Le temps des vacances;

Une collision tragique sur l’A20, des kilomètres et des kilomètres de bouchons métamorphosant “Bison Futé” en informateur idéal plus qu’en conseiller écouté (comme si la joie des vacances devait passer par le rituel de l’embouteillage, comme si ce dernier était une manière d’établir un sas entre le temps d’avant – celui du travail – et le temps d’après – celui du repos), les ventes record de Mickael Jackson alors même qu’il est maintenant question d’homicide et non de mort naturelle (plus d’un million d’exemplaires vendus), les nouveaux attentats de l’ETA constituent quelques-uns des éléments d’une actualité qui semblent ajouter des faits aux faits sans, pour le moment, être imbriquée dans une sorte de diagonale du fou géopolitique (mais l’Afghanistan, le Pakistan, l’Iran, la Corée du Nord en sont constamment les traceurs impénitents et mortels) conduisant le Président Sarkozy à un été aussi agité que celui de 2008.

 
Pour le moment les paparazzi proposent photographies sur photographies du “bain présidentiel” au Cap Nègre, Carla, chapeau de paille et palmes noires rejoignant son époux dans les eaux de la Méditerranée (alors qu’Anne Roumanoff nous indique dans le JDD que «c’est Carla qui épuise Nicolas. Elle est trop belle, ça lui met la pression»). Moment choisi par sondeur et sociologue pour souligner les vacances de proximité du Président Sarkozy (finies les vacances ostentatoires des lacs américains) qui a donné à ses ministres des instructions de sobriété en matière de vacances, prenant ainsi, selon Stéphane Rozès, «le contre-pied du début de son mandat, lorsqu’il faisait étalage de sa réussite et de ses réseaux amicaux». Denis Muzet de Médiascopie, profite de cette accalmie dans l’agitation politique et politicienne pour porter un éclairage nouveau sur le Président Sarkozy d’après le malaise de la Lanterne : «C’est sans doute la fin du “surhomme”. Cela va contribuer à la normalisation du Président Sarkozy, normalisation qui va croissant depuis quelque temps et qui était déjà à l’œuvre à travers son discours très institutionnel de Versailles… Cet accident aura pour effet de l’humaniser davantage en le rendant plus proche, en le rapprochant de la normalité, il va nourrir la figure de “l’éprouvé”…» Et de conclure : «Cette affaire a certes révélé l’état de santé du Président mais aussi l’état de santé de notre système médiatique hypersollicité, qui fonctionne tous les jours en flux tendu dans un univers de compétition exacerbée, et qui peut être à tout moment victime, lui aussi, d’une syncope. Une syncope vagale médiatique en quelque sorte…»
Reste à suivre dès la rentrée la question de l’immunité présidentielle avant le procès Villepin, la plainte contre l’avocat Spitzer dans le procès Fofana (l’avocat célèbre ayant traité l’avocat général de «traître génétique»), l’hyperactivisme de “l’omniministre” de Bercy, Christian Estrosi ; la nomination de nouveaux secrétaires d’État et la préparation des élections régionales sur fond de convocation des Universités d’été qui devraient valoir leur pesant de petites phrases, surtout à celle du PS…

Stéphane Baumont


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