Ligne G ; La panne ?

Mercredi dernier, le Tribunal administratif de Toulouse a tranché dans le dossier de la ligne G en interdisant les travaux d’extension du tramway. Alors que l’opposition municipale se réjouit de cette décision, au Capitole, on fait grise mine.

 
C’est un Pierre Cohen, «stupéfait» qui a appris mercredi dernier la suspension des travaux de la ligne Garonne par le Tribunal administratif de Toulouse. Le juge des référés a en effet remis en question l’utilité de cette ligne (3,8 km entre Les Arènes et Palais de Justice) qui en substance, ferait doublon avec le métro, n’apporterait ni gain de temps, ni réduction du flux automobile. De plus, la fréquentation évaluée par Tisséo, de 30 000 usagers par jour en 2020, est elle aussi remise en cause.
Pour le maire de Toulouse et président de Tisséo, cette décision «incompréhensible, va totalement à l’encontre du développement des transports publics, confirmé à maintes reprises par le Législateur, notamment lors du Grenelle de l’environnement. Elle donne malheureusement raison à ceux qui privilégient l’intérêt particulier de la voiture en ville à l’intérêt général du transport collectif. Elle est synonyme d’une mobilité urbaine respectueuse de l’environnement, limitant la pollution et la congestion urbaine, accessible à tous, induisant un nouveau partage de l’espace public.» Assurant vouloir défendre «coûte que coûte l’intérêt général» et considérant que «Toulouse et son agglomération ont besoin d’un réseau de tramway.», Pierre Cohen a donc introduit un pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat. Il précise : «Notre priorité politique en faveur des transports en commun demeure intacte.»

 

« Un grave revers »

A droite, on se frotte les mains. La Ligne “Gadget” est en panne et cette affaire «désavoue Pierre Co hen, à la fois en tant que maire que Président de (Syndicat Mixte des Transports en Commun Tisséo)» confie Marie-Pierre Chaumette, conseillère régionale et Présidente MPF Toulouse et Haute-Garonne, «car elle révèle combien l’argent des contribuables (120 millions d’euros pour à peine plus de 3 kms de ligne de tramway) peut être dépensé pour des projets qui ne tiennent pas la route !»
Pour Jean-Luc Moudenc, «Toulouse a besoin de projets de transports en commun beaucoup plus ambitieux et beaucoup plus performants que la mouture actuelle de la ligne G, dont les multiples et graves carences ont été soulignées par la Commission d’enquête publique. A vouloir ignorer ces carences, les élus actuellement en responsabilité viennent de se “casser les dents” et de subir un grave revers. Il faut noter que c’est la troisième fois que la justice condamne une initiative venue de la municipalité actuelle et que c’est la première fois qu’un projet municipal est arrêté par une décision de justice à Toulouse.» déclare le Président du groupe Toulouse pour Tous, qui en appelle «le député-maire-présidents et ses élus à davantage d’humilité et de dialogue pour bâtir avec la population un nouveau et beau projet.»

 

« Une vraie concertation »

Car pour l’opposition, la municipalité a fait «fi d’une démocratie participative réelle» note Jean-Jacques Bolzan, secrétaire départemental du Parti Radical 31 dans un communiqué et c’est aussi bien un projet qu’un modus operandi qui est aujourd’hui sanctionné pour Jean-Luc Moudenc : «J’appelle Monsieur Cohen et Monsieur Carreiras (Président de la SMAT, ndlr) à remettre à plat ce projet, à relancer une concertation, qui soit cette fois-ci ouverte et sincère.», en référence aux réunions de concertation, décriées par ailleurs avec véhémence par l’APAT, l’Association Pour un Autre Tracé, à l’origine du référé en suspension déposé auprès du Tribunal administratif. «Une réunion de concertation doit en principe servir à entendre tous les avis afin d’avancer sur une idée commune. Là, ce n’était pas du tout le cas. Il n’y avait qu’un seul projet et nous avons de suite compris que la volonté était de le faire passer en force.» déclarait alors Frédéric Brasilès, Président de l’APAT. «Une vraie concertation et non une simple information, pour un futur projet audacieux qui réponde vraiment aux attentes et aux besoins des habitants de la communauté urbaine» réclame désormais, Jean-Jacques Bolzan.
Reste à savoir si le Conseil d’Etat se sera prononcé dans trois semaines, comme l’a prédit Pierre Cohen. C’est en tout cas en septembre que doivent commencer les travaux réels du tramway. A moins que…

Claire Manaud


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