[#LeBQE] Pourquoi tant de jeux de mots sur les salons de coiffure ?

DISRUPTIF – Les coiffeurs font preuve d’une imagination sans bornes lorsqu’il s’agit de nommer leur boutique. Serait-ce le résultat d’un vaste mais secret concours de blagues? D’une tradition séculaire ? Le JT tente de démêler le vrai du faux.

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Il suffit de jeter un œil à l’annuaire de l’agglomération toulousaine pour se rendre compte de l’étendue du phénomène. Il y a ceux qui jouent sur la racine argotique “tif”: Afinitif, Nat’if Création, ou encore Art Tract Tif. Ils sont talonnés par les amateurs de la langue de Shakespeare. Ceux-là se proclament Dans l’hair du temps, cultivent L’Art de Pl’hair, ou proposent même d’être Manadg’hair de notre chevelure. Le client peut aussi prendre son temps chez Au long court coiffeur ou se confier chez 2 mèches avec vous, voire profiter de son soin pour réfléchir au capillotracté Debland’hair, dont le JT cherche encore la signification. Ailleurs en France, on rencontre également des âmes d’écrivain comme Appolin’hair ou Beau de l’hair.

Une chose est sûre, trouver le jeu de mots qui défrise n’est pas une passion spécifiquement toulousaine. En 2016, “Le Monde” a passé au peigne fin les données nationales d’Infogreffe et relève que 2 320 salons contiennent le mot “Hair” ou “Tif”. À ce jeu, les coiffeurs d’Occitanie ne sont pas les plus “ac’tifs” puisque 9,2% des salons de coiffure portaient dans leur titre ces deux suffixes. C’est moins qu’en Paca ou que dans le Grand Est.

 Apprend-on en école de coiffure à baptiser son salon ?

Ces données d’Infogreffe ne permettent toujours pas de percer le mystère. Apprend-on en école de coiffure à baptiser son salon ? L’Union nationale des entreprises de coiffure (Unec) coupe court à l’hypothèse : «Il n’y a pas à notre connaissance de cours de marketing où l’on aborde ces questions. Le choix d’un nom d’enseigne est très intime, très personnel. C’est pour cela que beaucoup décident d’utiliser leur prénom et leur nom de famille.»

Chacun semble en effet avoir son anecdote personnelle. Avec Le courant d’hair, dans le quartier Saint-Agne, Grégory Feyte dit avoir été inspiré par l’habileté langagière de son idole Mylène Farmer. À quelques encablures, Sandrine Averne, propriétaire du salon Priorit’Hair, a voulu faire un clin d’œil à la profession de son mari… moniteur d’auto-école. Des gens s’arrêtent souvent pour prendre la devanture en photo» ,lance-t-elle en riant. «Mais ce n’est pas cela qui amène de la clientèle.»

Nathalie Bardet, enseignante en CAP coiffure au CFA Hélène Boucher, y voit quant à elle le résultat de la forte concurrence du secteur. « Pour faire la différence, notamment face aux franchises dont tout le monde se souvient du nom, il y a plusieurs techniques. Cela peut être de choisir une enseigne où la première lettre est le A pour ressortir en premier dans les Pages Jaunes. Ou de taper à l’œil avec un nom original. Mais évidemment, cela ne suffit pas, il faut d’abord être un bon professionnel », conclut-elle avec sagesse.



UN COMMENTAIRE SUR [#LeBQE] Pourquoi tant de jeux de mots sur les salons de coiffure ?

  1. Isabelle Durand dit :

    Bonjour,
    Merci pour ce savoureux article !
    Depuis longtemps je photographie ces devantures de salons de coiffure et voici une contribution venant de Dijon, qui cumule tifs et hair :
    Faudra tif hair

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