Les soldats du feu d’hier et d’aujourd’hui

«Sauver ou périr», «courage et dévouement»… Deux maximes qui animent les soldats du feu. Un métier en constante évolution qui ne cesse de se diversifier, du feu aux premiers secours, des risques industriels en passant par les inondations. Les pompiers sont sollicités par tous et pour tout. Ces professionnels ou volontaires, prennent des risques à chaque intervention. Leur engagement reste entier et leur dévouement sans limite. Rencontre avec le corps toulousain à l’occasion de la Sainte Barbe.

 

L’Histoire, les pompiers, Toulouse…

Depuis l’Antiquité, les hommes s’organisent contre le feu et ses dangers. A Toulouse, le début de l’histoire de la corporation commence en 1463, date du grand incendie qui dévisageât la ville rose.

Sapeur-Pompier. Pompier en référence aux pompes à bras utilisées pour éteindre les incendies depuis le 17e siècle et Sapeur car depuis le Moyen Âge pour arrêter la propagation du feu en ville, parfois on détruisait ou «sapait» un ou plusieurs édifices jouxtant le lieu de l’incendie. La lutte contre le feu s’organisait plutôt de façon spontanée, les badauds, les moines, les domestiques, les prostitués, les personnes disponibles passant dans la rue constituaient des chaînes humaines permettant d’acheminer les seaux d’eau d’un point à l’autre. A Toulouse, le grand incendie de 1463 incomberait à deux boulangers du couvent des Carmes (aujourd’hui rue Maletache) où un four prit feu. Selon les textes d’archives, il dura entre douze et quinze jours, encouragé par le vent d’autan. De cette catastrophe, les Capitouls tirèrent quelques leçons et décisions. Visite des cheminées, obligation d’utiliser des chandeliers en métal, entretien des lanternes situés dans les lieux publics, obligation à chaque Toulousain de posséder deux seaux de cuivre ou de bois et surtout création de ce qui fut l’ancêtre du corps de sapeurs-pompiers. Douze charpentiers, six teinturiers et six tanneurs constituaient l’équipe d’intervention. En parallèle, le système des «dizeniers» (répartition par secteur de la ville de chefs de famille chargés de surveiller et signaler les feux), déjà existant, fut optimisé ou pour le moins ordonnancé. Des guets furent installés, des pompes à bras réparties par quartiers et le corps de sapeurs-pompiers se développa progressivement au fil du temps. Au 19e siècle, la caserne centrale de Toulouse se situait rue Labéda, en plein cœur de la ville. Elle portait le nom de caserne Roussi, du nom de l’horloger qui louait les locaux. Puis au 20e, le corps s’installa sur les quais du Port Saint Sauveur et prit le nom de caserne Boulingrin en 1938, qui est aujourd’hui la caserne la plus ancienne de la ville. Les casernes Vion (1966) et Lougnon sont aujourd’hui des bâtiments classés. En 1960, le corps toulousain élargit ses compétences et se dote d’une équipe de plongeurs. Depuis 1988, les Sapeurs-Pompiers sont sous la responsabilité administrative et financière du Conseil Général et sous la responsabilité opérationnelle du Préfet et du Ministère de l’Intérieur.

 

La caserne Genes Lougnon

Certains l’appellent Caserne Boulingrin, du port Saint Sauveur, ou encore du Grand Rond. La Caserne Genes Lougnon est, aujourd’hui, la plus ancienne caserne de la ville de Toulouse. Construite en 1936 dans un ensemble architectural classé, la caserne accueille les pompiers depuis 1938. Elle porte depuis 1975 le nom de Genes Lougnon en hommage au Sapeur-Pompier toulousain, le sergent Lougnon,  décédé en service commandé le 13 juillet de cette même année.

 

 

 

Les pompiers du 31 en chiffres

34 centres d’incendie et secours en Haute-Garonne

765 sapeurs-pompiers professionnels

1131 sapeurs-pompiers volontaires

182 personnels administratifs et techniciens spécialisés

 

Le chiffre

47 149

C’est le nombre d’interventions effectuées en 2011, soit 129 par jours.

 

La cérémonie de la Ste Barbe

Il règne ce matin du 4 décembre, une ambiance de fête au Port Saint Sauveur. Les véhicules rouges sont rutilants et alignés le long de la Caserne Génès Lougnon. Des hommes en uniforme ou en civil se saluent, se congratulent. L’heure est aux retrouvailles, les soldats du feu d’hier et d’aujourd’hui célèbrent la Sainte Barbe, sainte patronne de la corporation. 11h, la cérémonie commence. Les sapeurs en activité sont au garde-à-vous, prêts pour que le Commandant Hurteau, responsable de la Caserne Lougnon et le Colonel Toufflet, directeur Départemental du SDIS (Service Départemental d’Incendie et de Secours de la Haute-Garonne), passent les troupes en revue. Les aînés, les invités, dont les veuves de sapeurs disparus en mission, sont recueillis et assistent avec fierté au cérémonial. Les gradés déposent une gerbe au pied de la stèle en hommages aux morts, après une minute de silence, la Marseillaise retenti dans la Caserne. Un moment d’émotion, de patriotisme, de communion entre anciens et nouveaux sapeurs, ces hommes et femmes qui ont choisi de dévouer leur vie aux autres. Après avoir cité les noms des morts au champ d’honneur, au feu ou en service commandé, la cérémonie se poursuit avec la remise des médailles et les discours. Le Commandant de la Caserne Lougnon, le Commandant Hurteau remercie les initiateurs de cette cérémonie et les participants de leur présence. Il annonce qu’actuellement, la caserne collecte des données pour la réalisation d’un ouvrage sur l’Histoire des pompiers. Le Commandant énonce les valeurs chères au cœur du corps : honnêteté, probité, altruisme, collectivité… Il évoque le souvenir du dernier pompier de la caserne décédé en 2006 et la tragédie de Digne-les-Bains où un jeune sapeur de 16 ans et son parrain, un pompier professionnel de 35 ans, ont perdu la vie début novembre. Pour le Commandant, il faut «maintenir le sentiment d’appartenance au sein de la profession et les valeurs du corps.»

 

«Les Toulousains sont fiers de vous»

Pour le Colonel Toufflet, directeur départemental du SDIS, il est primordial de «défendre, respecter et garder nos valeurs», l’année 2012 a été riche en intervention et 2013 verra la poursuite «des aménagements dans les casernes du département pour améliorer le cadre de vie des sapeurs», et le début d’un travail sur l’aide médicale d’urgence qui constitue une grande partie de l’activité. A son tour, le Colonel rend hommage aux victimes de Digne-les-Bains et aux onze sapeurs-pompiers décédés en 2011. «Courage et dévouement» sont des mots qui résonnent plein de sens, plus qu’une maxime. «Vous êtes le maillon fort de la chaîne du service public de proximité» conclut le Conseiller général André Laur, Vice-Président du SDIS au sein de l’assemblée départementale. Rendant hommage au courage et à la technicité de chacun, André Laur se félicite de l’exemplarité de solidarité du corps et assure aux sapeurs : «les Toulousains sont fiers de vous».

Ces festivités se sont poursuivies autour d’un verre de l’amitié, puis d’un repas au cours duquel, les pompiers d’hier et d’aujourd’hui ont partagé un moment de fraternité.

 



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