Les paras sans avions

L’annonce de la restructuration de l’armée a fait dans la région Toulousaine l’effet d’une bombe. En effet il a été décidé unilatéralement comme pour les autres sites, de supprimer purement et simplement la base de Francazal en 2010. Après le départ des derniers éléments du centre d’instruction des équipages de transport pour Orléans le 15 juillet. Cette base compte 988 personnes dont 240 d’unités extérieures qui ne seront plus rattachées aux effectifs dès le début de septembre. A l’été 2009, la base 101 sera dissoute et transformée en détachement air bénéficiant du soutien de la base aérienne 118 de Mont de Marsan. Les effectifs de l’armée de l’air seront alors 450 personnes : 300 pour l’Escadron de soutien technique spécialisé et 150 pour le fonctionnement.
Voilà en ces termes l’annonce officielle qui a été faite aux élus des communes concernées par le préfet Dominique Bur.

 
A l’été 2010 donc cette base sera fermée. Pour ceux qui sont d’accord avec cette mesure, les arguments ne manquent pas. «Cette base n’était pas équipée pour l’A400M.» «Les travaux d’aménagement auraient été trop chers» «Il est logique de tout regrouper sur le base d’Orléans» «La fermeture de la BA 101 permettra d’économiser chaque année 3,3 M€ de fonctionnement et 0,6 M€ de travaux d’infrastructure.»
Tous ces arguments peuvent se comprendre mais c’est à l’évidence sans compter sur les problèmes humains, sur les problèmes d’avenir des communes concernées et bien sûr sans compter sur le désir des populations de garder une base militaire dans la capitale de l’aéronautique.
De plus le 1er RTP est maintenu ce qui n’est pas sans poser des problèmes de réorganisation, il sera curieux de voir un bataillon parachutiste sans avions.
Mon propos n’est pas ici de définir si cette mesure est incontournable, si elle s’impose et si elle entre dans  une restructuration globale et cohérente. Notre premier ministre dans son annonce a développé ces points et surtout a insisté sur le fait que l’armée n’était pas une variable d’ajustement d’aménagement du territoire.

 


En revanche je suis surpris de la manière dont ces choses se sont passées. L’absence totale de concertation, qui est devenu le fonctionnement de base de notre gouvernement est choquant. C’est quand même faire très peu de cas des élus locaux et des problèmes qui leurs sont posés avec cette nouvelle carte militaire. Je ne suis pas de ceux qui aimeraient imposer l’immobilisme pour garder des avantages locaux contre l’intérêt général. Mais par contre il est de plus en plus difficile d’accepter les mesures verticales sans aucune possibilité de faire valoir ses arguments.
Il est vrai que la région Toulousaine et son développement souffriront moins qu’une très petite agglomération qui perd avec le départ des militaires plus de 60 % de sa population. Mais quand même ! Les maires de Cugnaux, de Portet, de plaisance, ne décolèrent pas et nous pouvons tous les comprendre. Les décisions sont prises mais c’est après que les mesures d’accompagnement viendront, et là ce n’est pas vraiment une bonne méthode. Dans les entreprises, dans lesquelles j’ai eu l’occasion d’accompagner des restructurations, les mesures rassurantes viennent en même temps, ou précèdent, la mesure la plus dure. Là c’est le contraire, l’annonce de la mesure la plus dure est faite sans aucune annonce de réconfort ou de réassurance. Il y a vraiment de quoi être inquiet et en colère.
Il est frai que dans notre région il n’y avait pas de député à “acheter” pour qu’il vote la réforme sur les institutions, nous n’en avons plus. Idem pour les sénateurs. Seul Jean Michel Baylet était à convaincre et cela concerne le Tarn et Garonne. Nous avons bien vu dans l’Est comment les tractations se sont faites : Les menaces des élus de démissionner en bloc et les changements de décisions justes avant le vote au congrès. Je ne voudrais pas dire qu’à Toulouse c’est la punition d’avoir voté un maire de gauche mais je suis certain que beaucoup, comme moi, y pensent.
Surtout que les ténors de l’UMP, Dominique Baudis en tête, toujours si prompt à parler pour affirmer qu’ils reprendront Toulouse ont été, sur ce sujet d’un silence assourdissant.

 

Alors cette mesure de réorganisation militaire, qui en choque plus d’un, est-elle bonne ? Sur le plan militaire, espérons que oui. Sur le plan politique ce n’est certainement pas la bonne voie pour reconquérir un fief perdu certainement pour un bout de temps. Il ne faut pas oublier que beaucoup de Gaullistes, qui votent à l’UMP, sont très en colère contre la restructuration de l’armée.

Si l’équipe sortant de la mairie de Toulouse n’avait pas perdu, je serais curieux de connaître leurs positions, mais là c’est de la fiction, ils sont en vacances. Mais septembre n’est pas si loin…

Patric Crasnier

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