Les 10 ans de l’Hôpital des Enfants

Créée en septembre 1998, cette annexe du CHU de Toulouse a été conçue pour et autour de l’enfant. En 10 ans, les recherches, les soins et la prise en charge des patients par les équipes pédiatriques ont propulsé l’établissement au premier rang des pôles d’excellence nationaux.
 


«On a vu trop petit lors de la construction de cette structure hospitalière», constate le Professeur Guitard, médecin responsable adjoint de l’Hôpital des enfants. En effet, avec 25 000 hospitalisations par an et 73 000 consultations, la carence de lits se fait cruellement sentir. «Cela s’explique par une démographie toulousaine en constante augmentation, mais aussi par l’attractivité de nos locaux. La compétence et la renommée des médecins qui officient dans l’établissement contribuent à attirer toujours plus de patients», confie le médecin.

Même si les conditions sont difficiles, les équipes soignantes privilégient, depuis 10 ans, l’épanouissement de l’enfant, ainsi que son développement et son éveil, en milieu hospitalier. Pour y parvenir, ils ont fait, et font appel, à différentes associations qui interviennent pour maintenir les petits malades en contact avec l’extérieur, en assurant un suivi scolaire, des activités éducatives et ludiques. Ici, l’ensemble des besoins de l’enfant et de sa famille est pris en charge et personnalisé autant que faire se peut. C’est grâce, notamment, à la création de “la Maison des Parents” ou du “Laurier Rose” ; structures qui permettent d’accueillir les parents et ainsi de maintenir un tissu familial, que l’hôpital des enfants a bâti sa réputation. Mais c’est surtout grâce au travail de ses 12 équipes médicales et de ses 2 équipes chirurgicales, que l’établissement est devenu une référence nationale.

10 ans d’innovations

Pendant 10 ans, les médecins-chercheurs n’ont eu de cesse de faire progresser les techniques médicales et chirurgicales. Et les résultats s’avèrent encourageants. «Il est temps de fêter ça ! Nous voulons montrer aux Toulousains les efforts et les progrès que nous avons faits durant toutes ces années», déclare le Pr Guitard. C’est dans cette optique que des conférences grand public ont été  organisées le 24 septembre à l’hôpital, de 17h à 19h. Ce que le personnel souhaitait montrer ? Les avancées technologiques dont bénéficie aujourd’hui l’hôpital et qui facilitent considérablement la vie des enfants malades. «Depuis 3 ans, nous avons mis en place un nouveau programme pour les grands prématurés qui permet de déterminer, pour chacun, les soins qui perturberont le moins possible le développement neurologique du nourrisson», explique le Dr Glorieux. En cardiologie pédiatrique, le Dr Acar confie que «les dernières méthodes d’échographie du coeur en 3D permettent de mieux préparer les interventions sur les enfants». Et le Pr Tauber de rajouter : «grâce à nos résultats, nous sommes devenus le premier centre national de traitement aux hormones de croissance avec 750 enfants traités», et cela ne s’arrête pas là. Les innovations sont également observables dans la prise en charge de la douleur, qu’elle soit physique ou psychique, où des méthodes non-médicamenteuses comme la sophrologie, sont de plus en plus utilisées. Bien d’autres progrès de la médecine ont permis aux équipes du CHU d’obtenir des résultats probants. En hématologie, par exemple, le Dr Rubie constate qu’«aujour-d’hui, on parvient à guérir plus de 75 % des cancers de l’enfant». Mais son service recense plus de 120 cas tous les ans et il avoue «ne pas avoir assez de lits disponibles, les places sont donc limitées».

Encore plus grand

Avec une activité de consultation qui a augmenté de 25 % ces cinq dernières années et des hospitalisations qui ne cessent d’augmenter, l’hôpital est désormais trop petit. C’est pourquoi la direction du pôle des enfants, en accord avec la direction générale du CHU, a mis en place un projet d’extension. «Dans trois ans, au plus tard, une nouvelle structure devrait voir le jour à côté de l’hôpital des enfants», confie le Pr Guitard. Il s’agirait de déplacer dans ces nouveaux locaux, les secteurs dits tertiaires, comme les bureaux de consultations… «Ainsi, 64 lits seraient libérés pour des hospitalisations», conclut le Pr Guitard. Encore une fois, tout sera fait dans l’optique de faciliter la vie des enfants déjà bien assez meurtris par la maladie.
 

Séverine Sarrat


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