Les Compagnons du Tour de France au patrimoine culturel de l’humanité

Le 16 novembre 2010, le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (UNESCO) devait statuer sur l’inscription du Compagnonnage sur la liste représen­tative du Patrimoine culturel immatériel. Les Compagnons du Tour de France accèdent ainsi à la reconnaissance mondiale quant à l’originalité de leur méthode de transmission des savoirs.

 
Le patrimoine culturel immatériel

La notion de patrimoine culturel ne s’arrête pas aux monuments et aux collections d’objets. Elle comprend également les traditions orales, les pratiques sociales, les rituels et évène­ments festifs, les arts du spectacle, les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers, ou encore les connaissances et le savoir-faire nécessaires à l’artisanat traditionnel.
Tout comme la culture en général, le patrimoine immatériel évolue en permanence et il est enrichi par chaque génération. Mais aujourd’hui de nombreuses expressions et manifesta­tions du patrimoine culturel immatériel sont menacées, mises en péril par la mondialisation et l’uniformisation, ainsi que par un manque de soutien, d’appréciation et de compréhension.
En tant que moteur de la diversité culturelle, le patrimoine culturel immatériel bénéficie depuis 2003 par l’UNESCO d’une reconnaissance internationale, et sa sauvegarde est de­venue une des priorités de la coopération internationale.

 

Les Compagnons du Tour de France

Plongeant leurs racines dans un passé très lointain, pour le moins depuis l’époque des bâ­tisseurs de cathédrales, les Compagnons du Tour de France transmettent de génération en génération d’artisans, tours de main, traditions, rites et légendes. Leur réputation d’excellence n’est plus à faire. Le partage de ce savoir s’opère au fur et à mesure que le jeune ouvrier franchit des étapes et démontre à ses pairs les qualités acquises, tant sur le plan du savoir-faire que du savoir-être. Traditionnellement, ce parcours professionnel et humain s’accomplit au cours du “Tour de France”, pratique qui s’étend aujourd’hui au-delà des frontières.
Le compagnonnage français actuel est principalement représenté par trois associations :
- la Fédération compagnonnique des métiers du Bâtiment ;
- l’Association ouvrière des Compagnons du Devoir ;
- l’Union Compagnonnique des Compagnons des Devoirs Unis ;
mais il comprend également d’autres branches représentatives et autonomes, par exemple chez les Compagnons tailleurs de pierre ou dans les métiers du Cuir.

 

L’implication du Centre d’étude des compagnonnages

Indépendante de toutes les organisations, l’association “La Nef de Salomon/Centre d’étude des compagnonnages”, créée en 2003, a pour vocation de susciter et animer des recherches sur les compagnonnages en France et en Europe, et de participer à la sauvegarde et à la mise en valeur du patrimoine lié à ceux-ci. Son fondateur et directeur, Jean-Michel Mathonière, étudie depuis une tren­taine d’années l’histoire des compagnonnages. Il mène une action soutenue en direction de tous les publics, profanes comme spécialistes, en faveur de la sauvegarde du patrimoine culturel des Compagnons du Tour de France. Il est notamment le créateur d’un site internet et d’un blog dédiés au patrimoine compagnonnique, tant sur le plan architectural que dans toutes ses autres dimensions : symboles, rites, légendes, etc. J.M. Mathonière et le Centre d’étude des compagnonnages organisent, depuis 2006, de nombreuses expositions autour de ce patrimoine culturel. En 2010 se sont ainsi succédé “Secrets de Compagnons” au château de La Tour d’Aigues (84), et “Stéréotomique !” au château des Rohan à Saverne (67), à la collégiale de Saint-Gaudens (31) et à la Galerie de l’Hôtel de Manville aux Baux-de-Provence (13).

www.compagnons.info
Le patrimoine culturel immatériel : www.unesco.org


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