L’homme qui parle de l’avenir du quartier Borderouge

Toulouse continue à se transformer sous l’impulsion d’une démographie exponentielle. Le quartier Borderouge en est un exemple parfait. Depuis l’arrivée du métro, les résidences y fleurissent, des commerces y naissent et des lieux culturels sont dans les cartons de la mairie. Pourtant les habitants s’inquiètent de l’avenir… Et ont trouvé en leur Comité de quartier un mégaphone efficace.

 

Jean-Pierre Seran, consultant en entreprises à la retraite, vit depuis 1997 en plein cœur du quartier Borderouge, après avoir vécu en Belgique et dans les Landes : «J’ai pu voir le lancement du projet et très vite j’ai considéré que des erreurs étaient commises.» Du constat, de l’idée à la réalité il n’y a qu’un pas, et la création d’un Comité de quartier lui a alors semblé nécessaire. Plus aucun projet, plus une seule pierre ne se pose, sans son coup d’œil critique : «J’analyse les problèmes et je suggère des solutions.» Une action de terrain si militante que certains élus paraissent ne pas apprécier la méthode : «Ils pensent que vous leur enlevez leurs prérogatives. Ils me considèrent souvent comme un poil à gratter.» Si Jean-Pierre Seran semble critique envers certains élus, il reste respectueux envers le premier magistrat de la ville : «Avec Pierre Cohen, j’ai une écoute contrairement à d’autres…» Mais si l’homme semble plutôt le séduire, le président du Comité de quartier reste fortement critique envers l’action municipale en général concernant le devenir de Borderouge : «Il y a une tendance à prendre des décisions en catimini et à dire ensuite que cela a été fait en concertation. Dans la plupart des réunions nous avons une information descendante.» Toutes les tendances politiques semblent avoir commis des erreurs : «Dès le début, il y avait des errances avec notamment une vraie problématique d’accessibilité pour les professions libérales et les commerçants. Notre action a alors permis une modification sur un urbanisme déjà décidé.» Puis en 2008, changement de majorité avec un Pierre Cohen qui dit alors avoir trouvé un projet cohérent. Cela n’empêchera pas en 2009 une modification du PLU (plan local d’urbanisme) qui selon Jean-Pierre Seran s’est faite sous l’influence des promoteurs : «Je suis désormais convaincu que les promoteurs ont la mainmise sur l’urbanisme. Nous avons commencé avec d’autres comités de quartiers à soulever quelques lièvres. Tout cela explosera un jour ou l’autre…» Aujourd’hui l’actualité de Borderouge, c’est l’arrivée prochaine de projets culturels afin de combler un vide réel visant à agrémenter le quotidien de tous les nouveaux habitants.

Un cinéma pourrait s’installer

Ainsi la mairie a confirmé la construction d’une SMAC (scène de musiques actuelles) à proximité de la station de métro, après avoir envisagé au préalable un complexe Utopia à l’image de celui de Tournefeuille. Mais quelques mois plus tard, et sans remettre en question le projet de salle de concerts déjà en route, le maître d’œuvre Oppidéa (la SEM d’aménagement du Grand Toulouse) lance un appel d’offres pour un cinéma. Quatre projets seraient à l’étude, dont celui d’Utopia qui serait revenu en lice. Mais c’est l’emplacement dudit cinéma qui crée un nouvel imbroglio. Jean-Pierre Seran est persuadé que tout n’est pas dit, et que «la ferme Niboul» (lieu historique et que l’ancienne municipalité menée par Jean-Luc Moudenc avait envisagé en maison de quartier) pourrait être sacrifié, et que le lieu initialement prévu (un parking qui vient d’être construit) n’est que «poudre aux yeux». Nous avons contacté Alain Fillola, président directeur général d’Oppidéa, qui conteste catégoriquement : «Les choses sont claires. Ledit parking a toujours été annoncé comme provisoire, le cinéma sera bien construit à cet endroit et non pas sur la ferme Niboul.» Cela n’empêche pas Jean-Pierre Seran d’être fidèle à son action et de lancer au personnel politique : «Si vous ne nous écoutez pas, nous sommes capables de faire capoter vos projets.» Borderouge a son défenseur.

 

Thomas Simonian



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