“Les Prisons du cœur” ; Améliorer les conditions de détention

Bénévole à l’association “Les Prisons du cœur” et chargée du suivi du programme de lutte contre le choc carcéral, Edith Bizot était en visite la semaine dernière à la Maison d’Arrêt de Seysses.

 
«L’arrestation, la garde à vue, cela n’arrive pas qu’aux autres.» Bénévole de l’association “Les Prisons du cœur”, Edith Bizot était le semaine dernière en inspection à la Maison d’Arrêt de Seysses. Chargée du suivi du programme de lutte contre le choc carcéral, elle s’est assurée de sa bonne mise en place au sein de l’établissement pénitentiaire haut-garonnais.
«Cette visite s’est très bien passée» s’est félicitée Edith Bizot à sa sortie de la maison d’arrêt. «C’est un travail d’équipe formidable qui a été réalisé. L’administration pénitentiaire a mis beaucoup de cœur à l’ouvrage. Tout le monde est enchanté et se rend compte de l’importance de ce dispositif, pour les détenus, les surveillants et l’établissement tout entier.»
Concrètement, il s’agit d’améliorer les conditions de détention des nouveaux arrivants dès les toutes premières heures. A Seysses, ils sont 2 500 par an dans ce cas. «L’idée, c’est de leur expliquer la façon dont va se passer leur mise sous écrou» indique Edith Bizot. «Pour les primo délinquants, c’est très important car non seulement ils arrivent dans un état second mais en plus, ils ignorent tout de ce qui les attend.»

 

« La privation de liberté est suffisante »

Un dispositif d’accueil avec d’abord, ce panneau qui reprend la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ; «la première chose que les détenus voient en arrivant ici» précise Edith Bizot. Dans les cellules, des bancs sur lesquels les détenus peuvent s’allonger. Sur les murs, des reproductions de Monnet, «pour rendre le lieu plus agréable et apaiser l’esprit des détenus. Cela attire leur attention et la canalise.» commente la bénévole de l’association.
Sur un téléviseur, un film est projeté en boucle. Sept minutes pour informer par exemple ces gardés à vue de leur droit au téléphone. Pour les conseiller aussi : «On les prévient que la mise sous écrou consiste en une prise d’empreintes, de photographies ; qu’ils vont recevoir un numéro d’écrou qui va devenir un peu leur identité pendant leur détention. On leur explique qu’à leur arrivée, ils vont pouvoir garder leur alliance ou leur signe religieux s’ils en portent un, mais que tout le reste va être conservé par l’administration pénitentiaire jusqu’à leur sortie. On leur dit aussi que comme un surveillant va s’approcher avec des gants pour fouiller leurs vêtements, mieux vaut donner de suite ses sous-vêtements pour rester nu le moins possible et ainsi garder sa dignité.»
L’hygiène a elle aussi été repensée, avec des caillebotis à l’entrée des douches ou la distribution de paire de tongues, «pour éviter des ennuis dermatologiques majeurs. C’est un confort supplémentaire, si on peut dire.» ajoute Edith Bizot.
Dans le même esprit, des patères anti-suicide ont également été posés. «Pour que les gens puissent réfléchir à leurs actes, il faut qu’ils se sentent respectés. Si on les traite bien, ils se portent mieux et réagissent mieux. La privation de liberté est déjà suffisante. Ils n’ont pas besoin de souffrir davantage.» Cependant, pas question pour Edith Bizot de parler de prisons quatre étoiles : «Leur punition, c’est la privation de liberté. Ce n’est pas de les maltraiter, de les considérer mal. Ce n’est pas parce qu’une personne en a maltraité une autre, qu’elle doit être maltraitée à son tour. Ce n’est pas ainsi que cela fonctionne et j’espère qu’en 2011, on l’a compris.»
A l’heure actuelle, le programme de lutte contre le choc carcéral, dont l’installation a été accélérée par le Garde des Sceaux Michel Mercier, est mis en place dans vingt établissements pénitentiaires français.

Claire Manaud


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