et n’ont pas dit encore leur dernier mot.
Pendant ce temps-là, les politiques du PS débattent entre eux sans jamais aborder les sujets importants du pays, les politiques de la majorité noient en permanence le poisson, y compris quand le Sénat fait tout pour dénaturer la réforme des institutions. Même Jean-Louis Debré, théoriquement tenu à une obligation de réserve, occupe tous les médias. Bien sûr en faisant semblant de ne pas parler de la réforme des institutions, il vient commenter et “vendre” son livre. Livre prétexte à tacler l’actuel gouvernement et surtout à saboter cette réforme de la constitution qui aura bien du mal à passer.
 

Patrick Crasnier

Radio plus / www.jazzpote.net



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