Les saisonniers sont encore exploités

Les beaux jours sont revenus, et avec eux, les emplois saisonniers permettant aux professionnels du tourisme de contenter la vague de vacanciers venue grossir la clientèle habituelle. Mais cette période estivale est également réputée pour les abus en tout genre, y compris le non-respect des conditions de travail. Les syndicats veillent, et parmi eux, la CFDT.
 
Le tourisme reste un secteur essentiel de l’économie Midi-Pyrénéenne. «Le nombre d’emploi qu’il génère a doublé en 10 ans : il représente 28 000 postes salariés permanents auxquels viennent s’ajouter 7 400 emplois non-salariés et 8 700 emplois saisonniers», constate la CFDT. Et en ces heures chaudes de l’été, ce sont bien ces saisonniers qui sont les victimes d’abus et d’exploitation. C’est pour cela que la CFDT a mis en place une campagne d’intervention nationale pour informer les jeunes travailleurs de leurs droits, et éventuellement les défendre si ceux-ci ne sont pas respectés. Car, même si les saisonniers sont pris de plus en plus au sérieux (création de Maisons des saisonniers, chartes de qualité mises en place, construction de logements dans les régions côtières…), ils restent les principales victimes d’employeurs qui oublient le paiement des heures supplémentaires, les majorations des heures de nuit, les pauses règlementaires en cours de service, les jours de repos…, comme en témoigne Marc, 19 ans, saisonnier dans l’hôtellerie à Lourdes (65) : «Je sais que je me fais exploiter. Je fais énormément d’heures supplémentaires qui ne me sont pas forcément payés, mais je suis tellement content d’avoir trouvé cet emploi, que je préfère ne rien dire». C’est généralement le raisonnement que tiennent les saisonniers, et c’est bien cela qui inquiète la CFDT. Pour Grégory Martin, responsable de l’Union régional interprofessionnelle Midi-Pyrénées, «les saisonniers sont, en grande majorité, des jeunes qui ne connaissent pas le monde du travail, ils ne savent pas quels sont leurs droits et ne peuvent donc pas les faire valoir. Nous sommes là pour les en informer».

 

Un bus confédéral

Pour assurer cette mission d’information aux salariés, la CFDT a décidé d’innover cette année. En effet, pour leur campagne estivale, les militants de l’organisation syndicale ont fait preuve d’imagination et ont privilégié la convivialité. «Nous sillonnons en bus les régions les plus “utilisatrices” d’emplois saisonniers. Il nous permet de nous rendre sur place, là où les saisonniers travaillent, dans les hôtels, les restaurants, les grandes surfaces…» Ce nouveau système permet à la CFDT de répondre présent à toute demande de renseignement quant aux droits et devoirs d’un employé, mais les militants présents sur le terrain, dans le bus confédéral, dispensent également des conseils afin de réaliser un CV, une lettre de motivation… «Nous avons, avant tout, une vocation de service», ajoute Grégory Martin. De plus, les adhérents CFDT se rendent, sur place, dans les entreprises embauchant des saisonniers afin d’indiquer leur présence, mais «en aucun cas nous n’allons dans les sociétés pour casser du patron. Nous rencontrons souvent des petits patrons qui connaissent mal les lois qui régissent les emplois saisonniers, nous les renseignons également», explique le responsable de l’URI Midi-Pyrénées.
Leur action se poursuit aussi en direction des touristes. «C’est l’avantage de ce bus confédéral, nous pouvons aider les employés et les petits patrons de PME mais aussi sensibiliser les touristes aux contraintes des métiers de saisons», continue-t-il. D’ailleurs, un bracelet de la solidarité leur est distribué, pour qu’ils puissent témoigner de leur prise de conscience quant aux possibles exploitations et aux conditions de travail difficiles des personnes qui assurent quand même le bon déroulement de leurs vacances.

Séverine Sarrat


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