Les « coasseuses » de la Concorde

Le tranquille quartier des Chalets abrite bien des trésors. C’est au cœur d’une de ses  artère principale, la rue de la Concorde que trône une majestueuse statue de la légendaire Clémence Isaure. La fontaine, également nommée « La poésie romane » ou encore la Belle Paule, est une œuvre de Léo Laporte-Blairsy, sculpteur toulousain (1865-1923) à qui les Toulousains doivent notamment la statue « Réveil de Morphée » au jardin du Grand Rond. L’ensemble de bronze et de marbre a été financé par  Octave Sage, pharmacien de la place en 1905 qui souhaitait contribuer à l’embellissement de son quartier. Ornée de maintes décorations florales (violettes, églantines, soucis…) et animales (tortues, poissons et grenouilles), elle rend hommage aux fameux Jeux Floraux toulousains, de l’Academia dels Jocs Florals créée au 14e siècle. Parmi les animaux représentés sur l’œuvre, on dénombre trois paires de grenouilles ! Toutes ont le regard tourné vers Clémence Isaure qui, la tête penchée en avant, semble elle-même observer les batraciens ! Même si l’histoire raconte qu’elle cherche le ou la Toulousaine à qui remettre la couronne de fleurs qu’elle tient dans sa main gauche, il n’est pas interdit d’imaginer qu’avec le poing sur la hanche et la tête baissée, la Belle réprimande les infatigables et bavardes « coasseuses » s’essayant bruyamment à la poésie en langue d’Oc…

 

Marie-Agnes Espa



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