L’Émotion de VGE

Un livre récent de deux prestigieux économistes de Chicago qualifie la politique d’Obama de «paternalisme libertarien» parce qu’il essaie de donner une impulsion sans pour autant imposer une conduite aux gens. On a le sentiment qu’il en est de même pour le G20 («G vain» selon Jacques Attali) qui donne une impulsion (poids accru des pays émergents dans le fonctionnement du FMI, pérennisation du G20 en lieu et place du G8, maintien des politiques de relance) sans pour autant imposer une conduite aux gens (pas de création d’une Organisation mondiale de la finance souhaitée par P. Lamy et J.P. Jouyet ; pas de reconnaissance publique des inégalités insupportables ayant joué un rôle essentiel dans la crise des subprimes et les déséquilibres du monde ; encadrement “a minima” des bonus). Ainsi ce «paternalisme libertarien» semble nous éloigner d’une économie et d’un droit «cospolitiques» (chères à E. Kant comme à Mireille Delmas-Marty), la modestie du G20 («G vain») en matière de régulation de la finance étant une mauvaise nouvelle tant pour les démocrates que pour la prévention des crises à venir.

 
Donner une impulsion, imposer une conduite aux gens, tels semblent être, en revanche, les axes du volontarisme sarkozien dans ses plus récents développements médiatisés à souhait, alors que se met en place un axe Fillon-Accoyer-Bertrand pour contenir les ardeurs de Jean-François Copé, partisan, après la révision de juillet 2008 d’un «hyper-parlement» face à «l’hyper président». Ainsi le Président a-t-il condamné verbalement des prévenus que seule la justice peut déclarer coupables ; a tancé de manière spectaculaire la directrice de l’information d’une chaîne publique censée être indépendante (France 2) ; a rappelé, par l’intermédiaire de son Premier ministre qu’il ne saurait y avoir d’hyper-Parlement s’érigeant en contre-pouvoir face à l’hyper-Président. Certains en profitent pour instruire l’éternel procès sous la Ve République du «monarque républicain» et de «la personnalisation du pouvoir» ; d’autres comprennent les accès de colère du Président après un certain nombre de couacs et de ratages : cafouillage sur la taxe carbone, abandon des tests ADN et remous dans la majorité, dérapage de Hortefeux, sortie remarquée de Villepin au procès Clearstream.
D’autres enfin préfèrent parler d’un Président «dont le moteur est l’explosion» au point de le qualifier de «Sarkozy télénervé».
Ce qui n’est pas le cas de VGE «télé-émotionné» dans l’émission de F.O. Giesbert vendredi dernier, en réponse aux questions que pose son roman (purement inventé ou relations d’un amour réel entre «la Princesse et le Président» ?) dont la sortie surmédiatisée (la une de Paris-Match «L’incroyable histoire d’amour entre un Président de la République et la Princesse de Galles») illustre, à sa manière, la volonté de l’ancien Chef de l’État de conforter son titre «de l’Académie française» et de tenter de flirter avec la littérature comme si (ou parce que) le besoin (humain et existentiel) de postérité (nié par VGE) passait plus par le roman («Je me souviens seulement d’une immense douceur de peau tiède» scriptit VGE) que par le troisième tome de Mémoires à venir. Décidément les acteurs de la Ve République n’ont pas fini de nous surprendre.

Stéphane Baumont


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