Lettre ouverte de François Piquemal du DAL

François PiquemalFrançois Piquemal est militant du DAL Toulouse31 depuis 5 ans et porte-parole Sud-Ouest de la Fédération DAL. Dans le cadre du réseau No Vox international auquel le DAL participe, il a été formé six mois au Mali auprès de l’UACDDD qui lutte contre les expropriations de terre et les droits des personnes. Depuis 2011, il a participé à de nombreuses luttes du DAL à Toulouse que ce soit dans les tribunaux ou dans la rue avec les mal-logés qui luttent pour leurs droits !

Lettre aux Toulousain-e-s,

Qu’adviendrait-il si les revendications du DAL étaient exécutées dans une politique du logement municipale ? Zéro personne à la rue !

Combien de personnes dorment à la rue à Toulouse ? Qui le sait tant les travailleurs sociaux du 115 sont débordés, avec 80% de refus pour les personnes qui appellent, beaucoup ont renoncé à faire la démarche d’autant que les places proposées sont parfois peu dignes : chambres collectives, bruyantes, sales…

Il faudra donc trouver des places d’accueil individualisées, avec des horaires larges, et inciter les hébergés à s’organiser collectivement pour participer à la gestion du lieu où ils vivent au même titre que les travailleurs sociaux à qui des moyens supplémentaires doivent être donnés.

Où trouver ces places ? La réponse est simple, il existe 4 344 logements réquisitionnables à Toulouse selon la Préfecture. Les locaux publics et ceux des grandes sociétés laissés vides doivent être nos cibles : pensons juste à ces milliers de mètres carrés de bureaux dans la ZFU de Toulouse…

La réquisition permettra aussi de briser la rareté du logement créée par les sociétés pour spéculer sur le prix du foncier et des loyers…

 

Protéger les locataires et les petits propriétaires !

L’appétit des uns cause les crampes d’estomac des autres : les loyers et les charges des locataires devront être gelés pour permettre aux personnes de boucler leurs fins de mois. Tant que les salaires ne suivront pas l’augmentation des loyers, il ne peut être question d’augmenter ces derniers.

 

« La question du logement est aussi celle du vivre ensemble »

 

Une autre mesure importante sera de mettre en place un arrêté anti-expulsion pour les locataires et petits propriétaires endettés, d’abord car les expulsions sont traumatisantes, ensuite car une expulsion par la force publique est plus coûteuse qu’une réinsertion locative de la personne endettée.

Les locataires, à fortiori dans les logements sociaux, doivent être entendus, cela passera dans l’office HLM de la ville (Habitat Toulouse) par une plus forte représentation des locataires au travers de leurs syndicats. Est-il normal que sur un CA de 23 personnes seules 4 soient locataires ?

 

Mettre les habitants au centre du jeu.

Les habitants doivent être mis au centre du jeu, et non pas être considérés comme les variables d’ajustement des grands projets des politiques de la ville.

La question du logement est aussi celle du vivre ensemble, cela passera par un travail d’accessibilité du langage urbanistique afin que les habitant-e-s puissent faire des choix en conscience.

Les habitants doivent se prononcer et être souverains sur les opérations de démolitions, de densification, le budget de leur quartier, mais aussi à propos des moments et des espaces de convivialité : jardins partagés, fêtes de quartiers, tournois sportifs…

Utopiques les propositions du DAL ? Non, elles demandent juste davantage de prise en compte des habitants et du courage politique. Rappelons Sénèque: « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que l’on n’ose pas, c’est parce que l’on n’ose pas que les choses sont difficiles ». De notre côté, nous avons déjà commencé à oser, parce que nous refusons le fatalisme et l’individualisme en luttant collectivement pour nos droits. Parce que le vent de l’espoir arrivera bientôt de ce côté des Pyrénées et que vous pouvez compter sur nous pour qu’il gonfle nos voiles…

 

 



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