Les forains en colère

Les travaux du futur tramway en centre-ville l’an prochain obligent les forains de la fête Saint-Michel à déménager. Une décision qui a mis le feu aux poudres entre professionnels de la fête et mairie de Toulouse. Retour sur un dossier sensible qui est loin d’être réglé.

 
Les forains de la fête Saint-Michel ont plié leurs manèges ce dimanche après plusieurs semaines de divertissements pour toutes les familles toulousaines. Mais cette année, l’ambiance au sein des forains n’était pas vraiment à la fête : en effet, avec la décision de la municipalité d’entamer des travaux de construction d’un nouveau tramway intra-muros dès l’année prochaine, la traditionnelle fête Saint-Michel sur les allées Jules Guesde va être contrainte de se délocaliser. Et pour l’instant, aucune alternative ne semble les satisfaire. Il faut dire que cet événement fait vivre environ 150 familles de professionnels et représente l’une des plus importantes fêtes foraines du pays, installée dans la Ville rose depuis plus d’un demi-siècle.
Après une opération escargot sur le périphérique toulousain la semaine dernière qui a engendré des kilomètres de bouchons, les forains ont rencontré le maire de la ville Pierre Cohen qui campe sur ses positions : ce sera l’île du Ramier ou rien. Or les professionnels voudraient rester en centre-ville : «La solution la plus simple et la plus commerciale pour nous serait de nous installer sur les allées Frédéric Mistral», confie Frédéric Bruch, représentant local du syndicat Cinudati (Confédération Intersyndicale de Défense et Union Nationale d’Action des Travailleurs Indépendants). Or, les riverains sont opposés à ce projet et ont déjà collecté plus de 1 000 signatures à l’occasion d’une pétition lancée sur internet. Le même type de contestation pourrait intervenir également si la fête venait à se monter le long du Cours Dillon. Enfin, la délocalisation des manèges de l’autre côté du Grand Rond, sur les allées Paul Sabatier, n’est pas non plus envisageable car elles aussi sont impactées par les travaux du tramway.

Le Ramier sera-t-il praticable ?

Restent comme alternatives un déménagement hors du centre-ville, sur le parking du Zénith ou à la place du Parc des Expositions. Mais ce dernier n’est voué à être déplacé sur Beauzelle qu’en 2013. De plus, l’idée de quitter le cœur de ville ne réjouit pas les exploitants : «Nous perdrions énormément de clientèle en nous excentrant», explique Frédéric Bruch. «L’expérience dans d’autres grandes villes montre que les délocalisations des attractions sont un échec.» Pourtant, les forains devront s’adapter car le maire est catégorique : la seule solution reste l’île du Ramier, vouée à devenir un lieu de festivités pour les Toulousains. Encore faut-il que les élus entament l’aménagement du site afin de le rendre praticable, ce qui n’est pas une mince affaire. La mairie s’est engagée à proposer un projet concret d’ici la fin de l’année mais les forains sont sceptiques : l’île du Ramier sera-t-elle prête pour la prochaine fête de 2011 ? Dans tous les cas, c’est un événement incontournable et historique qui disparaît du centre-ville toulousain.

Sophie Orus


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