L’espace me fait toujours réver

Stéphane Lévin vient de boucler son grand projet “Voyageurs des Sciences”, programme scientifique, technique et pédagogique unique en France, permettant à six jeunes lycéens de vivre en parallèle de leur scolarité, la préparation et la réalisation d’une authentique expédition dans un environnement exceptionnel. Après trois aventures dans des milieux hostiles, le cercle polaire, le désert et la forêt guyanaise, l’heure est au bilan.
Stéphane Lévin, comment vous sentez-vous, deux se-maines après votre retour de Guyane pour “Voyageurs des Fleuves” ?
Ça va pas mal mais je suis très fatigué après trois années non-stop de travail sur le projet “Voyageurs des Sciences” et beaucoup de responsabilités.

Quel bilan tirez-vous du troisième volet de l’aventure avec cette expédition 2008 en Guyane ?
Le bilan est particulièrement positif car nous n’avons connu aucun incident majeur, ce qui était ma priorité, malgré des conditions difficiles et 10 jours de pluie. Nous avions les pieds dans l’eau en permanence mais l’expérience fut extraordinaire grâce à la forme exceptionnelle des jeunes aventuriers. Désormais, nous attendons avec impatience les résultats des protocoles scientifiques mis en œuvre dans la forêt.

Plus globalement, êtes-vous satisfait du programme “Voyageurs des Sciences” ?
Encore une fois, le bilan est exceptionnel et sera couronné par une grande soirée le 23 mai prochain à la Cité de l’Espace où tous les protagonistes se retrouveront. Cette aventure est un challenge plus que réussi car on ne nous donnait pas gagnants au départ sur le projet. Les gens étaient sceptiques. Je suis heureux que les trois missions soient sortis gagnantes grâce à la rigueur et à la discipline. De plus, les jeunes ont réussi leur scolarité tout en se rendant crédibles sur le terrain.

 

Où en sont les protocoles scientifiques des deux premières expéditions ?
Tout ce qui a été testé est mis à profit par nos partenaires. Les protocoles informatiques, de communication, météorologiques, de balises… permettent de faire évoluer les techniques des professionnels. Quant aux données prélevées par les jeunes sur le terrain, elles constituent actuellement une base de données disponible et à exploiter.

Peut-on dire qu’une expédition fut plus difficile qu’une autre ?
Il est difficile de les comparer car les conditions, l’équipement et les efforts physiques étaient différents. Le froid crée des meurtrissures immédiates sur le corps, le désert possède son lot de tempêtes de sable et ses grosses chaleurs et la forêt son humidité. Les trois missions ont été difficiles.

Si vous deviez ne retenir qu’un seul souvenir…
Les yeux écarquillés des jeunes chaque année lorsqu’ils po-saient le pied sur ces terres magnifiques.

Après trois années aux côtés des jeunes, qu’allez-vous faire désormais ?
Pour l’instant, je suis très occupé par l’organisation complexe de la soirée du 23 mai prochain car je veux faire venir à la Cité de l’Espace un Inuit, un Berbère et un Indien. Je dois également sélectionner les images à montrer au public. Quant au futur, je veux d’abord récupérer physiquement et me plonger dans le bouquin et le film des “Voyageurs des Fleuves”, ce qui devrait me mener à la fin de l’année.

Vous avez toujours rêvé de partir dans l’espace. Est-ce toujours d’actualité ?
Effectivement, l’espace me fait toujours rêver et mon héros reste le spationaute Philippe Perrin. Mais sauf concours de circonstance exceptionnel, j’ai passé l’âge des sélections ! J’ai en effet fêté mes 45 ans le dernier jour de l’expédition 2008, ce qui reste d’ailleurs un souvenir et une émotion inoubliables. Mais si on considère que je suis prêt physiquement et que je corresponds au profil en tant qu’explorateur de l’extrême polyvalent, je suis ouvert aux propositions !

Propos recueillis
par Sophie Orus


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