Les ministres Vincent Peillon et Aurélie Filippetti à Toulouse «L’éducation artistique et culturelle n’est pas un blabla de plus»

Les ministres de la Culture et de l’Education nationale, Vincent Peillon et Aurélie Filippetti étaient vendredi à Toulouse, dans le cadre de l’opération «Un établissement, une œuvre ». Une visite chahutée par des formateurs et étudiants ESPE (Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education).

 

A l’occasion des trente ans des Fonds Régionaux d’Art Contemporain (FRAC), le dispositif «Un établissement, une œuvre» a été lancé à l’école Jules Julien de Toulouse. Objectif de l’opération : sensibiliser les élèves à l’art contemporain et «lutter contre les inégalités dans l’accès à la culture», a  précisé Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication lors de la signature d’une convention-cadre nationale qui doit permettre d’exposer les œuvres dans les établissements scolaires. «La culture fait désormais partie du cercle commun des connaissances (loi du 8 juillet 2013 pour la refondation de l’école, ndlr) et les 23 FRAC ont vocation à faire circuler les œuvres qui peuvent ainsi aller à la rencontre des citoyens. J’ai augmenté de 25% les crédits consacrés aux projets d’éducation artistique, ce qui va permettre de cofinancer plus de mille projets supplémentaires chaque année d’ici 2015 avec les collectivités locales», ajoute Aurélie Filippetti. Après avoir assisté à un spectacle de cirque donné dans la cour de l’école, Vincent Peillon a pour sa part déclaré : «L’éducation artistique et culturelle n’est pas un blabla de plus.»

 

«ESPE en colère. Vers un fiasco scolaire»

 

Mais ce n’est pas la centaine d’enfants présents qui a chahuté le ministre de l’Education nationale. En guise de comité d’accueil, des formateurs et étudiants ESPE attendaient de pied ferme Vincent Peillon aux cris de «ESPE en colère, vers un fiasco scolaire». «La réforme engagée pour la formation des enseignants fait que les étudiants reviennent vers les métiers de l’enseignement. C’est une bonne nouvelle», argue Claudine Garcia-Debanc, formatrice de cette école supérieure, «mais la baisse du budget alloué à l’ESPE et du nombre de postes nous inquiètent sur la manière dont nous pourrons assurer nos missions, à savoir préparer des enseignants de qualité pour l’école, les collèges et les lycées.» Par ailleurs, interpellé par le syndicat SNUIPP sur les rythmes scolaires, le ministre a concédé des «résultats contrastés» : «S’il doit y avoir des corrections, nous les ferons.» Mais la marge de manœuvre des syndicats sera-t-elle large ? «Je ne veux pas que les enseignants dont j’attends vraiment qu’ils soient le cœur battant de la République, soient les premiers à attaquer une réforme à laquelle je sais qu’au fond, ils tiennent aussi», a ainsi prévenu un Vincent Peillon à l’allure très mitterrandienne.

 

 

Claire Manaud

 



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