Les quartiers toulousains à la fête !

Le week-end des 21 et 22 septembre 2013, a été l’occasion pour plusieurs quartiers de la ville de Toulouse de faire la fête. A chaque lieu ses spécificités, ses animations car chacun a son identité. Par exemple, à Arnaud Bernard, les Toulousains ont dansé, aux Ponts Jumeaux, ils ont jardiné… Votre hebdomadaire s’est invité dans deux quartiers, qui ont en commun d’être au nord de la ville et d’avoir une tradition maraîchère, pour partager des moments de convivialité « made in Toulouse » !

 

Aux Sept Deniers, un festival animé !

Les 20 et 21 septembre derniers, la 9e édition du festival de quartier « 7 à la ronde » a égayé les Sept Deniers, le quartier du Stade Toulousain. Un repas entre habitants route de Blagnac, de nombreuses animations et rendez-vous musicaux étaient au programme.

Vendredi 20 septembre 2013, il est 20h. Les rues du quartier des Sept Deniers sont inondées de voitures, de piétons et ce n’est pas jour de match ! La route de Blagnac est coupée à la circulation entre la rue Jean Gayral et la rue Miramar car ce soir, on dîne sur la chaussée ! La circulation se reporte donc sur les rues adjacentes. Plus on approche du lieu de rendez-vous, plus les enfants sont nombreux, en vélo, en trottinette ou à pied. Les gens convergent, paniers au bras ou cagette dans les bras vers le lieu de rendez-vous. La musique raisonne, elle est sympathique, entraînante populaire. Les tables remplissent la route de Blagnac, et l’apéritif offert par l’association organisatrice, les 7 animés, est très convivial. Installée devant le restaurant de l’emblématique joueur de rugby Jean-Marie Cadieu « Los Piquillos », « La clique du quartier » donne le tempo à la fête. « Cet orchestre a la particularité d’être composé de gens du quartier, il y a des débutants, des amateurs et des professionnels. On se connaît tous, nos enfants sont ensemble dans la même école, c’est très sympa ! » explique Philippe Gal, musicien émérite de la formation et membre de l’association des 7 animés. Le groupe répète ensemble à l’école depuis deux ans maintenant. Il s’est déjà produit à plusieurs reprises mais dans d’autres quartiers. Pour l’occasion, un groupe de percussionnistes les a rejoints, cela donne en plus d’un côté festif, un accent un peu exotique à la fête !

 

Rires et chansons !

Jusque tard dans la nuit, les voisins dînent, discutent et dansent, les enfants jouent, le tout dans une ambiance « bon enfant ». Le lendemain, la route de Blagnac est rendue à la circulation et la fête s’installe au cœur de la cité Madrid. Malgré la rencontre sportive opposant le Stade Toulousain à Castres, les habitants du quartier sont aujourd’hui encore au rendez-vous. Des manèges, des châteaux gonflables, des marionnettes, les stands des associations du quartier, une buvette… Un programme qui rend ce festival incontournable ! Et que dire des artistes et musiciens participants à la fête ! Comme les exubérants « Lait Yahourt Brothers » faisant chanter la foule en jouant perchés sur des échasses, le collectif musical toulousain Vrac, ou encore la Compagnie Sterenn qui a enchanté petits et grands avec son cabaret de marionnettes. Que du bonheur ! Rendez-vous l’an prochain !

 

Petite histoire des Sept Deniers

Au Moyen Age, le quartier des Sept Deniers est une large étendue champêtre appartenant à la commune appelée « pré ». Les Capitouls y accordaient des droits de pâturage au loyer annuel de sept deniers. Lors de l’épidémie de peste de la première moitié du 17e siècle (1628/1632), le « pré des Sept Deniers » est transformé en camp d’accueil pour les malades, mettant ainsi les pestiférés à l’extérieur des murs de la ville, en amont du cours de la Garonne. Les livres d’histoire évaluent le nombre de victimes de la peste à Toulouse à 50 000 personnes. Enclavé par la Garonne et le Canal, soumis à leurs caprices et régulièrement inondé, le quartier se développe bon gré mal gré au fil du temps. Les années 30 voient l’arrivée de l’usine Job, fabriquant de papier à cigarette, sur plus de quatre hectares et demi. Une implantation qui marque les mémoires et l’histoire des familles vivant dans le quartier. Dans les années 50, les habitants des Sept Deniers ne vivant pas sur la route de Blagnac n’ont pas accès à l’eau potable ailleurs qu’aux bornes fontaines, l’eau des puits n’étant pas saine à cause des répercutions des fréquentes inondations.

 

Aux Izards, un cinquantenaire enrichissant

Cette année, le quartier toulousain des Izards fête ses cinquante ans. A cette occasion, l’association #31# organise un séminaire pour les jeunes de 18 à 30 ans sur le thème : « La mémoire de l’immigration comme histoire partagée ». Expositions, discussions, projections, un programme riche et participatif ouvert à tous.

Il y a cinquante ans, sortait de terre les premières barres d’immeubles du quartier des Izard-Trois cocus. Dans le cadre de cet anniversaire mais aussi de celui de la démolition et reconstruction d’une partie du quartier, l’association #31# organise ce séminaire. Une manifestation sur plusieurs jours, jusqu’au 30 septembre, avec un séminaire destiné à des jeunes âgés de 18 à 30 ans et ouvert au public, des expositions, cofinancé par l’Europe dans le cadre du Programme Européen Jeunesse en Action (PEJA). Tout d’abord les expositions. La première « Mémoires et Mémoire » installée à la médiathèque des Izards. Elle rassemble des photos du quartier récentes ou anciennes, que des enfants de 12 à 14 ans du centre de loisirs de Pech David ont sélectionnées. Au travers de cette exposition, transparaît l’image que ces enfants en ont. Ensuite, l’exposition « Fiché mais pas fichu. La cité des Izards s’affiche » visible à la station de métro des Trois Cocus. Cette dernière rassemble les success stories des habitants du quartier réalisée avec et par des jeunes. Enfin, le séminaire « La mémoire de l’immigration comme histoire partagée ». Durant 10 jours, des jeunes de 18 à 30 ans en provenance de différents quartiers de la ville partagent et échangent, confrontent leur vision du monde, de la vie, de leur quartier, de leur identité, de l’avenir. Des moments forts, enrichissants, des réflexions et des échanges sur différents thèmes définis par l’association #31#. Chaque après-midi, des intervenants différents sont invités à débattre avec ces jeunes.

 

Le séminaire se poursuit

Jeudi 26 septembre de 14h à 17h salle des Chamois Souvenirs au centre culturel des chamois avec différents intervenants. Séminaire sur le thème : Intégration dans la vie sociale et professionnelle. Intégration des populations immigrées dans la vie d’un quartier, d’une ville et dans le monde du travail. Rencontre avec un groupe d’habitants à l’origine de l’exposition.

Vendredi 27 septembre, salle des chamois de 13h à 18h avec plusieurs intervenants sur le thème : La diversité culturelle. Mieux connaître les différentes populations et les cultures pour mieux se comprendre les uns les autres. Pour conclure le séminaire, les participants rencontreront les élus de la ville de Toulouse et partageront avec eux le bilan et les réflexions marquantes de la semaine. Ce type de rencontre séminaire est une première en la matière, et fera sûrement des émules !

 

Plus d’info : 31diez.com

Petite histoire des Izards

Dès le Moyen-Age, l’espace marécageux où se situe aujourd’hui le quartier des Izards, est un espace maraîcher, dédié à la culture. Le quartier est appelé aussi « Trois cocus ». Ce nom selon les archives, serait l’héritage d’une petite erreur de retranscription de soldats napoléoniens à l’occasion d’un recensement cadastral. Parce qu’une sculpture présentant trois coucous ornait la façade de la maison d’un seigneur, les habitants appelaient le quartier en occitan « tres cocuts ». Les soldats ont donc noté phonétiquement « Trois cocus ». L’urbanisation du quartier explose littéralement dans la seconde moitié du 20e siècle. En 1963, un ensemble de petites barres d’immeubles sort des champs, ces logements accueillent les rapatriés d’Algérie déracinés et désargentés pour la plupart. Ici se mêlent donc des maisons maraîchères, des immeubles et des pavillons résidentiels. La densité du quartier se multiplie en un temps record. Entre les années 70 et 80, la population « Pieds noirs » est progressivement remplacée par une autre, en partie en provenance du Maghreb, dans certains immeubles se retrouvent parfois plusieurs personnes originaires d’un même village, des familles.



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