Les soldes font-ils toujours recette ?

Alors que la pluie sonnait la fin des soldes d’hiver 2014 hier mercredi, les commerçants plongeaient le nez dans leurs cahiers de comptes. Le point avec les premiers concernés, dont la plupart reste pour le moins désabusée…

Quartier Croix-Baragnon, les soldes n’ont pas été folichons, c’est le moins que l’on puisse dire. « Chaque année ça diminue », confirme Johnny Dunal président de l’association des commerçants du quartier. Pour lui, pas de doute : la faute aux soldes flottants pratiqués par nombre de commerçants, « ça casse la magie des soldes. » Premier effet collatéral : de grosses remises d’entrée, pour appâter le chaland déjà coutumier des réductions… « On a eu beaucoup de monde les quatre premiers jours, du mercredi au samedi, puis plus rien. » Un constat que corroborent les commerçants du quartier et au-delà. « On a trois premiers jours de folie puis un décrochage », confirme Marc Friedman, président de la Fédération nationale de l’habillement 31 (FNH31). Rue Alsace Lorraine dans une enseigne de prêt-à-porter bon marché, une vendeuse explique : « on ne voit plus vraiment la différence entre l’affluence des soldes et celle destinées aux multiples ventes privées ou soldes exceptionnels… »

« Ce grand rendez-vous de la conso appartient au passé »

Une déception palpable et quasi unanime, en tout cas dans le secteur de l’habillement. « Globalement on note -5% sur les soldes tous secteurs confondus par rapport à 2013, chaque année ça baisse un peu plus », ajoute Marc Friedman, « les soldes flottants ont déréglé le système et le consommateur n’y comprend plus rien et attend sans cesse la réduction, ce qui fait qu’il consomme moins. » Marc Friedman confie ses espoirs suite au rapport rendu à Sylvia Pinel, ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme : « Si un grand nombre de commerçants a déjà pointé l’aberration des soldes flottants, les pouvoirs publics en prend actuellement conscience et il semble qu’on aille plutôt dans le sens d’une éradication de ce système pour un retour aux traditionnels soldes bisannuels. » La bête noire de l’habillement s’accompagne bien sûr de la crise économique « dont on a du mal à sortir et d’un hiver peu propice aux achats : on est climato-dépendant comme les agriculteurs », plaisante le président de la FNH31, « c’est l’hiver le plus doux depuis l’invention de la météo : moins de grosses pièces achetées génère forcément moins de chiffre. » Côté maison pourtant, c’est une autre histoire : « 2014 est plutôt un bon cru », relate cet employé d’un magasin de décoration du centre-ville, « il semble que les Toulousains se recentrent sur leur habitation car nous avons eu beaucoup de monde pendant toute la période. » A la CCIT, il est encore « trop tôt pour avoir des chiffres précis », indique Christine Le Gallo, présidente de la commission commerce, « nous avons commandé une étude dont les résultats seront publiables d’ici une semaine. » En attendant chacun y va de ses analyses quant à la consommation locale : « Autour de Toulouse les centres commerciaux connaissent de plus en plus de friches, des cellules restent vides mais malgré cela on prévoit l’ouverture de Val Tolosa et d’un espace à Fenouillet… N’y a-t-il pas là quelques aberrations quant à une éventuelle stratégie de la consommation locale ? » s’interroge Marc Friedman.

Aurélie Renne



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