Lettre ouverte à Stéphane Le Foll des “Canards en colère”

Lettre - Sylvie CabellaSylvie Cabella fait partie des 4 co-présidents de l’association Les Canards en colère. Créée le 19 janvier 2016, cette association, entièrement dédiée aux canards, souhaite défendre les filières agricoles et avicoles des dangers économiques et sociaux qui pèsent sur elles, sans engagement syndical ou politique.

 

À l’attention du ministre de l’Agriculture,

 

Le 15 janvier, à la suite d’une épizootie d’influenza aviaire qui s’est propagée dans le sud-ouest, frappant les palmipèdes et volailles, M. Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, vous avez pris un arrêté ministériel. Vous lancez ainsi l’arrêt de toute production de palmipèdes dans 18 départements du sud-ouest.

Jamais avant en France l’État n’avait imposé par la force un arrêt de travail à des dizaines de milliers de personnes. Vous comprenez bien que, pour le moment, le remède ferait plus de mal que de bien.

En effet, le projet de dépeuplement de la filière palmipède suivi d’un vide sanitaire total sur l’ensemble de la zone concernée va priver d’activité économique et de revenus pendant 4 à 6 mois tous les acteurs de la filière, du plus petit au plus grand. Très peu d’entreprises ont les moyens financiers aujourd’hui d’une telle mesure et c’est tout le tissu économique rural du sud-ouest qui va être réduit à l’état de cendres.

« C’est tout le tissu économique rural du sud-ouest qui va être réduit à l’état de cendres »

Cela représente environ 60 000 emplois directement concernés, plus des pertes financières évaluées entre 400 et 500 millions d’euros. La filière palmipède ne sera pas la seule touchée, les céréaliers et commerces seront frappés, eux aussi, par cette crise de plein fouet.

Depuis le 26 janvier, le gouvernement nous a promis une fois de plus des aides financières insuffisantes quand on sait que d’autres filières attendent toujours des aides promises depuis l’été dernier. De plus, les mesures sanitaires ne sont pas dures aujourd’hui d’éradiquer le virus de l’influenza aviaire à 100%.

Beaucoup de questions restent encore en suspens. Nous avons demandé dans un premier temps l’abrogation de l’arrêté afin de revenir sur la table des discussions, mais cela n’a pas été entendu. Fort d’une image médiatique, nous vous demandons aujourd’hui de nous recevoir afin de vous exposer les dangers réels qui frappent déjà certains acteurs et certaines exploitations et entreprises.

Nous espérons que les aides financières promises soient augmentées afin de couvrir tous les acteurs de la filière, et qu’elles soient versées immédiatement pour éviter les dégâts financiers.

 

Sylvie Cabella

 

 



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