LGV : Les présidents en ont marre !


Mercredi 29 Février, l’association TGV Sud-Ouest tenait son assemblée générale annuelle à l’Hôtel de Région en présence de Guillaume Pepy, président de la SNCF. L’occasion pour les collectivités locales de revenir sur le projet des nouvelles lignes grandes vitesse qui n’en finissent pas de rencontrer des problèmes…

«Cela fait 24 ans que je me bats pour la LGV, et mon enthousiasme commence sérieusement à être en péril.» déclare Pierre Izard. «Ça suffit, on a trop attendu» ajoute Didier Gardinal, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la région Midi-Pyrénées. C’est le petit coup de gueule qu’ont passé les élus toulousains contre les problèmes que connaît le projet de la Ligne Grande Vitesse censée relier la future ligne LGV Tours-Bordeaux. Néanmoins les présidents ont affirmé que leur position était «ferme et non révocable».

Martin Malvy a ensuite annoncé que suite à des discussions avec Jean-Louis Borloo en octobre dernier, l’association LGV a obtenu une réduction de 30% de sa participation financière. De ce fait elle ne devra déverser que 70% de ce qu’on leur réclamait jusqu’à l’enquête publique (enquête jugeant les grandes décisions ou réalisations d’opérations d’aménagement d’un territoire NDLR)  qui aura lieu en 2014. Leur objectif étant de finir de payer dès le début des travaux en 2017. Si cela n’est pas le cas, ils arrêteront le financement. Pour rappel, le coût de la nouvelle ligne LGV s’élève à 7,8 Milliards d’euros.

Un manque de financement de 280 Millions d’euros

En tout 58 collectivités devaient participer au financement de cette ligne. Cependant le récent retrait des collectivités du Gers et du Lot-et-Garonne handicape grandement l’avenir du projet. La question du refus du Lot-et-Garonne comportant la gare d’Agen (dans laquelle le TGV devrait passer) est préoccupante. «Nous ne tenons pas rigueur aux collectivités qui ne payent pas» rapporte Pierre Izard. Même si la rancœur n’est pas de mise, les retraits de plus en plus nombreux des collectivités posent un réel souci financier. «Nous ne pouvons pas accepter de nous substituer à d’autres collectivités.» déclare le président du Conseil Général de Haute-Garonne. Sachant qu’aujourd’hui il existe un manque de financement de 280 Millions d’euros. Somme que l’État a demandé à l’association TGV de payer. «Les sommes sont tellement astronomiques que l’on se demande si l’on doit continuer» confesse Pierre Izard. Le spectre de l’abandon plane sur le projet…

Les élus ont adressé une lettre à Fillon

Pierre Cohen, Martin Malvy et Pierre Izard, ont adressé une lettre au premier ministre. Ils seront bientôt suivis par Didier Gardinal qui enverra avec sa lettre une maquette d’un TGV «pour qu’il pense à nous.» Cette lettre a pour but d’alarmer le gouvernement sur tous les problèmes qui émanent de la création de la LGV. Dans cette lettre les présidents veulent négocier sur leur condition de paiement de cette ligne. Il proposent en effet «que les collectivités de Midi-Pyrénées se retirent du financement Tours-Bordeaux Sud pour, en contrepartie, prendre à leur compte la totalité de la charge Sud Bordeaux-Toulouse, incombant aux collectivités locales ou pour le moins, que leurs participations sur Tours-Bordeaux soient considérées comme une avance qui viendrait en déduction du financement des collectivités d’Aquitaine, ces dernières remboursant à RFF (Réseau Ferré de France) à partir du début des travaux sur Bordeaux-Toulouse, le montant des sommes qu’elles auraient consacrées à cette partie de la ligne.» Après plus de dix ans de polémiques, il semblerait que le TGV soit encore loin d’arriver en gare…

Hervé Junqua



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